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Peu de chances que l’Iran accepte l’offre « finale » de l’accord -responsable israélien

Une source anonyme a déclaré à la presse israélienne que l’optimisme récent affiché par l'Europe pour le nouvel accord est "fabriqué" et destiné à faire pression sur Téhéran

Diverses machines centrifuges alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement de l'uranium de Natanz, le 17 avril 2021. (Crédit : Capture d'écran/Islamic Republic Iran Broadcasting-IRIB/AP)
Diverses machines centrifuges alignées dans un hall de l'installation d'enrichissement de l'uranium de Natanz, le 17 avril 2021. (Crédit : Capture d'écran/Islamic Republic Iran Broadcasting-IRIB/AP)

Au lendemain de la présentation par les Européens d’une proposition finale d’accord, les responsables israéliens estiment peu probable que l’Iran accepte de revenir sur l’accord nucléaire de 2015.

Un responsable israélien a rejeté les expressions d’optimisme européennes de ces derniers jours comme « un optimisme fabriqué destiné à faire pression sur les Iraniens pour qu’ils prennent une décision, mais les Iraniens ne souhaitent pas accepter l’accord tel qu’il est », selon des commentaires publiés par le site d’information Ynet mardi.

Les négociateurs de l’Iran, des États-Unis et de l’Union européenne ont repris jeudi des discussions indirectes sur l’accord nucléaire en miettes de Téhéran, après des mois de paralysie des négociations. Lundi, un texte dit final a été soumis aux partis aux négociations dans une ultime tentative de sauver l’accord.

Une source anonyme a déclaré au quotidien Haaretz que l’Iran aurait du mal à signer un accord qui ne serait pas une version améliorée de l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA – Joint Comprehensive Plan of Action).

« Il n’y a pas de changement stratégique pour les Iraniens », a déclaré la source dans des commentaires publiés mardi. « Il sera très difficile pour eux d’accepter un accord qui ne constitue pas une amélioration significative [de leur point de vue] par rapport à l’accord initial. »

La source a ajouté que si certains des négociateurs nucléaires iraniens sont intéressés par un accord, le dirigeant de la République islamique, le Guide suprême Ali Khamenei, semble y être fermement opposé.

L’Iran a ratifié le JCPOA en 2015 avec les États-Unis, la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Russie et la Chine. En vertu de cet accord, l’Iran acceptait de limiter son enrichissement d’uranium sous surveillance des inspecteurs de l’ONU en échange de la levée des sanctions économiques.

En 2018, le président américain de l’époque, Donald Trump, s’est retiré unilatéralement de l’accord, à la grande joie du gouvernement israélien et du Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, et a déclaré qu’il négocierait un accord plus solide, mais cela ne s’est jamais fait. L’Iran a commencé à enfreindre les termes de l’accord un an plus tard.

Le président américain de l’époque, Donald Trump, signe un document rétablissant les sanctions contre l’Iran après avoir annoncé le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien de 2015, dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche à Washington, DC, le 8 mai 2018. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Israël est convaincu que l’Iran cherche à fabriquer une bombe nucléaire. Plusieurs opérations de sabotage auraient été menées au sein de la République islamique pour retarder le développement d’une arme.

L’Iran a toujours nié toute intention néfaste et affirme que son programme est conçu à des fins pacifiques. Toutefois, depuis l’effondrement de facto de l’accord, l’Iran fait fonctionner des centrifugeuses perfectionnées et accroît rapidement son stock d’uranium enrichi. Certains responsables iraniens ont également commencé à parler ouvertement du développement d’armes nucléaires.

L’un des principaux points de friction des dernières négociations était la demande de l’Iran que ses Gardiens de la Révolution , une organisation paramilitaire, soient retirés de la liste américaine des organisations terroristes – une désignation imposée par Trump en 2019.

« Maintenant, la balle est dans le camp des capitales et nous verrons ce qui se passe », a déclaré un responsable européen après la présentation du texte final lundi. « Personne ne reste à Vienne. »

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