Rechercher

L’ambassadrice israélienne évacuée d’un débat à la School of Economics of London

Une vidéo montre des gardes en train de faire entrer Tzipi Hotovely dans un véhicule alors que des pro-Palestiniens manifestent contre son apparition

L'ambassadrice israélienne en Grande-Bretagne Tzipi Hotovely évacuée en présence de gardes de sécurité d'un événement à la London School of Economics, le 9 novembre 2021. (Capture d'écran/Twitter)
L'ambassadrice israélienne en Grande-Bretagne Tzipi Hotovely évacuée en présence de gardes de sécurité d'un événement à la London School of Economics, le 9 novembre 2021. (Capture d'écran/Twitter)

L’ambassadrice israélienne au Royaume-Uni, Tzipi Hotovely, a été évacuée de la School of Economics de Londres, entourée de nombreux gardiens de sécurité, dans la soirée de mardi. Elle donnait une conférence dans cet établissement d’enseignement supérieur et un rassemblement de manifestants pro-Palestiniens avait été organisé pour dénoncer sa présence.

Une vidéo de la scène montre des gardes de sécurité en train de pousser Hotovely, un bouquet de fleurs à la main, dans une voiture, tandis que d’autres tentent de traverser un groupe d’activistes scandant : « Vous n’avez pas honte ? »

Hotovely avait été invitée par le syndicat des étudiants de l’université pour prendre part à un débat.

Cette initiative avait entraîné une forte opposition de la part des activistes et autres groupes pro-Palestiniens sur le campus qui avaient dénoncé une « tribune offerte au racisme ». Les manifestants ont empêché Hotovely de prendre part à l’événement.

Ce mouvement de protestation a ciblé de manière spécifique Hotovely qui, selon les activistes, « prône le colonialisme, utilise une rhétorique islamophobe et perpétue le racisme anti-palestinien ».

L’ambassade israélienne n’a pas commenté l’incident.

« C’est profondément perturbant, je suis tellement désolé, ambassadrice Hotovely, » a écrit Nadhim Zahawi, un parlementaire conservateur.

La présence de Hotovely au poste est controversée depuis sa nomination, l’année dernière.

Elle est membre du parti du Likud, dirigé par l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, et elle avait été nommée par ce dernier à cette fonction à Londres après avoir été ministre des Implantations. Un choix qui avait entraîné une pétition des Juifs britanniques de gauche qui avaient demandé au gouvernement de la rejeter comme envoyée dans le pays.

« Hotovely a des antécédents épouvantables en termes de comportement raciste, incendiaire, et cela a été le cas pendant toute sa carrière politique », disait la pétition écrite l’année dernière. « Et nous, Juifs britanniques, nous sommes clairs : Les valeurs et la politique de Tzipi Hotovely n’ont pas leur place en Grande-Bretagne. Il est crucial que le gouvernement britannique transmette le message que ses points de vue sont inacceptables et qu’il rejette sa nomination au poste d’ambassadeur ».

Les partisans du Likud brandissent des drapeaux près de l’ex-ministre des Implantations de l’époque, Tzipi Hotovely, lors d’un événement réclamant la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie, le 27 février 2020; (Crédit :Gershon Elinson/Flash90)

Hotovely, qui a aussi été ministre-adjointe des Affaires étrangères entre 2015 et 2020, est une fervente partisane du mouvement pro-implantation israélien et elle s’oppose avec véhémence à la solution à deux États. Elle prône également avec force l’annexion unilatérale de la Cisjordanie par Israël, une perspective rejetée par le gouvernement britannique de manière répétée qui y voit une violation flagrante du droit international.

Au début de l’année, le mouvement de jeunes Noam, affilié au courant massorti conservateur, avait boycotté un événement avec Hotovely.

Après le départ de Netanyahu du pouvoir, le nouveau ministre des Affaires étrangères Yair Lapid avait voulu nommer un de ses proches à ce poste. Mais Hotovely, qui avait signé une mission de trois ans, avait refusé de quitter sa fonction.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...