La coalition de Netanyahu survit, des Ultra-orthodoxes bloquent Bnei Brak
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La coalition de Netanyahu survit, des Ultra-orthodoxes bloquent Bnei Brak

"Tout ce qui s'est passé ces deux derniers jours relève selon moi du théâtre de l'absurde", a indiqué le ministre de la Défense

Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) s'entretient avec le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à droite) lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 20 novembre 2016. (Emil Salman/Pool)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon (à gauche) s'entretient avec le ministre de la Défense Avigdor Liberman (à droite) lors de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 20 novembre 2016. (Emil Salman/Pool)

Le gouvernement israélien confronté à une crise au sein de la majorité demeure en place pour le moment après un compromis provisoire sur le service militaire des ultra-orthodoxes lundi et la décision d’un ministre clé de rester à son poste.

La coalition sur laquelle repose le gouvernement est en proie depuis plusieurs jours à une crise remettant en cause son existence au bout de trois ans et nourrissant les conjectures sur des élections anticipées avant l’échéance prévue de novembre 2019.

Les partis ultra-orthodoxes, représentant les juifs qui observent rigoureusement les règles de leur religion, ont menacé de ne pas voter le budget 2019 sans l’adoption d’une loi maintenant l’exemption de service militaire des étudiants des écoles talmudiques.

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a alors prévenu qu’il recommanderait à son parti de centre droit, Koulanou, de quitter le gouvernement si le budget n’était pas adopté d’ici à fin mars.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, à la tête d’un autre parti de la coalition, Yisrael Beytenu, une formation nationaliste laïque, est également un farouche adversaire de l’exemption.

Les détracteurs du Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais aussi des membres de sa majorité le soupçonnent d’avoir laissé la crise prospérer pour provoquer des élections anticipées.

Dans cette lecture de la situation, M. Netanyahu, qui risque d’être inculpé dans les prochains mois dans des affaires de corruption présumée, prendrait le pari risqué que des élections à une date proche renforceraient ses positions.

M. Netanyahu a lui assuré à plusieurs reprises vouloir que la mandature aille à son terme.

Lors d’une réunion dimanche soir, les partis ultra-orthodoxes ont informé M. Netanyahu qu’ils accepteraient de voter le budget si une loi d’exemption était approuvée, d’abord par un comité ministériel, puis en lecture préliminaire au Parlement, même si le vote final sur le texte était reporté à l’été.

L’une de ces conditions a été remplie lundi matin avec l’approbation d’un texte par le comité ministériel. Ce projet sera affiné avec l’aide du Procureur général et du ministre de la Défense, a affirmé un porte-parole du ministère de la Justice.

Reste à savoir jusqu’où le ministre de la Défense se montrera intransigeant. Lors d’une réunion des députés de son parti, il a déclaré son opposition au projet de loi, mais a dit rester au gouvernement.

« Il serait absurde d’attendre d’Yisrael Beytenu qu’il soutienne cette loi. Tout ce qui s’est passé ces deux derniers jours relève selon moi du théâtre de l’absurde », a dit Liberman.

Mais la faute en incombe aux ultra-orthodoxes, a-t-il ajouté, et « nous ne sommes pas volontaires pour quitter le gouvernement ». Son parti combattra le texte « de l’intérieur » aussi longtemps qu’il n’aura pas été adopté en troisième lecture par le Parlement, a-t-il promis.

Benjamin Netanyahu a plus tard dit à la Knesset qu’il espérait que sa coalition ne s’effondrerait pas en raison du projet de loi sur l’exemption au service militaire des juifs ultra-orthodoxes, ajoutant que si des élections devaient se dérouler bientôt, lui et son parti du Likud les remporteraient.

« S’il y a des élections, je ferais campagne et je les gagnerais. Mais nous n’en sommes toujours pas là, » a précisé le Premier ministre, qui a ajouté qu’il y avait « besoin d’un dernier effort pour que le gouvernement conserve sa composition actuelle. »

Netanyahu a appelé Liberman et les partis ultra-orthodoxes à œuvrer pour résoudre la crise : « L’heure est tardive, mais pas trop tard. Nous devons agir de manière responsable. L’Etat a besoin d’un gouvernement stable ».

Il a souligné que l’opposition avait peur des élections : « Je n’ai jamais rien vu de tel. Une opposition qui a peur des élections… C’est la simple vérité, » a-t-il affirmé sous les cris de protestations des députés de l’opposition. Ce à quoi le chef de l’opposition Isaac Herzog lui a répondu : « nous n’avons pas peur, nous ne sommes pas des perdants. »

Des centaines de manifestants ultra-orthodoxes ont de leur côté bloqué des artères dans la ville de Bnei Brak, dans le centre d’Israël, afin de manifester contre l’arrestation d’un étudiant religieux qui s’est soustrait au service militaire obligatoire.

Les manifestants ont bloqué une avenue principale de la ville, ainsi que la route 4.

La police tente actuellement de disperser les manifestants.

Les manifestants appartiennent à la soi-disant Faction de Jérusalem, qui s’oppose fermement à la conscription des Juifs ultra-orthodoxes dans l’armée et qui a mené des manifestations contre l’arrestation des étudiants qui se sont soustraits au service militaire.

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