Kaczynski « convaincu » que Duda signera la loi controversée sur la Shoah
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Kaczynski « convaincu » que Duda signera la loi controversée sur la Shoah

La loi doit empêcher qu'on utilise l'expression erronée de "camps de la mort polonais" à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée

Jaroslaw Kaczynski, au centre, dirigeant du parti polonais au pouvoir Droit et Justice, pendant une cérémonie honorant les non Juifs qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, à Varsovie, le 18 septembre 2017. (Crédit : Wojtek Radwanski/AFP)
Jaroslaw Kaczynski, au centre, dirigeant du parti polonais au pouvoir Droit et Justice, pendant une cérémonie honorant les non Juifs qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, à Varsovie, le 18 septembre 2017. (Crédit : Wojtek Radwanski/AFP)

Le chef des conservateurs au pouvoir en Pologne Jaroslaw Kaczynski s’est dit convaincu samedi que le président Andrzej Duda promulguerait une loi concernant la Shoah, objet d’une querelle diplomatique sur les responsabilités polonaises et la liberté de débat sur cette question.

Le Sénat polonais a voté la semaine dernière cette loi, destinée à défendre l’image du pays mais qui a irrité Israël et fait l’objet de sérieux avertissements ou expressions d’inquiétude de Washington et de Kiev, ainsi que de nombreuses organisations juives et du Conseil international d’Auschwitz.

« Je suis profondément convaincu que le président Andrzej Duda devrait emprunter le chemin qu’il a déjà annoncé, à savoir signer » cette loi, a déclaré à la radio publique Jaroslaw Kaczynski, considéré comme l’instigateur de toute décision politique majeure en Pologne sous le gouvernement de son parti Droit et Justice (PiS).

Selon la loi polonaise, le chef de l’Etat dispose d’un délai de 21 jours pour décider de promulguer une loi, d’y opposer son véto ou de saisir le tribunal constitutionnel.

Le nouveau projet de loi prévoit des sanctions judiciaires pour les individus ou les organisations qui calomnieraient la « nation polonaise » en assignant une responsabilité aux Polonais pour les crimes commis sur leur sol.

L’utilisation des phrases comme « camps de la mort polonais » pour se référer aux sites d’extermination que l’Allemagne nazie avait installés dans la Pologne occupée pendant la guerre ferait encourir trois ans de prison ou une amende aux individus ou aux organisations, selon le projet de loi. Ce dernier a voulu partiellement répondre à des cas, ces dernières années, où les médias étrangers ont utilisé l’expression « camps de la mort polonais » pour qualifier Auschwitz et d’autres camps dirigés par les nazis.

Le projet de législation rend également illégal le fait de « réduire délibérément la responsabilité des ‘vrais coupables’ de ces crimes », en référence au meurtre d’environ 100 000 Polonais par des unités de l’armée des insurgés ukrainiens durant la Seconde Guerre mondiale.

Aux yeux des conservateurs, la loi doit empêcher qu’on utilise l’expression erronée de « camps de la mort polonais » à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée.

Les responsables israéliens s’émeuvent surtout d’un passage où ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l’extermination des juifs, voire la possibilité de poursuivre des survivants de la Shoah qui évoqueraient de tels cas.

L’ambassade d’Israël à Varsovie a dénoncé vendredi une « vague d’attaques à base d’antisémitisme » déferlant sur la Pologne, pointant du doigt la toile polonaise, effectivement frappée par de nombreux propos antisémites, et les médias, aussi publics, en relation avec la querelle diplomatique en cours.

« Nous rejetons l’antisémitisme de manière très radicale mais nous sommes aussi un Etat souverain et nous avons le devoir d’entamer (…) la lutte contre l’énorme opération de diffamation à l’égard de la Pologne où l’on insulte la Pologne et lui attribue les fautes des autres », en l’occurrence des Allemands, a insisté M. Kaczynski.

Il a éludé la question portant sur l’impact de la querelle diplomatique en cours sur les relations polono-américaines.

« Je ne suis pas en mesure de dire quelle est l’approche actuelle américaine des relations avec la Pologne. Jusqu’à présent, elle semblait sérieuse », a-t-il jugé. « Actuellement, la question se pose, effectivement, mais je ne vais pas encore y répondre ».

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