Jules Adler, le peintre du peuple, exposé au MahJ
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Jules Adler, le peintre du peuple, exposé au MahJ

Peintre de la seconde génération naturaliste, ce modeste Juif franc-comtois d’origine alsacienne est exposé à Paris jusqu’au 23 février prochain

Jules Adler, La Mère, Paris, 1899, Huile sur toile ; Poznan, fondation Raczyński du musée national © ADAGP, Paris 2019
Jules Adler, La Mère, Paris, 1899, Huile sur toile ; Poznan, fondation Raczyński du musée national © ADAGP, Paris 2019

Peintre de la seconde génération naturaliste, Jules Adler (1865-1952) est exposé au Musée d’art et d’histoire du judaïsme de Paris jusqu’au 23 février prochain.

Première rétrospective consacrée à l’artiste, près de 200 peintures, dessins, gravures et documents sont ainsi rassemblés. Près d’un tiers n’ont jamais été présentés au public.

Modeste Juif franc-comtois d’origine alsacienne, son œuvre, réaliste et détaillée, marque par sa propension à représenter son environnement à l’époque de la Troisième République et le quotidien du peuple.

Ainsi, Adler est à la peinture ce que Zola est à la littérature : un artiste témoin de son temps, passionné par la banalité du quotidien, et surtout préoccupé par « la misère et la dureté de la société industrielle triomphante ». Il s’intéresse dans son œuvre aux ouvriers comme aux peuples des villes – d’où son surnom de « peintre des humbles ».

Les Fumées, 1924 ; Huile sur toile, Musée des Ursulines, Macon ; Photo Alain Leprince © ADAGP, Paris 2019

« Elle offre aussi l’occasion d’aborder les résonances de sa judaïté dans sa perception du monde et ses engagements d’homme et d’artiste », explique le musée, bien que le peintre n’ait jamais abordé explicitement de thèmes juifs dans ses travaux.

Ses tableaux peuvent se rapprocher de ceux de Gustave Caillebotte (1848-1894), peintre impressionniste français.

Autoportrait, 1929, Huile sur toile ; Collection particulière ; Photo Yves © ADAGP, Paris 2019

Artiste engagé, dreyfusard, il a été envoyé au front lors de la Première guerre mondiale, d’où il ramènera une série de photographies décrivant la désolation ambiante.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il a été interné pendant six mois après une dénonciation pour avoir fait des croquis dans un jardin public interdit aux Juifs. Il réussira à échapper à la déportation et reviendra de son camp d’internement avec des croquis de nombreux autres internés. En 1948, il a exposé « 83 dessins faits pendant mes six mois d’internement après mon arrestation par les Boches ».

Les Hauts fourneaux de la Providence, 1904 ; Huile sur toile Luxeuil-les-Bains, musée de la Tour des Échevins © ADAGP, Paris 2019

Deux autres expositions temporaires actuelles du Musée d’art et d’histoire du judaïsme de Paris seront elles aussi ouvertes jusqu’au 23 février 2020 : « Rosine Cahen. Dessins de la Grande Guerre » et « Les Colonnes de Guerry de Georges Jeanclos ». Celle consacrée au faussaire et résistant Adolfo Kaminsky a été prolongée jusqu’au 19 avril 2020.

Plus d’informations sur l’exposition de Jules Adler sur le site du MahJ.

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