Kahlon et Feiglin veulent le ministère des Finances, sinon pas de coalition
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Kahlon et Feiglin veulent le ministère des Finances, sinon pas de coalition

Le ministre des Finances actuel indique qu'il "n'acceptera aucun autre poste" ; le n°1 de Zehut estime qu'il n'a aucun intérêt à rejoindre un gouvernement s'il ne l'obtient pas

Moshe Kahlon lors du lancement de la campagne électorale de son parti Koulanou dans la ville d'Ashkelon, le 30 janvier 2019. (Crédit : Dudi Modan/Flash90)
Moshe Kahlon lors du lancement de la campagne électorale de son parti Koulanou dans la ville d'Ashkelon, le 30 janvier 2019. (Crédit : Dudi Modan/Flash90)

À l’approche des élections nationales, deux chefs de parti, qui seront probablement déterminants dans la formation d’une coalition gouvernementale au terme du scrutin, ont fait savoir qu’ils insisteront pour obtenir le ministère des Finances dans un prochain gouvernement.

Dans une interview dans l’émission « Rencontre avec la presse » de la Douzième chaîne diffusé vendredi, le président du parti Zehut Moshe Feiglin a fait savoir : « Sans le ministère des Finances, je ne vois pas l’intérêt pour nous d’être au gouvernement. Sans cela, nous ne serons pas en mesure de tenir nos promesses, et nous pesons vraiment ce que nous avons [dit] ».

Egalement au micro de la Douzième chaîne, le ministre des Finances actuel Moshe Kahlon, du parti Koulanou a déclaré : « Je ne serai que ministre des Finances. Je n’accepterai aucun autre poste. Afin que je puisse poursuivre la révolution et les choses positives que nous avons réalisées ».

Les interviews seront diffusées dans leur intégralité dimanche soir dans l’émission politique « Pgosh Et HaItonut » (Rencontre avec la presse).

Moshe Feiglin, le dirigeant de Zehut, prononce une allocution lors de l’ouverture de la campagne du parti à Tel Aviv, le 30 janvier 2019. (Flash90)

Le parti d’extrême droite Zehut, dont les sondages prévoyaient initialement qu’il ne franchirait pas le seuil d’éligibilité pour entrer à la Knesset lors du scrutin du 9 avril, a bénéficié d’un regain de popularité ces dernières semaines, et pourrait remporter entre quatre et sept sièges d’après les toutes dernières enquêtes d’opinion.

Moshe Feiglin défend un programme pro-cannabis et une politique radicale quasi-libertarienne, saupoudré d’une touche de nationalisme et de religion.

Après avoir été poussé au départ par le Likud il y a quatre ans pour son attitude frondeuse et ses positions extrémistes, Moshe Feiglin a déclenché une tempête dans la campagne électorale en cours, plaçant le cannabis au premier plan des priorités nationales et en forçant les candidats à prendre position sur le sujet.

Moshe Feiglin ayant insisté sur le fait qu’il n’avait pas de préférence entre Benjamin Netanyahu et son principal rival Benny Gantz au poste de futur Premier ministre, le parti pourrait s’avérer être un faiseur de rois dans cette course très disputée.

Cette composition d’images créée le 2 avril 2019 montre le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à des journalistes à Jérusalem le 3 février 2019 et l’ancien chef d’état-major de Tsahal Benny Gantz prononçant son premier discours électoral le 29 janvier 2019, à Tel Aviv. (Crédit : Ronen Zvulun et Jack Guez/AFP)

D’après un article du quotidien Haaretz paru cette semaine, Benny Gantz a indiqué en privé que si Kakhol lavan obtenait au moins quatre sièges de plus que le Likud, il tendrait immédiatement la main à Koulanou et à Zehut ainsi qu’aux partis ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah.

Le candidat centriste tentera de convaincre ces formations, perçues comme des partenaires idéologiques naturels du Likud, en leur disant qu’ils avaient le choix entre rejoindre un gouvernement qui ira au terme de son mandant de quatre ans ou un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu qui, selon ses prédictions, s’effondrera au bout de huit mois une fois le chef du Likud mis en examen pour corruption, d’après Haaretz.

Le procureur général Avichai Mandelblit a, en effet, annoncé en février qu’il comptait inculper Benjamin Netanyahu de corruption, fraude et abus de confiance dans une série d’affaires distinctes. L’actuel chef du gouvernement, qui dément toutes les allégations, pourra se défendre lors d’une audition avec Avichai Mandelblit, au terme de laquelle le procureur prendra sa décision finale.

Koulanu, Shas et YaHadout HaTorah, qui sont alliés à Benjamin Netanyahu depuis trois ans, ont tous fait savoir qu’ils continueraient de le soutenir, même si Moshe Kahlon n’a pas exclu de s’associer avec Benny Gantz.

Citant des sources au sein de Kakhol lavan, Haaretz a indiqué que Benny Gantz ne s’attendait pas à ce que les dirigeants de Zehut, Koulanou, Shas et YaHadout HaTorah le recommandent pour former la prochaine coalition, mais espère qu’ils n’appelleront pas Netanyahu à le faire.

Au terme des élections, les chefs de parti devront en effet recommander qui ils estiment comme le plus apte à devenir Premier ministre auprès du président Reuven Rivlin, qui chargera ensuite le député de la Knesset qu’il perçoit comme ayant de meilleures chances de parvenir à former une coalition. Selon la législation israélienne, ce député ne doit pas forcément être le chef du parti n°1 du pays et le choix revient au chef de l’Etat.

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