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Joann Sfar ressort son « Chat du rabbin »… qui n’est pas terminé

Plus proche du roman graphique, cette nouvelle édition devrait s'attacher de nouveaux lecteurs, en attendant le 12eme volume du "Chat du rabbin" et une BD autobiographique

Le chat du rabbin, par Joan Sfar.
Le chat du rabbin, par Joan Sfar.

« Le Chat du rabbin », la série de bandes dessinées à succès de Joann Sfar, ressort jeudi dans un format nouveau, plus proche du roman graphique. Que les fans se rassurent : ce n’est pas parce qu’elle est terminée.

Dans quatre « recueils », les éditions Dargaud rassemblent les neuf premiers épisodes de cette histoire de félin qui parle, dans la communauté juive d’Alger des années 1930.

Quelques centimètres de moins en hauteur, quelques-uns de plus en épaisseur, une couverture plus arrondie… L’objet s’éloigne du format classique de l’album franco-belge cartonné.

« La forme donnée par Dargaud est plus proche du roman graphique. Ça tient dans le sac, et ça va rapprocher ‘Le Chat du rabbin’ d’un lectorat… je ne sais pas comment l’appeler, peut-être littéraire. J’étais heureux de la proposition », dit l’auteur à l’AFP.

La série s’est vendue à 1,6 million d’exemplaires, selon la maison d’édition. Elle compte 11 tomes à ce jour, depuis le premier qui date de 2002, et les deux derniers qui ne sont donc pas encore repris dans ce format.

« Il y a un 12e en écriture depuis plus d’un an. Le chat, c’est un petit personnage qui m’accompagne depuis longtemps. J’attends qu’il me parle. Sinon, je ne me force pas », explique Joann Sfar, 50 ans.

Car en même temps, il consacre de l’énergie à une BD autobiographique.

« Elle fera 170 pages, un récit qui raconte mon enfance et mon adolescence à Nice, avec l’engagement politique de mon père qui était adjoint du maire Jacques Médecin, et comment de 16 à 21 ans j’ai été tenté par l’activisme… Comme si je donnais des clés de compréhension au +Chat du rabbin+ », confie-t-il.

L’adaptation du « Chat du rabbin » en film animé en 2011, alors que la série comptait cinq tomes, lui avait valu un César. Mais aussi un travail titanesque pour faire passer cet univers sur grand écran, provoquant neuf ans d’interruption de la BD, de 2006 à 2015.

Joan Sfar. (Crédit : Joel Saget/ AFP via Albin Michel)

« C’est très fragile, et je ne sais pas moi-même pourquoi ça a marché », selon l’auteur. « J’ai essayé de réenchanter mes souvenirs du Maghreb, de recréer mon village d’Astérix, avec l’envie consciente d’en faire un lieu très cosmopolite. Il n’y a pas de fatalité au choc des civilisations: nous, dans le Maghreb, on a cette habitude de supporter l’autre ».

La politique fait parfois irruption, par des allusions à l’histoire de cette Algérie française qu’a remise en lumière la campagne présidentielle, via le positionnement radical d’un fils de Juifs d’Algérie, Éric Zemmour.

On voit ainsi ressurgir un maire antisémite d’Oran, l’abbé Lambert, ou l’étrange manie de la République de valider un rabbin… en testant sa maîtrise du français par une dictée.

« Il y a une porosité à l’inquiétude ambiante. Mais les récits les plus politiques sont ceux qui ont le moins plu. Les lecteurs me disent qu’ils préfèrent que je creuse l’histoire familiale, ou même le religieux », rapporte Joann Sfar.

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