Jérusalem : Des centaines de haredim non-masqués à une cérémonie de Hanoukka
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Jérusalem : Des centaines de haredim non-masqués à une cérémonie de Hanoukka

Une vidéo montre les membres de la communauté Pnei Menachem ne pas respecter les mesures sanitaires lors de la 8e nuit de la fête, alors que le nombre d'infections augmente

Les membres de la communauté Pnei Menachem à Jérusalem fêtent Hanoukka sans respecter les restrictions induites par le coronavirus, le 17 décembre 2020. (Capture d'écran)
Les membres de la communauté Pnei Menachem à Jérusalem fêtent Hanoukka sans respecter les restrictions induites par le coronavirus, le 17 décembre 2020. (Capture d'écran)

Des centaines d’ultra-orthodoxes ont pris part à une cérémonie d’allumage de bougie à Jérusalem jeudi soir. Sur les images, les participants, des membres de la communauté Pnei Menachem du rabbin Shaul Alter, apparaissent sans masque et ne respectent pas les règles de distanciation sociale.

C’est l’exemple le plus récent de membres de la population haredi israélienne échouant à adhérer aux directives visant à lutter contre le coronavirus, alors même que le taux d’infection augmente et que les responsables de la santé mettent en garde contre une nouvelle forte dégradation de la situation sanitaire dans le pays.

Même si de nombreux ultra-orthodoxes respectent les règles émises, certains groupes refusent obstinément de le faire, ce qui a souvent entraîné des taux d’infection plus élevés dans la communauté que dans le reste de la population.

Les chiffres du ministère de la Santé ont montré, jeudi, une hausse significative du taux de morbidité dans les communautés haredim, où un test sur neuf est revenu positif. Cette donnée place le pourcentage de tests positifs, dans le secteur ultra-orthodoxe, à 10,6 % – et chaque porteur du virus infecte 1,58 personne en moyenne.

Dans un point-presse qui a eu lieu jeudi avec les journalistes, la directrice de la division des services sanitaires, Sharon Elrai, a expliqué que 12,8 % du nombre de cas positifs au sein de l’Etat juif provenaient de la communauté ultra-orthodoxe, même si le secteur ne constitue que 6,7 % des échantillons prélevés.

Les experts estiment que les ultra-orthodoxes ont constitué environ un tiers du nombre total des malades dans le pays. Ils ne représentent que 12 % de sa population.

Les responsables de la Santé ont déclaré à la Douzième chaîne que l’augmentation des déplacements et des rassemblements, pendant Hanoukka, entraînera probablement une hausse spectaculaire du nombre de cas.

Ils craignent que le nombre de nouveaux cas quotidiens, dans les semaines à venir, puisse atteindre les 5 000 à 6 000 et que le nombre de formes graves de la maladie puisse atteindre les 8 000 d’ici la fin du mois de janvier.

Il y a eu près de 3 000 nouveaux cas quotidiens ces derniers jours.

Une épidémie initiale de coronavirus avait durement frappé, au début de l’année, la communauté haredi lorsque d’éminents rabbins avaient conseillé de ne pas suivre les ordres donnés par le ministère de la Santé qui visaient à réduire la propagation de la COVID-19, craignant des perturbations de la vie ultra-orthodoxe. Ce rejet des règles prônées par le ministère de la Santé persiste dans certains pans de la communauté.

Des hommes juifs ultra-orthodoxes assistent aux funérailles de feu le rabbin Aharon David Hadash, chef spirituel de la Yeshiva Mir, à Jérusalem, le 3 décembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les synagogues se sont ainsi souvent retrouvées pleines pendant les fêtes, et des cortèges imposants se sont formés lors de funérailles à plusieurs occasions.

Les ultra-orthodoxes ne sont pas les seuls à avoir rencontré des difficultés particulières face à la COVID-19. La minorité arabe israélienne a, elle aussi, connu des taux d’infection disproportionnellement élevés, en particulier en raison de mariages qui sont l’occasion d’importants rassemblements. Les jeunes Israéliens, Juifs et Arabes, ont par ailleurs afflué sur les plages et n’ont pas boudé les fêtes. Un grand nombre d’Israéliens issus de la classe moyenne ont, de leur côté, participé aux manifestations massives anti-Netanyahu, alors que l’économie souffrait et que le chômage grimpait en flèche.

D’éminents rabbins ultra-orthodoxes, Chaim Kanievsky, Gershon Edelstein et Shalom Cohen, ont recommandé à leurs fidèles de se faire vacciner contre le coronavirus.

Les trois chefs spirituels avaient demandé l’avis médical du rabbin Elimelech Firer, à la tête d’une importante organisation caritative médicale. Cet avis a été rendu public mardi, concluant que « tous ceux qui ont l’option d’obtenir le vaccin doivent le faire » et rappelant que l’injection était sûre et conforme aux normes et aux méthodes scientifiques acceptées.

Israël se prépare à lancer un programme massif de vaccination, la semaine prochaine, mais les responsables de la Santé s’inquiètent des hésitations du public à se faire immuniser.

Le problème est particulièrement sensible au sein de la communauté ultra-orthodoxe, où les chefs rabbiniques gouvernent les attitudes publiques. L’apparition récente, dans les secteurs ultra-orthodoxes, d’affiches anonymes déconseillant le vaccin vient encore compliquer le problème.

Un groupe de jeunes juifs ultra-orthodoxes portent des masques protecteurs après la mise en place de nouvelles mesures gouvernementales pour aider à ralentir la propagation du virus, alors qu’ils marchent dans la Vieille Ville de Jérusalem, le jeudi 16 juillet 2020. (AP Photo/Oded Balilty)

Les sondages montrent que 50 à 75 % des Israéliens se méfient du vaccin contre la COVID-19, craignant apparemment que la précipitation à le créer ait compromis son caractère sûr.

Israël se fait livrer actuellement des millions de vaccins – à commencer par celui qui a été mis au point par Pfizer – qui ont été approuvés par la FDA, aux Etats-Unis.

Le ministère de la Santé a demandé, lundi, aux caisses médicales d’être prêtes à lancer la campagne de vaccination contre la COVID-19 dès la semaine prochaine. La population pourrait commencer à recevoir la précieuse injection à partir du 23 décembre.

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