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Israël détruit le plus vaste tunnel découvert et arrête des terroristes parmi les civils

L'OMS affirme qu'un enfant de moins de 2 ans sur six souffre de malnutrition au nord de Gaza ; l'UNICEF avertit que les maladies se propagent aussi parmi les jeunes enfants

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de l'armée israélienne détruisant le plus grand tunnel du Hamas découvert dans le nord de la bande de Gaza, sur une capture d’écran vidéo non datée publiée le 5 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats de l'armée israélienne détruisant le plus grand tunnel du Hamas découvert dans le nord de la bande de Gaza, sur une capture d’écran vidéo non datée publiée le 5 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé mardi qu’elle avait achevé de détruire et de sceller le plus grand tunnel d’attaque du Hamas découvert à Gaza, que l’armée avait initialement révélé en décembre lors de son opération contre le groupe terroriste palestinien.

Au cours des dernières semaines, Tsahal s’est efforcé d’achever l’enquête sur le tunnel et de le détruire. Ce grand passage faisait partie du vaste réseau de tunnels du Hamas sous la bande de Gaza, que l’armée s’est efforcée de mettre au jour au cours de la guerre qui a débuté par l’attaque du groupe terroriste contre Israël, le 7 octobre.

Des parties du tunnel ont été détruites à l’explosif par des soldats du Corps du Génie militaire, tandis que Tsahal et le ministère de la Défense ont ensuite injecté du béton dans les passages souterrains restants.

Le tunnel, dont environ quatre kilomètres ont été découverts par les soldats israéliens, descend à quelque 50 mètres sous terre à certains endroits et semble avoir été suffisamment large pour permettre le passage de véhicules. Il ne pénètre pas en territoire israélien, mais les responsables l’ont décrit comme étant conçu pour être utilisé lors d’attaques plutôt que comme une position défensive ou pour le transport de responsables.

L’un des conduits a été découvert à 400 mètres seulement du point de passage d’Erez, qui, jusqu’à l’assaut du Hamas le 7 octobre, facilitait la circulation des civils palestiniens vers Israël pour y travailler et y recevoir des traitements médicaux.

Tsahal a indiqué que le projet de tunnel était dirigé par Muhammad Sinwar, commandant de la brigade sud du Hamas et frère du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar.

Dans son communiqué de décembre, l’armée a diffusé des images obtenues dans la bande de Gaza montrant Muhammad Sinwar dans une voiture traversant le tunnel.

La destruction du tunnel a eu lieu alors que les troupes israéliennes continuent à lutter contre les terroristes du Hamas, dans un contexte de guerre et de grave crise humanitaire pour les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la malnutrition dans le nord de la bande de Gaza est « particulièrement grave ».

Tsahal a indiqué que sa 98e division, qui opère dans le complexe résidentiel Hamad Town à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, avait capturé des dizaines de terroristes au cours de la journée.

La brigade commando de la division a effectué des raids sur des sites du Hamas dans le quartier, où les troupes ont saisi une grande quantité d’armes.

L’armée a déclaré dans un communiqué qu’au cours de la journée écoulée, les troupes avaient facilité l’évacuation des civils de la zone, au cours de laquelle les soldats ont capturé des dizaines de terroristes du Hamas et du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien qui tentaient de fuir avec les civils. Tsahal a rapporté par le passé des cas similaires de terroristes du Hamas se cachant parmi des civils en fuite, soulignant les accusations d’Israël selon lesquelles le groupe terroriste s’intégrait dans la population civile, l’utilisant comme bouclier humain et augmentant les pertes parmi les non-combattants.

Dans le même temps, dans le centre de Gaza, la Brigade Nahal du Corps d’Infanterie a tué une vingtaine de terroristes armés au cours de la journée, notamment par des tirs de snipers, des bombardements de chars et des frappes aériennes, selon l’armée.

Dans le nord de Gaza, à Beit Hanoun, Tsahal a indiqué que la Division de Gaza avait repéré une cellule du Hamas pilotant un drone alors que les troupes opéraient dans la zone. Un avion de chasse a alors frappé la cellule, selon l’armée.

Dans la bande de Gaza, l’armée de l’air israélienne a mené des frappes contre plus de 50 cibles du Hamas au cours de la journée écoulée, selon le communiqué. Les cibles comprenaient des positions de lancement de roquettes, des dépôts d’armes, des tunnels et d’autres infrastructures.

Un soldat israélien dans la bande de Gaza, sur une photo publiée le 5 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a affirmé que 97 personnes auraient été tuées dans la bande de Gaza au cours de la journée écoulée, ce qui porterait à 30 631 le nombre de Palestiniens tués depuis le début de la guerre.

Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus des quelque 1 000 terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Outre le danger des combats incessants, les habitants de Gaza sont également confrontés à de graves pénuries de denrées vitales, notamment de nourriture.

Richard Peeperkorn, représentant de l’OMS pour Gaza et la Cisjordanie, a déclaré qu’un enfant de moins de 2 ans sur six souffrait de malnutrition aiguë dans le nord de Gaza au début de cette année.

« C’était en janvier. Il est donc probable que la situation soit plus grave aujourd’hui », a ajouté Peeperkorn.

James Elder, porte-parole de l’UNICEF, a déclaré que les taux de malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans dans le nord de la bande de Gaza, où l’accès à l’aide est très limité depuis le début de la guerre, étaient trois fois plus élevés qu’à Rafah, dans le sud.

Selon Elder, cela montre que « lorsque l’aide arrive au compte-gouttes, elle permet de sauver des vies ».

Des Palestiniens préparant des repas collectifs sur un poêle à bois extérieur de fortune, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 mars 2024. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Les appels à Israël pour qu’il fasse davantage face à la crise humanitaire se sont multipliés depuis un incident survenu la semaine dernière, au cours duquel des Palestiniens faisant la queue pour obtenir de l’aide à Gaza ont été tués.

Les autorités sanitaires de Gaza, contrôlées par le Hamas, ont déclaré que plus de 100 personnes étaient mortes, attribuant ces décès aux tirs israéliens et parlant d’un massacre. Israël affirme que de nombreuses personnes ont été piétinées ou écrasées lors d’une bousculade pour accéder aux camions de nourriture et s’est engagé à enquêter.

En plus de la famine, il y a un risque croissant de maladies infectieuses, avec neuf enfants de moins de 5 ans sur dix – environ 220 000 – tombés malades au cours des dernières semaines, selon Elder.

« C’est ainsi que s’enclenche la spirale que nous redoutons tant : maladies infectieuses, manque de nourriture, manque cruel d’eau potable, bombardements incessants et, chose incroyable, des discussions sur une incursion dans Rafah, qui est une ville d’enfants, toujours d’actualité », a déclaré Elder à la presse à Genève, en faisant référence à l’objectif déclaré d’Israël d’éradiquer les bataillons du Hamas qui, selon lui, se cachent dans cette ville du sud de la bande de Gaza.

De la fumée s’élevant au-dessus de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, lors d’un bombardement israélien, sur une photo prise à Rafah, le 4 mars 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

« Rafah compte environ 750 000 enfants », a souligné Elder.

Le mois dernier, Israël a intensifié ses bombardements sur Rafah, le long de la frontière de Gaza avec l’Égypte, où s’entasseraient environ 1,5 million de personnes, la plupart ayant fui leurs maisons plus au nord pour échapper aux combats.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) a estimé qu’un quart de la population de Gaza – 576 000 personnes – était à deux doigts de la famine.

L’acheminement de l’aide à Gaza a été un point de discorde dans cette guerre dévastatrice de cinq mois, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes se sont déchaînés sur les communautés du sud d’Israël, tuant près de 1 200 personnes et en prenant 253 en otage.

Israël, qui inspecte tous les camions entrant dans la bande de Gaza par les points de passage de Kerem Shalom et de Rafah, reproche aux Nations unies de ne pas acheminer l’aide assez rapidement après leur vérification, ce qui a entraîné une baisse générale des livraisons au cours du mois dernier.

L’ONU a affirmé qu’il était de plus en plus difficile de distribuer l’aide à l’intérieur de la bande de Gaza. Le flux d’aide en provenance d’Égypte s’est pratiquement tari au cours des deux dernières semaines, et l’effondrement de la sécurité a rendu de plus en plus difficile la distribution des denrées alimentaires qui parviennent à passer, selon les données et les responsables de l’ONU.

Si davantage de camions sont arrivés d’Israël par le poste-frontière de Kerem Shalom, ils ont récemment été perturbés par des parents d’otages israéliens et des manifestants qui cherchaient à bloquer les livraisons. Israël a indiqué à de multiples reprises qu’il était en mesure d’accélérer l’acheminement de l’aide.

Avant la guerre avec le Hamas, la bande de Gaza comptait sur 500 camions qui entraient chaque jour.

Une voiture des Nations unies passant devant des camions d’aide humanitaire entrés à Gaza par le poste frontière de Kerem Shalom, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 février 2024. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

« Le sentiment d’impuissance et de désespoir des parents et des médecins lorsqu’ils réalisent qu’une aide vitale, à quelques kilomètres de là, est maintenue hors de portée, doit être insupportable », a déclaré Adele Khodr, directrice régionale de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Les négociations menées par des médiateurs internationaux en vue d’une accalmie au moins temporaire des combats, qui permettrait la libération des otages et l’acheminement de l’aide humanitaire, ont échoué. Un responsable du Hamas a affirmé mardi qu’une série de pourparlers avec des responsables égyptiens au Caire s’était achevée sans percée.

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