La branche de l’ambassade US de Tel Aviv décorée pour la Gay pride
Rechercher

La branche de l’ambassade US de Tel Aviv décorée pour la Gay pride

Les bannières aux couleurs arc-en-ciel ne semblent pas enfreindre l'interdiction de l'administration sur les drapeaux de la Gay Pride sur les missions diplomatiques américaines

La photo parue sur la page officielle de l'ambassade américaine de Jérusalem sur Twitter avec la légende : "Le bureau de l'ambassade US à Tel Aviv est prêt pour la marche des FIERTES demain !", le 13 juin 2019 (Capture d'écran : Twitter)
La photo parue sur la page officielle de l'ambassade américaine de Jérusalem sur Twitter avec la légende : "Le bureau de l'ambassade US à Tel Aviv est prêt pour la marche des FIERTES demain !", le 13 juin 2019 (Capture d'écran : Twitter)

Le bureau de Tel Aviv de l’ambassade américaine a décoré ses bâtiments de drapeaux arc-en-ciel à l’occasion du défilé de la Gay Pride au sein de la municipalité, alors que l’administration américaine a interdit de faire flotter les couleurs de la marche des Fiertés au mât officiel des missions diplomatiques.

Les larges bannières ne semblent pas pour autant contrevenir à cette interdiction.

Une photo de l’édifice flanqué de deux drapeaux et de banderoles aux couleurs de la communauté LGBT a été publiée sur le compte officiel de l’ambassade américaine jeudi sur Twitter.

« Le bureau de l’ambassade américaine à Tel Aviv est prêt pour le défilé des FIERTES demain ! », disait le tweet.

Avant le mois de la Gay Pride, l’administration Trump avait émis une interdiction officielle faite aux ambassades américaines de placer le drapeau signature de l’événement sur le mât officiel. Israël était l’un des quatre ambassades américaines faisant explicitement l’objet de cette interdiction, aux côtés de l’Allemagne, du Brésil et de la Lettonie.

« S’agissant du mât officiel dressé devant les ambassades américaines, et dans les capitales du monde entier, un seul drapeau flotte : celui des Etats-Unis », a déclaré au début de la semaine le vice-président Mike Pence à NBC alors qu’il était interrogé sur cette interdiction.

Les diplomates américains à Jérusalem se sont rendus au défilé organisé dans la ville pour la Gay Pride la semaine dernière, a fait savoir Haaretz.

Le vice-président américain Mike Pence à la conférence politique de l’AIPAC à Washington, le 25 mars 2018 (Crédit : Jim Watson/AFP)

Le vice-président américain, Mike Pence, a défendu mardi la décision du département d’Etat.
« Comme le président l’a dit le soir de notre élection, nous sommes fiers de pouvoir servir tous les Américains », a indiqué Mike Pence à la chaîne NBC News, qui répondait à la question de savoir si cette interdiction contredisait le tweet du président américain célébrant le mois des fiertés.

« Nous ressentons très profondément cette fierté de servir tous les Américains mais s’agissant du mât officiel dressé devant les ambassades américaines, et dans les capitales du monde entier, un seul drapeau flotte : celui des Etats-Unis, » a ajouté le vice-président.

Mike Pence a précisé que la bannière arc-en-ciel, ou d’autres, n’étaient pas interdits ailleurs dans les ambassades américaines.

Chrétien évangélique, le vice-président est opposé au mariage entre personnes de même sexe. Il a critiqué les mesures destinées à protéger les membres de la communauté LGBTQ contre les discriminations. Il serait également favorable aux thérapies dites de conversion.

Le drapeau américain aux côtés du drapeau des fiertés sur l’ambassade américaine (qui se trouvait alors à Tel Aviv), vingt-quatre heures avant la Gay Pride, le 12 juin 2014 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty, File)

Le département d’Etat américain a confirmé lundi que l’interdiction des drapeaux émanait du secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

Pompeo, qui est également chrétien évangélique, a déclaré qu’il définissait le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, ajoutant toutefois respecter ses employés indépendamment de leur orientation sexuelle.

« Le secrétaire d’Etat estime que, lorsqu’il s’agit du mât, seul le drapeau américain doit pouvoir y flotter », a dit à la presse la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus, assurant que seul cet emplacement officiel était concerné par l’interdiction.

Mais elle a expliqué que les diplomates américains à l’étrangers étaient libres de placer des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel ailleurs sur les ambassades au mois de juin – qui est le mois des Fiertés qui marque, cette année, le 50e anniversaire du soulèvement de Stonewall, à New York, qui avait fait naître le mouvement de la lutte pour les droits des homosexuels contemporain.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors d’une conférence de presse avec le ministre polonais des Affaires étrangères au palais Lazienki, lors de sa visite à Varsovie, Pologne, le mardi 12 février 2019. (AP Photo/Czarek Sokolowski).

Pour autant, « le mois de la fierté homosexuelle, qui est en cours, a été célébré à travers le monde par de nombreux employés du département d’Etat et par de nombreuses ambassades », a-t-elle ajouté.

L’administration précédente du président Barack Obama, avocat de l’égalité des droits des homosexuels, laissait pour sa part le drapeau des Fiertés flotter au mât officiel. Il avait également éclairé la Maison Blanche des couleurs de l’arc-en-ciel lors de la légalisation par la Cour suprême du mariage homosexuel dans toute la nation, en 2015.

La révélation de la décision de Pompeo a suscité l’indignation parmi les activistes de la lutte pour les droits des homosexuels.

« A une époque où les communautés LGBTQ+ sont persécutées à travers le monde, cette décision du département d’Etat de Trump est une attaque flagrante contre les droits LGBTI rights », a commenté le sénateur démocrate du Massachussets Ed Markey.

« Alors que nous sommes en train de célébrer ce mois des Fiertés, il faut revenir sur cette décision. Et je demande à l’administration Trump d’expliquer cette haine », a-t-il écrit sur Twitter.

Chad Griffin, chef du groupe Human Rights Campaign, principal groupe des droits des homosexuels aux Etats-Unis, a noté que l’ordre donné par Pompeo « envoie un message effrayant non seulement aux LGBTQ de ce pays, mais également à ceux du monde entier ».

L’un des membres gay les plus connus de l’administration Trump est Richard Grenell, ambassadeur américain en Allemagne.

Ancien commentateur sur Fox News, il a dit bénéficier du soutien de Trump et de Pence pour une campagne mise en place paen particulier l’Iran, ennemi juré de Washington.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...