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Daniel Hagari s’engage à enquêter sur les morts lors de la livraison d’aide à Gaza

Le porte-parole de Tsahal dispose de tous les éléments nécessaires pour mener à bien une enquête "exhaustive" ; il qualifie les accusations de préjudices intentionnels "d'infondées"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Ce que l'armée israélienne dit être des habitants de Gaza autour de camions d'aide dans la ville de Gaza, sur une image tirée d'une vidéo diffusée le 29 février 2024. (Crédit : Aline Manoukian/Armée israélienne/AFP)
Ce que l'armée israélienne dit être des habitants de Gaza autour de camions d'aide dans la ville de Gaza, sur une image tirée d'une vidéo diffusée le 29 février 2024. (Crédit : Aline Manoukian/Armée israélienne/AFP)

L’armée israélienne a promis samedi une enquête exhaustive et honnête sur la mort de Palestiniens dans les files d’attente pour obtenir de l’aide à Gaza cette semaine, un désastre qui a suscité des condamnations et des appels à une enquête internationale.

Le porte-parole de Tsahal, le contre-amiral Daniel Hagari, a déclaré samedi soir qu’Israël présenterait ses conclusions sur la mêlée meurtrière de jeudi, au cours de laquelle plus de 100 Palestiniens auraient trouvé la mort et des centaines d’autres aurait été blessés alors qu’ils attendaient en masse des camions d’aide dans la ville de Gaza.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas a accusé les troupes israéliennes d’avoir tiré sur la foule de milliers de personnes, alors que Tsahal affirme que la plupart des victimes ont été piétinées dans la bousculade chaotique de l’aide alimentaire, et que ses troupes n’ont tiré que sur quelques individus qui se sont précipités vers elles de manière menaçante.

« Nous enquêtons sur cet incident, nous disposons de toutes les images dont nous avons besoin pour mener à bien une enquête exhaustive et découvrir la vérité sur les faits de cet incident, et nous présenterons nos conclusions », a déclaré Hagari lors d’une conférence de presse tenue dans la soirée.

« Il s’agit d’une opération humanitaire que nous avons menée, et l’affirmation selon laquelle nous avons frappé intentionnellement le convoi et blessé intentionnellement des personnes est sans fondement », a-t-il ajouté.

Hagari a rappelé que la livraison d’aide de jeudi était la quatrième opération de ce type dans cette zone de Gaza City.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le contre-amiral Daniel Hagari, tenant le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien pour responsable d’un tir de roquette raté qui a touché un hôpital de la bande de Gaza, tuant des centaines de personnes, le 17 octobre 2023. (Crédit : Capture d’écran)

Certains des blessés de la débâcle ont affirmé que les soldats israéliens leur avaient tiré dessus alors qu’ils se précipitaient pour obtenir de l’aide. Les médecins des hôpitaux de Gaza ont signalé aux Nations unies que de nombreux blessés étaient soignés pour des lésions causées par des tirs d’armes à feu.

Le New York Times a également cité des témoins oculaires affirmant que des chars israéliens et d’autres forces avaient tiré sur des personnes qui tentaient d’obtenir des fournitures du convoi.

Hagari a déclaré que Tsahal « n’a pas tiré sur ceux qui cherchaient de l’aide, malgré les accusations ».

L’armée a expliqué qu’elle n’avait pas tiré sur la foule qui se précipitait sur le convoi et a contesté le nombre de victimes, indiquant qu’elles se comptaient par dizaines et que la plupart d’entre elles avaient été piétinées ou écrasées dans le chaos qui régnait lorsque la foule s’est ruée sur les camions de livraison.

Les militaires ont reconnu qu’il y avait eu des coups de semonce et que les soldats avaient tiré en direction de plusieurs Gazaouis qui s’approchaient des troupes et d’un char stationnés à un checkpoint, mettant en péril la sécurité des forces présentes.

L’incident meurtrier a été largement condamné par les pays arabes et a suscité des demandes d’explication de la part d’alliés tels que les États-Unis, la France et l’Allemagne, qui ont multiplié les appels à l’ouverture d’une enquête.

De l’aide humanitaire américaine parachutée à Gaza, le 2 mars 2024. (Cr: Capture d’écran X ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a publié samedi soir une déclaration dans laquelle il prend « note du fait qu’une enquête israélienne est en cours » et se dit « profondément préoccupé » par le désastre.

Un responsable israélien a expliqué jeudi qu’il y avait eu deux incidents, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Lors du premier, des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées alors qu’elles tentaient de prendre de l’aide dans les camions et qu’elles ont été piétinées ou écrasées.

Il a ajouté qu’il y avait eu un second incident, après le départ des camions. Certaines personnes dans la foule se sont approchées des troupes qui se sentaient menacées et ont ouvert le feu, tuant un nombre indéterminé de personnes dans le cadre d’une « réponse limitée », a-t-il déclaré.

Lors d’un briefing jeudi soir, Hagari a également indiqué que des dizaines de personnes avaient été piétinées, tuées ou blessées lors d’une bagarre pour retirer les fournitures des camions.

Il a ajouté que les chars qui escortaient les camions avaient ensuite tiré des coups de semonce pour disperser la foule et s’étaient retirés lorsque les événements avaient commencé à dégénérer.

« Aucune frappe de Tsahal n’a été menée en direction du convoi d’aide », a-t-il ajouté.

S’exprimant en anglais, Hagari a affirmé que les troupes avaient tiré des coups de semonce pour tenter de disperser la foule de Palestiniens.

« Ce matin, Tsahal a coordonné un convoi de 38 camions afin de fournir une aide humanitaire supplémentaire aux habitants du nord de la bande de Gaza. Cette aide humanitaire est venue d’Égypte, a été soumise à un contrôle de sécurité au point de passage humanitaire de Kerem Shalom en Israël, puis est entrée à Gaza pour être distribuée par des entrepreneurs privés », a déclaré Hagari.

Image aérienne montrant des foules en train d’affluer vers des camions de livraison d’aide humanitaire dans le nord de Gaza, publiée le 29 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

« Alors que ces fournitures humanitaires vitales se dirigeaient vers les habitants de Gaza dans le besoin, des milliers de Gazaouis se sont précipités sur les camions, certains ont commencé à pousser violemment et à piétiner d’autres Gazaouis jusqu’à ce que mort s’ensuive, et à piller les fournitures humanitaires. »

« Voici les faits : à 4h40, le premier camion du convoi humanitaire a commencé à traverser le couloir humanitaire que nous étions en train de sécuriser », a poursuivi Hagari. « Nos chars étaient là pour sécuriser le corridor humanitaire pour le convoi d’aide. Nos drones étaient présents dans les airs pour donner à nos forces une image claire depuis le ciel. À 4h45, une foule a tendu une embuscade aux camions d’aide, immobilisant le convoi », a-t-il ajouté en montrant une nouvelle vidéo de l’incident meurtrier.

« Dans cette vidéo, les chars qui étaient là pour sécuriser le convoi ont vu les Gazaouis se faire piétiner et ont prudemment tenté de disperser la foule par quelques tirs de sommation », a-t-il continué. « Lorsque les centaines sont devenues des milliers et que la situation est devenue incontrôlable, le commandant des chars a décidé de battre en retraite pour éviter de blesser les milliers de Gazaouis qui se trouvaient là. »

« Vous pouvez voir à quel point ils ont été prudents au moment de reculer. Ils ont reculé en toute sécurité, au péril de leur vie, sans tirer sur la foule », a-t-il souligné, insistant sur le fait que l’armée « opère conformément aux règles d’engagement et au droit international ».

« Aucune frappe de Tsahal n’a été menée en direction du convoi d’aide », a insisté Hagari. « Au contraire, l’armée israélienne était là pour mener une opération d’aide humanitaire, pour sécuriser le corridor humanitaire et permettre au convoi d’aide d’atteindre son point de distribution, afin que l’aide humanitaire puisse atteindre les civils gazaouis dans le nord qui sont dans le besoin. »

Les États-Unis ont annoncé vendredi leur intention de procéder à un premier largage de vivres et de fournitures à Gaza à la suite de l’incident meurtrier et ont exécuté leur projet samedi, promettant qu’il s’agissait du premier d’une longue série.

Reuters et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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