Israël exhorte l’Égypte à rouvrir la frontière de Gaza pour éviter les violences
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Israël exhorte l’Égypte à rouvrir la frontière de Gaza pour éviter les violences

Un quotidien qatari affirme que les responsables de la défense à Jérusalem, craignent qu' "étrangler" le Hamas ne brise la relative accalmie dans l'enclave palestinienne

Des Palestiniens attendent au poste frontière de Rafah avec l'Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 janvier 2019. (DIT KHATIB / AFP)
Des Palestiniens attendent au poste frontière de Rafah avec l'Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 janvier 2019. (DIT KHATIB / AFP)

Israël aurait exhorté l’Égypte à rouvrir complètement le point de passage de Rafah avec la bande de Gaza par crainte que la fermeture de la frontière n’entraîne une nouvelle vague de violence dans le territoire palestinien et aux alentours.

De hauts responsables égyptiens ont été cités dans un rapport publié jeudi dans le journal qatari al-Araby al-Jadid comme ayant déclaré que les autorités militaires israéliennes « craignent que le fait de faire pression sur la bande de Gaza ne pousse les factions palestiniennes à agir contre Israël ».

Selon le rapport, le Hamas a établi des voies de communication « étendues » avec Le Caire ces derniers jours, alors que des membres importants de l’organisation terroriste au pouvoir à Gaza cherchent à faire rouvrir le point de passage clé dans les deux sens. C’est le seul point d’entrée et de sortie de la bande de Gaza qui ne passe pas par Israël.

Mercredi, Bassem Naim, haut responsable du Hamas, a déclaré à l’agence de presse chinoise Xinhua que l’Égypte avait promis de rouvrir Rafah dans les deux sens dès que possible.

L’Autorité palestinienne a annoncé dimanche que son personnel ne s’occuperait plus du point de passage de Rafah remis par le Hamas en 2017 dans le cadre d’un accord de réconciliation palestinien. Le gouvernement basé à Ramallah a accusé ses rivaux du Hamas de « convoquer, arrêter et maltraiter nos employés » dans la bande de Gaza, selon l’agence de presse officielle Wafa.

Les forces de sécurité palestiniennes loyales au Hamas (à droite) montent la garde à l’extérieur du poste frontière de Rafah avec l’Égypte quelques minutes seulement avant que l’Autorité palestinienne retire son personnel (à gauche) du poste frontière de Rafah avec l’Égypte le 7 janvier 2019. (DIT KHATIB / AFP)

Lundi, le Hamas a repris le poste, dans le but, selon lui, de maintenir le contrôle aux frontières après le retrait brutal de l’AP.

Après la reprise du contrôle du Hamas, l’Égypte a annoncé qu’elle fermait Rafah pour les sorties de l’enclave palestinienne. Le ministère de l’Intérieur de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré lundi soir que les autorités égyptiennes l’avaient informé que le passage « se limiterait à l’entrée des personnes et des biens » dans la bande de Gaza

Il n’a pas précisé pendant combien de temps il serait fermé à ceux qui quittent Gaza, et il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part de l’Égypte.

Le Hamas, un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël, a chassé de Gaza, en 2007, l’Autorité palestinienne dominée par le Fatah.

Mais l’Autorité palestinienne a repris le contrôle du point de passage de Rafah en novembre 2017, dans le cadre d’un accord permettant à l’Égypte de rouvrir la frontière, qui avait été entièrement fermée depuis août de la même année et en grande partie fermée pendant des années avant cela.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une réunion du Conseil central palestinien, un organe clé de l’Organisation de libération de la Palestine, à Ramallah, le 28 octobre 2018. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

La prise de contrôle de Rafah par l’AP a été considérée comme un premier pas vers la mise en œuvre d’un accord de réconciliation entre elle et le Hamas. Cependant, l’accord négocié par l’Égypte a par la suite été rompu et l’Autorité palestinienne a pris une série de mesures contre le Hamas, notamment en réduisant les salaires des fonctionnaires de Gaza.

Les responsables palestiniens ralliés au mouvement du Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ont menacé de prendre de nouvelles mesures contre le Hamas en raison de son refus de céder le pouvoir dans la bande de Gaza, alors même qu’Israël a cherché à maintenir le calme dans le territoire et autour de celui-ci.

Après des semaines de calme relatif, des tirs de roquettes ont été lancés sur Israël depuis Gaza cette semaine, et l’armée israélienne a frappé des cibles du Hamas à Gaza en représailles.

Tsahal a déclaré avoir pris pour cible un camp d’entraînement terroriste dans le nord de la bande de Gaza au début de la journée de lundi. Elle a fait suite à une attaque à la roquette lancée pendant la nuit contre la ville d’Ashkelon. La roquette a été interceptée par le système de défense Dôme de Fer, et n’a fait aucun blessé.

Des batteries anti-missiles du Dôme de fer interceptent des roquettes tirées depuis Gaza, dans le sud d’Israël, le 12 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Cet échange a marqué une brève flambée de violence deux mois après qu’une vague massive d’attaques à la roquette a entraîné des représailles sévères de la part d’Israël et a failli conduire la région à une nouvelle guerre.

La violence à Gaza s’est largement apaisée ces dernières semaines après qu’Israël a conclu un accord avec l’Égypte dans le cadre duquel Israël a permis au Qatar de fournir des millions de dollars d’aide pour le carburant et les salaires du Hamas dans l’enclave. Toutefois, la montée des tensions entre le Hamas et l’Autorité palestinienne a suscité des inquiétudes quant à un éventuel retour de bâton contre Israël depuis Gaza.

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