La Bosnie refuse d’extrader un suspect du meurtre d’un ingénieur du Hamas
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La Bosnie refuse d’extrader un suspect du meurtre d’un ingénieur du Hamas

Le ressortissant bosnien est recherché par la Tunisie, qui le soupçonne d'avoir participé en 2016 à l'assassinat d'un cadre du Hamas

Mohamed Zouari, l'ingénieur tunisien spécialiste des drones abattu en décembre 2016, (Capture d'écran : Aljazeera/YouTube)
Mohamed Zouari, l'ingénieur tunisien spécialiste des drones abattu en décembre 2016, (Capture d'écran : Aljazeera/YouTube)

Un tribunal de Sarajevo a refusé d’autoriser l’extradition d’un ressortissant bosnien recherché par la Tunisie, qui le soupçonne d’avoir participé en 2016 à l’assassinat d’un cadre du groupe terroriste du Hamas, Mohamed Zouari, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Elvir Sarac a été brièvement arrêté mardi à Sarajevo sur la base d’un mandat d’arrêt délivré par la Tunisie, où il est soupçonné de « terrorisme ». Mais un juge de la Cour d’Etat de Bosnie a refusé d’ordonner sa mise en détention et, en conséquence, son extradition.

« La Cour d’Etat de Bosnie (…) a établi que la Bosnie-Herzégovine n’a pas signé avec la Tunisie un accord bilatéral qui lui permettrait d’extrader ses ressortissants pour faire face à une procédure criminelle », a indiqué à l’AFP le service de presse de ce tribunal.

Sarac est un des deux Bosniens soupçonnés par la justice tunisienne d’avoir « perpétré l’assassinat » de Mohamed Zaouari, tué d’une vingtaine de balles au volant de sa voiture le 15 décembre 2016 à Sfax, la deuxième ville de Tunisie.

Le second est Alem Camdzic, arrêté en mars en Croatie. La justice croate a approuvé le 9 mai, en première instance, son extradition vers la Tunisie, mais son avocat a annoncé qu’il allait interjeter appel devant la Cour suprême.

Zaouari, qui avait 49 ans, était un ingénieur tunisien décrit par le Hamas comme un dirigeant du mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza.

Selon la presse en Bosnie, Sarac a déclaré devant le juge qu’il se trouvait en effet en Tunisie en décembre 2016, mais que c’était pour affaires.

L’assassinat de Mohamed Zouari avait fait des remous en Tunisie. Le gouvernement avait affirmé que des « éléments étrangers » étaient impliqués dans le meurtre de l’ingénieur, qui était également de nationalité belge.

Le Hamas, selon lequel Zouari était une personnalité importante du mouvement spécialisé dans le développement de drones, avait accusé Israël d’être à l’origine de son assassinat. Israël n’avait pas réagi à ces accusations.

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