La coalition accepte un compromis pour éviter des élections anticipées
Rechercher

La coalition accepte un compromis pour éviter des élections anticipées

Le Comité ministériel de la législation a voté à l'unanimité afin de permettre aux députés de la coalition de pouvoir voter à leur guise sur le projet de loi sur la conscription

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire de son gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2018 (Marc Israel Sellem / Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige la réunion hebdomadaire de son gouvernement au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2018 (Marc Israel Sellem / Pool)

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a conclu un accord de compromis mardi soir après une longue journée d’intenses pourparlers, dans une tentative de résoudre une crise de la coalition qui a failli provoqué l’organisation d’élections anticipées.

Le Comité ministériel de la législation a voté à l’unanimité afin de donner la liberté aux partis de la coalition de pouvoir voter selon leur gré le projet de loi soutenu par les ultra-orthodoxes et exemptant les étudiants Haredim à rejoindre l’armée israélienne.

Le vote signifie qu’un accord de compromis conclu entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et deux partenaires rivaux de la coalition a apparemment été finalisé et est maintenant en phase de mise en œuvre.

Selon l’accord, le projet de loi sur la conscription fera face à son premier vote – sur un total de trois – plus tard cette semaine, avant que la Knesset ne ferme pour les vacances de printemps ce jeudi. Ainsi, les cinq législateurs d’Israel Beytenou, qui sont farouchement opposés à la loi, seront autorisés à voter contre.

Le projet de loi sera ensuite modifié en fonction des recommandations qui seront rédigées par le ministère de la Défense, et fera face aux deux votes suivants durant l’été. Le budget de l’Etat 2019 sera également approuvé.

Plus tôt, des sources haut placées au sein de la coalition ont été citées par de nombreux organes de presse, affirmant que Netanyahu avait décidé de ne pas démanteler le gouvernement.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman dirige une réunion de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, le 12 mars 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Au cours de la semaine dernière, les empoignades sur le projet de loi ont poussé le gouvernement à envisager la tenue d’élections anticipées et les différents partis ont émis des ultimatums menaçant leur retrait de la coalition.

Les ultra-orthodoxes ont menacé de voter contre le budget de l’Etat de 2019 si le projet de loi sur la conscription ne passait pas en lecture préliminaire cette semaine, et le ministre des Finances Moshe Kahlon a menacé de démissionner si le budget n’était pas voté.

Certains ont accusé Netanyahu de souhaiter l’organisation d’élections anticipées afin de pouvoir remporter un autre mandat avant son éventuelle inculpation pour corruption.

Les médias israéliens ont rapporté que cet accord qui permet de faire passer la loi sur la conscription en lecture préliminaire tout en permettant au parti Yisrael Beytenu de voter contre incluait également le rejet d’une motion dirigée par l’opposition afin de dissoudre la Knesset et de prévoir de nouvelles élections. Netanyahu s’abstiendra aussi de limoger la ministre de l’Immigration, Sofia Landver, membre du parti Yisrael Beytenu, qui a voté lundi contre l’approbation du projet de loi sur la conscription par le comité ministériel.

Par le passé, un ministre en exercice ne pouvait pas voter contre une décision ministérielle du gouvernement. Cependant, selon l’accord qui semble avoir été conclu, les ministres demanderont au Premier ministre de ne pas la renvoyer et garantissent qu’il s’agissait d’un incident exceptionnel.

Liberman a menacé lundi de quitter la coalition et de provoquer l’organisation de nouvelles élections si Landver était renvoyée de son poste ministériel pour s’être opposée à la législation.

Liberman a néanmoins changé de ton mardi. « Si la ministre Landver n’est pas renvoyée du gouvernement et que l’establishment de la Défense a la possibilité de rédiger un nouveau projet de loi qui sera soumis à l’approbation de la Knesset lors des sessions d’été, alors il sera possible d’éviter de nouvelles élections », a-t-il écrit sur Facebook.

Liberman a réitéré que son parti voterait contre la législation, qu’il a surnommée le « projet de loi d’évasion », et a confié qu’il n’avait aucun intérêt à l’organisation d’élections anticipées.

Les sondages publiés par les principales chaînes d’information israéliennes lundi soir ont montré que Israel Beytenou parviendrait à peine à se maintenir à la Knesset.

Si la coalition conserverait une majorité de seulement deux sièges dans le cas où Israel Beytenou quittait le navire, Netanyahu a affirmé que le gouvernement ne pouvait pas perdurer ainsi, avec une majorité aussi mince.

Alors que la crise concerne essentiellement le projet de loi d’exemption militaire, les dirigeants des partis de la coalition ont insinué que Netanyahu pourrait chercher à profiter de cette crise afin de provoquer l’organisation d’élections anticipées, qui ferait alors l’effet d’un référendum sur son maintien au pouvoir avant son éventuelle inculpation.

Le Premier ministre fait l’objet d’une enquête dans le cadre de multiples affaires de corruption et fait face à des recommandations d’inculpation de la police dans au moins deux d’entre elles. Il est également menacé par des accords signés récemment par deux de ses anciens proches qui ont accepté de témoigner contre lui dans une troisième affaire.

Netanyahu a nié tout méfait et a souligné à plusieurs reprises qu’il n’avait aucun intérêt à l’organisation d’élections anticipées.

Alexander Fulbright et Raoul Wootliff ont contribué à cet article

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...