Israël marque un Yom HaZikaron limité à cause du coronavirus
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Israël marque un Yom HaZikaron limité à cause du coronavirus

Des sirènes ont retenti à 20H00, le pays s'est figé pour une minute de silence avant d'entonner l'hatikva depuis le balcon

Les noms des soldats israéliens tombés sont projetés sur les murs de la Vieille Ville de Jérusalem alors qu'Israël marque Yom HaZikaron pour les soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme, le 27 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Les noms des soldats israéliens tombés sont projetés sur les murs de la Vieille Ville de Jérusalem alors qu'Israël marque Yom HaZikaron pour les soldats tombés au combat et des victimes du terrorisme, le 27 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La pandémie de nouveau coronavirus a entraîné lundi l’annulation de la plupart des cérémonies d’hommage aux soldats morts en service et aux victimes d’attentats en Israël, où les familles n’ont pas le droit cette année de se recueillir dans les cimetières militaires.

Pour Yom HaZikaron (jour du souvenir), les familles des soldats disparus se recueillent généralement sur leurs tombes à travers les 53 cimetières militaires du pays. Mais lundi, les fleurs et drapeaux israéliens y ont été disposés par des soldats portant des masques de protection.

Pour limiter les rassemblements, les autorités ont en effet interdit l’accès de ces cimetières aux proches des soldats.

Les autorités ont aussi décidé d’interdire l’accès au public au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, où seuls des officiels, dont le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef d’état-major Aviv Kohavi, assistent lundi soir à la traditionnelle cérémonie de recueillement.

Les participants portent des masques lors de la cérémonie d’ouverture du Jour du souvenir d’Israël pour les soldats tombés au combat et les victimes du terrorisme, au mur Occidental à Jérusalem, le 27 avril 2020. (Crédit : capture d’écran vidéo)

Les Israéliens sont sortis à leurs balcons pour chanter l’hymne de Hatikvah pour clore la cérémonie officielle de lundi soir.

« Cette année, vous êtes seul dans vos chambres, à l’écoute des échos de leurs voix. Nous ne pouvons pas venir chez vous, nous ne pouvons pas être à vos côtés dans les cimetières militaires. Nous ne pouvons pas vous embrasser », a déclaré le président Reuven Rivlin depuis le mur Occidental lundi soir.

La sirène « brise le silence et nous brise le cœur », a-t-il dit. Concernant la pandémie : « Et soudain, il semble que le monde bouge plus lentement.» L’isolement, a-t-il dit, amplifie « ce qui a disparu, le vide, les disparus, la douleur ». « Qu’est-ce qui vous accompagne, familles bien-aimées ? demanda-t-il en s’adressant aux personnes endeuillées. « Je sais … vous n’avez pas besoin que ce Jour du Souvenir se souvienne … Cette journée, c’est pour nous, afin que nous puissions – même pour un instant – connaître les noms et les visages, la vie et les histoires des fils et filles de ce pays, de vos bien-aimés, qui deviendront nôtres. » « Cette année, nous ne pouvons pas pleurer ensemble. Cette année, nous ne pouvons pas vous regarder dans les yeux. » Mais Israël se souviendra du « prix insondable » qui a été payé en vies humaines pour qu’Israël existe, a-t-il promis.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, a aussi de son côté noté la difficulté de commémorer Yom HaZikaron à l’ère du coronavirus.

« Des familles endeuillées, même maintenant, malgré la distance, tout Israël est avec vous, à travers toutes sortes d’écrans. Chaque personne dans sa maison s’arrête, compatit, consacre du temps à la mémoire de vos fils et filles », a souligné Kohavi.

« Ce sont des temps compliqués, qui suscitent inquiétude. Une inquiétude face au danger persistant. Le temps d’une crise est comme le temps d’une guerre. Il écarte le trivial et le mineur et fait ressortir les choses importantes, les choses éthiques et le caractère sacré de la vie », a-t-il fait remarquer.

Kohavi a aussi averti les ennemis d’Israël que l’armée est là pour les affronter. « Contre des ennemis et des armées de terreur qui ne cessent de nuire aux citoyens de l’État d’Israël – Tsahal est là : prêts, puissants et agressifs. Nous serons là pour chaque mission, préparés et déterminés, et nous voyons la victoire comme le seul moyen d’atteindre notre objectif », a déclaré le chef de l’armée.

Des sirènes ont retenti à 20H00 (17H00 GMT) dans un pays qui s’est figé pour une minute de silence et où la circulation s’est arrêtée.

Quarante-deux soldats et civils ont été tués depuis le précédent jour du Souvenir (Yom HaZikaron), et le nombre total de victimes de guerre israéliennes s’élève désormais à 23 816, selon des chiffres publiés vendredi par le ministère de la Défense.

Depuis le dernier Yom HaZikaron, 75 nouveaux noms ont été ajoutés à la liste de ceux tombés en défendant le pays depuis 1860.

Quarante-deux d’entre eux étaient des soldats, des officiers de police et des civils, et 33 étaient des vétérans handicapés décédés en raison de complications résultant de blessures subies pendant leur service.

Les chiffres incluent tous les soldats et policiers décédés pendant leur service au cours de l’année écoulée, ou à la suite d’accidents, de suicides ou de maladies.

On commémore également les 4 166 autres victimes du terrorisme.

Le recueillement cédera la place mardi soir aux célébrations de Yom HaAtzmaout (jour de l’Indépendance), anniversaire de la proclamation de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. Cet anniversaire est célébré selon le calendrier juif et tombe cette année le 29 avril.

Les Palestiniens, pour leur part, commémorent, généralement le 15 mai, la création d’Israël comme la journée de la « Nakba », la « catastrophe », marquant le début de l’exode pour des centaines de milliers d’entre eux.

Par ailleurs, la 15e cérémonie annuelle conjointe israélo-palestinienne du Jour du souvenir est diffusée en direct depuis Tel Aviv et Ramallah simultanément. L’événement est dirigé par Combatants for Peace et The Parents Circle Families Forum et se déroule en hébreu et en arabe avec des sous-titres en anglais également.

A LIRE : En amont de Yom HaZikaron, une journée au cimetière militaire du mont Herzl

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