J Street : Les sénateurs Sanders et Warren veulent « réduire » l’aide US à Israël
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J Street : Les sénateurs Sanders et Warren veulent « réduire » l’aide US à Israël

Les législateurs de gauche demandent à Israël de vacciner les Palestiniens et disent que l'aide ne doit pas servir à des politiques qui "violent les droits des Palestiniens"

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Les candidats démocrates à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, (D-Mass), et le sénateur Bernie Sanders, (I-Vt), participent à un débat sur les primaires démocrates à la présidence au Gaillard Center, le 25 février 2020, à Charleston, S.C., co-organisé par CBS News et le Congressional Black Caucus Institute. (AP Photo/Patrick Semansky)
Les candidats démocrates à la présidence, la sénatrice Elizabeth Warren, (D-Mass), et le sénateur Bernie Sanders, (I-Vt), participent à un débat sur les primaires démocrates à la présidence au Gaillard Center, le 25 février 2020, à Charleston, S.C., co-organisé par CBS News et le Congressional Black Caucus Institute. (AP Photo/Patrick Semansky)

Les sénateurs progressistes Bernie Sanders et Elizabeth Warren ont tous deux profité de leur discours de lundi à la conférence nationale du lobby
J Street pour appeler à une réglementation de l’aide américaine à Israël, affirmant que cette aide ne devrait pas être autorisée à financer les politiques israéliennes en Cisjordanie qui nuisent aux perspectives d’une solution à deux États.

Ces prises de position semblent marquer un changement d’attitude de la part des Démocrates de gauche, qui ne parlent plus de « conditionner » l’aide à Israël mais de la « restreindre ».

Le premier terme a été utilisé par plusieurs candidats lors de la récente campagne présidentielle américaine, notamment Sanders et Warren – impliquant qu’une partie ou la totalité des 3,8 milliards de dollars d’aide que les États-Unis ont accepté d’accorder à Israël sur une période de 10 ans devrait potentiellement être conditionnée en fonction des actions prises par le gouvernement israélien.

En passant à un discours de « restriction » de l’aide, les démocrates de gauche, avec le soutien de J Street, n’appellent pas à limiter le montant de l’aide déjà convenue, mais cherchent plutôt à obtenir un plus grand contrôle sur la manière dont elle peut ou ne peut pas être utilisée.

« Si nous voulons sérieusement arrêter l’expansion des ‘colonies‘ et aider les parties à se rapprocher d’une solution à deux États, il serait irresponsable de ne pas envisager tous les outils à notre disposition », a déclaré Mme Warren à J Street dans des remarques préenregistrées diffusées lors de la deuxième journée de la conférence virtuelle du lobby pro-israélien de gauche.

« L’une d’entre elles consiste à restreindre l’utilisation de l’aide militaire dans les ‘territoires occupés’. En continuant à fournir une aide militaire sans restriction, nous n’incitons pas Israël à changer de cap », a-t-elle ajouté.

Le Comité juif républicain [Republican Jewish Coalition – RJC] s’est emporté contre les propos de Mme Warren, les qualifiant de « dégoûtants ».

« Il est dégoûtant de préconiser, comme le fait la sénatrice Warren, que les États-Unis fassent pression sur Israël pour qu’il fasse des concessions aux Palestiniens, alors que l’Autorité palestinienne condamne l’existence d’Israël, incite à la violence contre Israël et les Juifs du monde entier, et continue à verser des salaires aux terroristes et à leurs familles dans le cadre du programme ‘Pay for Slay’ [payer pour tuer] », a déclaré Matt Brooks, directeur exécutif du RJC.

Pour sa part, M. Sanders s’est également déclaré favorable à ce que les États-Unis utilisent leur aide comme levier.

« Je suis fermement convaincu que nous devons également être prêts à exercer une pression réelle, y compris en restreignant l’aide américaine, en réponse à des actions de l’une ou l’autre partie qui compromettent les chances de paix », a-t-il déclaré.

« La vérité est que les États-Unis accordent une aide militaire énorme à Israël. Ils fournissent également une certaine aide humanitaire et économique aux Palestiniens. Il est tout à fait approprié pour les États-Unis de dire à quoi cette aide peut et ne peut pas être utilisée », a soutenu M. Sanders.

« En ce qui concerne l’aide à Israël, à mon avis, le peuple américain ne veut pas voir cet argent utilisé pour soutenir des politiques qui violent les droits de l’homme et traitent le peuple palestinien comme des êtres humains de seconde zone », a-t-il ajouté.

M. Sanders a insisté sur le fait que la stratégie ne consiste pas à « pointer du doigt un pays en particulier » mais plutôt à « agir de manière impartiale » pour promouvoir les valeurs américaines dans la région.

Mme Warren a également profité de l’occasion pour fustiger le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Concernant Netanyahu, elle a déclaré que si le Premier ministre de longue date échoue dans sa tâche de former un gouvernement, « la majorité [à la Knesset] qui s’oppose à lui doit décider de ce qu’il faut faire ensuite. Vont-ils continuer à se battre entre eux et, ce faisant, à soutenir un dirigeant corrompu qui fait passer ses propres intérêts avant ceux de son pays ? Ou vont-ils s’unir pour entamer la difficile tâche d’éradiquer la corruption et de rétablir l’État de droit ? » a-t-elle demandé.

En ce qui concerne les dirigeants palestiniens, Warren a déclaré que « la Cisjordanie est dirigée par un pouvoir corrompu et de plus en plus autoritaire sous la direction du président Abbas », tandis que Gaza est gouvernée par « le Hamas – une organisation terroriste qui n’a pas encore renoncé à la violence. »

Warren et Sanders ont tous deux appelé Israël à faire davantage pour garantir que les Palestiniens soient vaccinés.

« Les ‘colons’ juifs de Cisjordanie sont vaccinés, alors que peu de Palestiniens ont accès à des vaccins vitaux », a déclaré Mme Warren.

Alors qu’Israël fait figure de leader mondial en matière de vaccination de ses citoyens, les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza accusent un retard considérable. À ce jour, seuls 3,44 % d’entre eux ont été vaccinés contre le coronavirus, et les stocks s’épuisent rapidement dans la bande de Gaza.

Lundi, les Palestiniens ont reçu 72 000 doses de vaccin contre le coronavirus d’AstraZeneca dans le cadre de l’initiative internationale COVAX. Mais même avec cet envoi, les Palestiniens sont encore loin de l’immunité collective. Ramallah a reçu quelque 196 200 doses de diverses sources, soit bien moins que ce dont elle a besoin pour vacciner les quelque 3 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie.

Israël a vacciné 105 000 Palestiniens de Cisjordanie qui détiennent des permis pour travailler en Israël et dans les implantations. Il a également transféré plusieurs milliers de doses supplémentaires à des fonctionnaires et des travailleurs médicaux palestiniens.

Néanmoins, l’État juif a été critiqué pour ne pas avoir vacciné les Palestiniens, dont beaucoup vivent sous le régime militaire israélien. Les groupes de défense des droits de l’homme affirment que le droit international exige qu’Israël, en tant que puissance occupante, fournisse des vaccins aux Palestiniens.

Israël rejette les affirmations selon lesquelles il occupe des territoires palestiniens, estimant que la Cisjordanie est « disputée ». Les responsables israéliens ont également invoqué les accords d’Oslo entre Israël et les Palestiniens, qui attribuent la responsabilité des soins de santé à l’AP. Toutefois, l’accord stipule également que les parties doivent coopérer sur ces questions.

Si Sanders et Warren reçoivent généralement un accueil chaleureux lors des conférences de J Street, il n’est pas certain que leur approche plus critique d’Israël règne en maître au sein du Parti démocrate.

Le président américain Joe Biden est lui aussi favorable à une solution à deux États et a déjà pris des mesures pour rétablir l’aide aux Palestiniens supprimée par son prédécesseur Donald Trump, mais, en tant que candidat, il s’est opposé aux pressions exercées par J Street et d’autres membres de la branche gauchiste du parti pour insérer un discours plus critique à l’égard d’Israël dans la plate-forme du parti.

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