La bilan de la guerre à Gaza dépasse la barre des 60 000 morts, selon le Hamas
La plupart des camions d'aide égyptiens aurait été pillée ; Tsahal diffuse une vidéo de terroristes volant un camion ; plusieurs Gazaouis auraient été tués près d'un site de la GHF
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Le bilan des victimes gazaouies de la guerre menée par Israël contre le Hamas aurait franchi le cap des 60 000 morts, a annoncé mardi le ministère de la Santé de la bande de Gaza, qui est dirigé par le groupe terroriste palestinien.
Cette annonce a été faite alors qu’Israël frappait des dizaines de cibles dans la bande de Gaza, tout en maintenant son nouveau système de « pauses humanitaires » de 10 heures dans de vastes secteurs de l’enclave – un système mis en place suite au tollé mondial provoqué par des informations faisant état d’une famine dans la région.
Le journal Al-Araby Al-Jadeed – ou The New Arab – a rapporté qu’une grande partie de l’aide humanitaire entrée dans l’enclave dimanche avait été pillée, sans préciser les personnes ou les groupes à l’origine de ces vols. L’armée israélienne a également diffusé une vidéo montrant, selon elle, des terroristes du Hamas en train de détourner un camion transportant de l’aide, la semaine dernière.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, 60 034 Gazaouis auraient été tués depuis le début de la campagne militaire israélienne, déclenchée suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées, principalement des civils et 251 otages de tous âges ont été enlevés.
Le ministère a également fait état d’au moins 145 870 blessés. Il a indiqué que des milliers de personnes étaient toujours portées disparues sous les décombres.
Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Mais selon le Hamas, la moitié des personnes tuées dans le cadre de l’Opération « Épées de fer » étaient des femmes et des enfants.
Au mois de janvier, Israël avait indiqué avoir tué 20 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
L’armée israélienne affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 459 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
Mardi, les hôpitaux locaux ont indiqué que 77 Gazaouis avaient été tués par des tirs israéliens au cours des vingt-quatre heures précédentes. La plupart d’entre eux auraient été abattus alors qu’ils tentaient d’accéder aux sites de distribution d’aide humanitaire.
Les incidents faisant de nombreuses victimes sont devenus quotidiens dans la bande de Gaza, où des foules immenses de Gazaouis se précipitent vers les centres qui distribuent une aide précieuse. Dans ce contexte, certains s’écartent des itinéraires approuvés par Tsahal et se retrouvent accidentellement à proximité des troupes israéliennes.
Trente-trois personnes auraient trouvé la mort dans la journée de lundi alors même qu’elles tentaient d’accéder à un convoi d’aide humanitaire, dans le sud de l’enclave. Les hôpitaux locaux ont indiqué que quatorze autres personnes auraient été tuées alors qu’elles s’efforçaient de rejoindre un centre géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), qui est soutenue par les États-Unis et Israël.
Ni la GHF ni l’armée israélienne n’ont commenté ces informations.
L’armée frappe des dizaines de cibles, dont un dépôt d’armes
Les soldats israéliens ont poursuivi leurs opérations contre le Hamas à Gaza. Mardi, Tsahal a fait savoir que des dizaines de « cibles terroristes » avaient été frappées au cours des vingt-quatre dernières heures.
Parmi ces cibles, des terroristes, des bâtiments utilisés par des groupes terroristes, des tunnels et des caches d’armes.
Les militaires ont diffusé des images d’une frappe visant un dépôt d’armes du Hamas dans la région de Khan Younès. L’attaque a été menée par des troupes de la 36ᵉ division qui opéraient dans la région.
Les soldats ont également localisé à Khan Younès un tunnel du Hamas d’un kilomètre de long, qui a partiellement été détruit, selon Tsahal.
Ce tunnel, qui se trouvait à 15 mètres de profondeur, a été découvert par les soldats de la brigade Golani et de l’unité d’élite du Corps du Génie Militaire Yahalom.
À l’intérieur, les soldats ont découvert des armes appartenant au Hamas, notamment des engins explosifs, des fusils d’assaut et des RPG (lance-roquettes individuels), a précisé Tsahal.
À Gaza-City, l’armée a déclaré que la 98ᵉ division étendait ses opérations dans les quartiers de Shejaiya et Zeitoun, afin de détruire les infrastructures du Hamas et d’empêcher les tirs de roquettes sur Israël.
כוחות צה”ל השמידו מחסן אמצעי לחימה בדרום הרצועה: זוהו פיצוצי משנה המעידים על הימצאות תחמושת
כוחות צה״ל בפיקוד הדרום, בהכוונת אמ״ן ושב”כ, ממשיכים לפעול נגד ארגוני הטרור ברחבי רצועת עזה.
במרחב חאן יונס, כוחות אוגדה 36 חיסלו במהלך היממה האחרונה מספר מחבלים, והכווינו תקיפות… pic.twitter.com/GJHF9CNh4Z
— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) July 29, 2025
D’autres frappes aériennes ont été signalées à Nuseirat, dans le centre de l’enclave, et auraient touché une zone de tentes abritant des personnes déplacées.
L’hôpital local al-Awda a déclaré avoir reçu « les corps de trente martyrs, dont quatorze femmes et douze enfants », suite à cette frappe.
Un porte-parole de Tsahal a déclaré à l’AFP qu’il avait besoin de plus d’informations pour pouvoir enquêter sur ces frappes.
La majorité de l’aide humanitaire égyptienne a été pillée
Par ailleurs, le journal Al-Araby Al-Jadeed, basé au Royaume-Uni et appartenant au Qatar, a rapporté que plus de la moitié des camions d’aide égyptiens qui sont entrés dans la bande de Gaza dimanche avaient été pillés par des inconnus, dont le contenu avait ensuite été vendu sur les marchés locaux.
Selon le journal, 73 camions sur 130 ont été pillés près du corridor de Morag, qui sépare Rafah de Khan Younès et est contrôlé par l’armée israélienne.
Seuls 37 camions sont arrivés aux entrepôts de la Société du Croissant-Rouge palestinien et du groupe d’aide Egyptian Committee.
Vingt autres camions auraient été renvoyés par Israël au poste-frontière de Rafah pour des raisons qui ne sont pas claires.
Tsahal n’a pas encore réagi à cette information.
Dimanche, l’Égypte a envoyé pour la première fois de l’aide à Gaza via le passage de Rafah depuis qu’Israël en a pris le contrôle en mai 2024.
Israël a procédé dimanche matin à son premier largage aérien d’aide humanitaire à Gaza depuis le début de la guerre. Le pays s’est également engagé à suspendre les combats dans certaines zones de l’enclave et à créer des couloirs de sécurité pour permettre aux Nations unies de distribuer des biens à la population gazaouie.
Dans une interview accordée au Times of Israel en début de semaine, l’ancien envoyé humanitaire américain David Satterfield a déclaré que contrairement à l’aide de l’ONU, qui est en grande partie comptabilisée, l’aide fournie par les sociétés du Croissant-Rouge est davantage susceptible d’être volée par le Hamas et des gangs criminels.
Mardi, l’armée a publié des images qui, selon elle, montrent des terroristes du Hamas armés pillant un camion d’aide humanitaire dans la bande de Gaza la semaine dernière.
La vidéo qui, selon Tsahal, a été enregistrée vendredi, montre des terroristes sur le toit d’un camion transportant de l’aide, tandis qu’une foule de Gazaouis l’entoure.
L’armée affirme que la vidéo montre « des terroristes armés du Hamas… pillant violemment l’aide humanitaire qui avait été transférée dans la bande de Gaza, l’empêchant ainsi d’atteindre la population civile de Gaza ».
« Contrairement aux mensonges du Hamas selon lesquelles les individus apparaissant dans la vidéo sont des membres des forces de sécurité, il s’agit bien de terroristes du Hamas venus s’emparer de l’aide destinée aux habitants de Gaza », a déclaré Tsahal, sans toutefois expliquer comment il avait déterminé que les hommes armés étaient des terroristes du Hamas.
צה״ל חושף תיעוד של מחבלי חמאס חמושים בוזזים את הסיוע ההומניטרי
בשבועות האחרונים, ארגון הטרור חמאס פרסם טענות כוזבות על הרעבה מכוונת בעזה.
בתיעוד שצולם ב-25.7.25, נראים מחבלי חמאס חמושים כשהם בוזזים באלימות את הסיוע ההומניטרי שהוכנס לרצועת עזה ומונעים את הגעתו לאוכלוסייה… pic.twitter.com/DQABHd9aFB
— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) July 29, 2025
« Même lorsque l’aide est acheminée à Gaza, le Hamas la pille pour son propre usage, au mépris flagrant des besoins de la population », a expliqué l’armée, ajoutant que « ces images sont une preuve supplémentaire que le Hamas constitue le principal obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire aux habitants de la bande de Gaza ».
Tsahal a déclaré avoir publié cette vidéo après que le Hamas a « diffusé ces dernières semaines de fausses informations sur une campagne délibérée d’affamement à Gaza ».
La semaine dernière, un haut responsable de l’establishment de la Défense israélienne a déclaré que presque tous les camions se rendant aux entrepôts des organisations humanitaires et de l’ONU avaient été pillés par des foules de Gazaouis, et non par le Hamas.
Les Émirats arabes unis, la Jordanie et l’Égypte larguent de l’aide humanitaire ; la France annonce qu’elle fera de même
Mardi, des avions des Émirats arabes unis, de Jordanie et, pour la première fois, d’Égypte, ont largué 52 palettes d’aide humanitaire dans le nord et le sud de l’enclave.
L’armée israélienne a déclaré que ces largages avaient été effectués « conformément aux directives des dirigeants politiques et dans le cadre de la coopération entre Israël, les Émirats arabes unis, la Jordanie et l’Égypte ».
Ces largages s’inscrivent dans le cadre d’une « série d’actions visant à améliorer la réponse humanitaire dans la bande de Gaza », a déclaré Tsahal.
Chaque palette transportait environ une tonne d’aide, selon l’armée.
« Tsahal continuera à œuvrer pour améliorer la réponse humanitaire dans la bande de Gaza, en collaboration avec la communauté internationale, tout en réfutant les fausses allégations selon lesquelles la population serait délibérément affamée à Gaza », a-t-il ajouté.
L’AFP a rapporté mardi, citant une source diplomatique, que la France allait également larguer de l’aide à Gaza « dans les prochains jours ».
« La France procédera à des largages dans les prochains jours afin de répondre aux besoins les plus essentiels et les plus urgents de la population civile à Gaza », a déclaré la source, appelant également « à l’ouverture immédiate par Israël des points de passage terrestres ».
L’Espagne et le Royaume-Uni ont également annoncé leur intention de larguer de l’aide à Gaza.
Mardi, la principale autorité internationale en matière de crises alimentaires a déclaré que « le pire scénario de famine se déroule actuellement dans la bande de Gaza » et a affirmé que des mesures immédiates étaient nécessaires pour éviter « des morts massives ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’armée ont vigoureusement rejeté les allégations d’affamement intentionnel dans la bande de Gaza, ainsi que l’affirmation selon laquelle la famine sévit à grande échelle. Ils ont toutefois mis en place de nouvelles mesures, notamment des pauses quotidiennes de dix heures dans les combats dans une grande partie de l’enclave, afin d’accélérer l’acheminement de l’aide.
Lundi soir, le bureau du Premier ministre a déclaré que, si la situation à Gaza était difficile, Israël s’efforçait de garantir l’acheminement de grandes quantités d’aide dans l’enclave.
Israël a bloqué l’entrée de toute aide dans la bande de Gaza entre mars et mai de cette année. À ce moment-là, le gouvernement estimait que l’aide accumulée était déjà suffisante pour répondre aux besoins de la population pendant plusieurs mois, et affirmait qu’autoriser l’entrée de davantage d’aide renforcerait le pouvoir du Hamas, qui détient toujours 50 otages, dont 20 seraient encore en vie.
Jacob Magid a contribué à cet article.
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