Rechercher

Israël et le Royaume-Uni travailleront conjointement pour bloquer l’Iran nucléaire

Dans un texte publié dans The Daily Telegraph, Yair Lapid et son homologue britannique exhortent les alliés à coopérer pour "contrecarrer les ambitions de Téhéran"

Yair Lapid le 22 novembre 2021 (Noam Revkin Fenton/Flash90) et Liz Truss le 3 octobre 2021 (AP Photo/Jon Super)
Yair Lapid le 22 novembre 2021 (Noam Revkin Fenton/Flash90) et Liz Truss le 3 octobre 2021 (AP Photo/Jon Super)

Israël et le Royaume-Uni travailleront ensemble sans relâche pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires, ont déclaré lundi les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Leurs commentaires ont précédé la signature, plus tard dans la journée, d’un accord bilatéral sur une large coopération, et alors que les négociations nucléaires ont repris à Vienne.

Le ministre des Aaffaires étrangères, Yair Lapid, et son homologue britannique, Liz Truss, ont rédigé un texte commun publié par le journal Daily Telegraph, dans lequel ils évoquent la signature prochaine d’un protocole d’accord. Lapid est actuellement à Londres pour un voyage de deux jours au Royaume-Uni et en France.

Les deux pays « travailleront nuit et jour pour empêcher le régime iranien de devenir un jour une puissance nucléaire », ont-ils écrit, appelant d’autres alliés à se joindre à cet effort.

« L’heure tourne, ce qui accentue la nécessité d’une coopération étroite avec nos partenaires et amis pour contrecarrer les ambitions de Téhéran », ont-ils ajouté.

« Beaucoup craignent que le ciel s’assombrisse dans le monde entier en raison de la pandémie, de la menace terroriste et des acteurs hostiles qui cherchent à prendre le dessus », ont écrit les ministres. « Mais nous sommes convaincus qu’avec la bonne approche, la liberté et la démocratie l’emporteront sur les forces malignes. »

« Nous savons que le monde doit être sûr pour les démocraties éprises de liberté », ont-ils ajouté, notant la coopération militaire des pays sous forme d’exercices aériens conjoints et l’accostage en juillet du navire de guerre britannique HMS Richmond dans le port de Haïfa.

Les ministres ont également dénoncé l’attentat meurtrier perpétré la semaine dernière par un terroriste du Hamas à Jérusalem, qui a tué un Israélien, ainsi qu’un incident survenu plus tôt dans le mois, lorsque l’ambassadrice d’Israël au Royaume-Uni a dû renoncer à participer à un débat universitaire en raison des protestations bruyantes de manifestants pro-palestiniens.

« Nous sommes unis pour condamner les attaques effroyables contre Israël et ses représentants, depuis la fusillade à Jérusalem la semaine dernière par un militant du Hamas jusqu’à la traque inacceptable de l’ambassadrice d’Israël Tzipi Hotovely devant la London School of Economics« , ont-ils écrit.

L’ambassadrice israélienne en Grande-Bretagne Tzipi Hotovely évacuée en présence de gardes de sécurité d’un événement à la London School of Economics, le 9 novembre 2021. (Capture d’écran/Twitter)

Ils ont fait l’éloge des accords d’Abraham, qui ont normalisé les liens entre Israël et les Émirats arabes unis et Bahreïn, en déclarant qu’il n’y avait « pas de plus grand signe de ce qui peut être réalisé par un dialogue ouvert ».

Le protocole d’accord entre Israël et le Royaume-Uni, qui s’étend sur dix ans, portera sur la défense, la cyber-sécurité, le commerce et le développement technologique.

Selon ses termes, Israël deviendra officiellement un « cyber-partenaire de niveau 1 » pour le Royaume-Uni, ont expliqué Lapid et Truss. Ils ont ajouté qu’ils travailleraient également à la conclusion d’un « accord de libre-échange sur mesure entre le Royaume-Uni et Israël ».

La coopération commerciale entre Israël et le Royaume-Uni représente 5 milliards de livres sterling, ont déclaré les ministres, qui ont souligné que la société pharmaceutique israélienne Teva fournit un sixième des médicaments sur ordonnance utilisés par le National Health Service (NHS)  britannique.

Les négociations parrainées par l’Union européenne (UE) visant à sauver un accord nucléaire de 2015 en voie d’effritement entre les puissances mondiales et l’Iran ont repris lundi à Vienne. Israël ferait pression sur les parties aux discussions, dont le Royaume-Uni, pour les conditionner à l’arrêt de l’enrichissement d’uranium par Téhéran.

Ces dernières semaines, les responsables israéliens ont tiré de plus en plus la sonnette d’alarme au sujet du programme nucléaire iranien et des négociations, Jérusalem estimant que l’accord de 2015 est beaucoup trop faible et qu’il ouvre la voie à une arme nucléaire iranienne.

L’accord, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint, ou JCPOA, visait à empêcher l’Iran de se doter d’un arsenal nucléaire en imposant des limites strictes à son programme nucléaire. Il a été signé entre l’Iran et les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Allemagne.

En 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, s’est retiré du pacte et a restauré des sanctions sévères à l’encontre de l’Iran, qui, en réponse, a renoncé à certains de ses propres engagements envers le pacte et a considérablement augmenté son enrichissement d’uranium, suscitant des inquiétudes quant à sa capacité à se doter d’armes nucléaires.

Les États-Unis participeront indirectement aux pourparlers de Vienne, l’administration du président Joe Biden ayant déclaré qu’elle était disposée à faire revenir les États-Unis dans l’accord.

Mais l’Iran s’est opposé à l’agence nucléaire des Nations unies et les États-Unis ont exprimé un scepticisme croissant quant à la possibilité d’un retour à l’accord dans un contexte d’intensification des violations par Téhéran.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...