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Journalisme: le consortium qui a révélé le scandale de Pegasus primé

Le prix Daphne Caruana Galizia a été décerné à Forbidden Stories, un groupe de journalistes qui avaient révélé l'ampleur du scandale impliquant le logiciel-espion israélien

Des employés du parti du Congrès pendant une manifestation accusant le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi d'avoir utilisé un logiciel de qualité militaire pour contrôler ses opposants politiques, des journalistes et des activistes à New Delhi, en Inde, le 20 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Manish Swarup, File)
Des employés du parti du Congrès pendant une manifestation accusant le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi d'avoir utilisé un logiciel de qualité militaire pour contrôler ses opposants politiques, des journalistes et des activistes à New Delhi, en Inde, le 20 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Manish Swarup, File)

BRUXELLES, Belgique – Le premier prix Daphne Caruana Galizia pour le journalisme, créé en mémoire de la journaliste maltaise assassinée, a été attribué jeudi au réseau de médias Forbidden Stories pour son enquête « Pegasus » sur un logiciel espion israélien qui avait été utilisé pour traquer des journalistes, des activistes des droits de l’Homme et des dissidents politiques.

Attribué par un jury de représentants de la presse et de la société civile des 27 États membres, et doté d’une récompense de 20 000 euros, le prix Daphne Caruana Galizia sera décerné chaque année le 16 octobre, date de son assassinat.

La journaliste et blogueuse maltaise anti-corruption avait été tuée à 53 ans en 2017 dans l’explosion de sa voiture qui avait été piégée.

Le prix entend récompenser « un journalisme d’excellence qui promeut et défend les valeurs et principes de l’UE: dignité humaine, liberté, démocratie, égalité, Etat de droit et droits de l’homme ».

Forbidden Stories est une plateforme collaborative lancée en 2017 sur une idée du documentariste français Laurent Richard, avec le soutien de l’ONG Reporters sans frontières, et qui réunit plus de 30 médias à travers le monde.

Le Parlement européen a noté dans un communiqué que « la fuite sans précédent de plus de 50 000 numéros de téléphone qui avaient été choisis pour faire l’objet d’une surveillance par les clients de la compagnie israélienne NSO Group montre les abus systématiques qui ont été commis pendant des années à partir de cette technologie ».

La liste de ces noms avait été obtenue par l’ONG Forbidden Stories, spécialisée dans le journalisme, et par le groupe de défense des droits de l’Homme Amnesty International avant d’être partagée avec 16 autres organisations.

Les journalistes avaient été en mesure d’identifier plus de mille individus dans 50 pays qui avaient été sélectionnés par les clients de NSO pour une surveillance potentielle.

Parmi eux, 189 journalistes, plus de 600 politiciens et responsables du gouvernement, au moins 65 dirigeants d’entreprises, 85 activistes des droits de l’Homme et des chefs de l’État, avait fait savoir le Washington Post, membre du consortium. Les journalistes de Forbidden Stories travaillent pour des organisations diverses et notamment pour l’AP, Reuters, CNN, le Wall Street Journal, Le Monde et le Financial Times.

L’entreprise NSO est accusée d’avoir vendu son logiciel-espion aux gouvernements d’Azerbaïdjan, de Bahreïn, du Mexique, du Maroc, du Rwanda, d’Arabie saoudite, de Hongrie, d’Inde et des Émirats arabes unis, qui l’ont utilisé pour pirater les téléphones de dissidents, de journalistes et d’activistes des droits de l’Homme.

Un logo orne un mur sur une branche de la société israélienne NSO Group, près de la ville de Sapir, dans le sud d’Israël, le 24 août 2021. (Crédit : AP/Sebastian Scheiner)

NSO a répété à de multiples reprises que son logiciel ne devait être utilisé que dans la lutte contre le terrorisme et autres crimes et que la liste présentée n’était aucunement liée à la firme.

Le mois dernier, le ministre des affaires étrangères Yair Lapid a minimisé les critiques contre la régulation par Israël du NSO Group, promettant toutefois de renforcer les efforts visant à garantir que le logiciel controversé ne tomberait pas entre de mauvaises mains.

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