La capitaine Or Naaman raconte comment elle a abattu un avion syrien en juillet
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La capitaine Or Naaman raconte comment elle a abattu un avion syrien en juillet

"On respire profondément, on attend d’entendre et de voir si l’on a abattu la cible," a décrit l'officière israélienne

La capitaine Or Naaman, qui a commandé l'équipe qui a abattu un avion syrien dans une interview diffusée le 17 septembre 2018 (Capture d'écran : Hadashot news)
La capitaine Or Naaman, qui a commandé l'équipe qui a abattu un avion syrien dans une interview diffusée le 17 septembre 2018 (Capture d'écran : Hadashot news)

La capitaine Or Naaman, l’officier de Tsahal en charge de l’unité qui a abattu l’avion syrien après qu’il fut entré dans l’espace aérien israélien en juillet, a décrit la tension présente dans la salle de contrôle au moment de l’opération dans un entretien avec Hadashot diffusé lundi.

Selon l’armée israélienne, un avion de combat Sukhoi syrien est entré dans l’espace aérien au-dessus du Plateau du Golan le 24 juillet, parcourant environ une distance de deux kilomètres avant d’être abattu par deux missiles intercepteurs israéliens Patriot.

Naaman dirigeait l’équipe qui a tiré les missiles. Elle a déclaré que la salle de contrôle est restée tranquille lors de l’opération.

« Je peux dire que c’est un peu comme l’entraînement de parachutiste que j’ai reçu. Il y a un moment avant de sauter de l’avion où l’on ne sait pas ce qui va se passer, si le parachute va s’ouvrir, si le casque va tomber ou comment on va atterrir, a-t-elle déclaré à Hadashot. C’est un processus semblable à celui de lancer un missile depuis la salle de contrôle ».

Elle a également décrit la tension palpable après le lancement.

« On respire profondément, on attend d’entendre et de voir si l’on a abattu la cible », a-t-elle déclaré.

« Quand on entend le ‘boum’ du missile, on… c’est… c’est quelque chose que je n’aurais jamais imaginé entendre ».

L’entretien complet avec Naaman a été diffusé mercredi soir.

A l’époque, Tsahal avait déclaré qu’avant d’abattre de l’avion, il avait prévenu, à de nombreuses reprises la Syrie de ne pas faire voler ses appareils à proximité de la frontière.

La Syrie a confirmé que son appareil avait été abattu par Israël et qu’il s’était crashé dans le bassin de Yarmouk au sud-ouest de la Syrie.

L’un des piloles, identifié comme étant le colonel Amran Marae, a été tué quand l’avion a été abattu, selon les déclarations d’une source militaire syrienne à l’agence de presse russe Spoutnik. Le sort de l’autre pilote n’a pas été immédiatement connu. Pourtant, selon des informations israéliennes, il n’y avait qu’un seul pilote dans l’avion.

Des traces de fumée laissées par deux missiles intercepteurs israélien Patriot qui, selon Israël, auraient abattu un avion syrien, aperçues dans le nord d’Israël, le 24 juillet 2018 (Crédit : David Cohen/Flash90)

L’avion participait à l’offensive du dictateur syrien Bashar Assad contre les provinces rebelles de Daraa et de Qouneitra, près de la frontière israélienne.

Quelques minutes avant que l’avion ne soit abattu, Al-Ikhbariya TV, la chaîne de l’État syrien, diffusait des images en provenance de la barrière marquant la zone tampon fixée par les Nations unies entre les forces syriennes et israéliennes à l’intérieur du Plateau du Golan. On pouvait voir un poste d’observation des Nations unies juste de l’autre côté de la barrière.

Selon l’armée israélienne, l’avion de combat a décollé de la base de l’armée de l’air T-4 liée à l’Iran dans le centre de la Syrie, qu’Israël avait déjà bombardée dans le passé. L’avion se dirigeait à « grande vitesse » vers les Plateaux du Golan.

Israël a souligné qu’il continuerait à faire appliquer l’Accord de Séparation des Forces de 1974, qui impose à la Syrie de respecter une zone démilitarisée entre les deux pays.

Un avion de combat syrien en flammes après avoir été touché par les militaires israéliens sur le plateau du Golan le 23 septembre 2014 (Crédit : AFP/JALAA MAREY)

C’était la première fois qu’Israël abattu un avion de combat syrien depuis 2014, quand un autre avion de combat Sukhoi, de fabrication russe, était entré dans l’espace aérien israélien et avait été ciblé par un missile Patriot.

En février de cette année, l’armée syrienne a abattu un avion de combat israélien F-16 qui participait à un raid de bombardement contre une base aérienne associée à l’Iran dans le centre de la Syrie après qu’un drone iranien avait pénétré l’espace aérien israélien, selon Tsahal. Le pilote et le navigateur avaient été blessés en s’éjectant de l’avion qui s’était crashé dans le nord d’Israël.

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