La députée Merav Michaeli accusée d’abus professionnel par une ex-assistante
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La députée Merav Michaeli accusée d’abus professionnel par une ex-assistante

Une plainte réclame 320 000 shekels de dommages et intérêts pour "traitements humiliants" ; la députée Travailliste dénonce des "mensonges absolus"

La députée Travailliste Merav Michaeli pendant une manifestation à Jérusalem, le 9 novembre 2020. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée Travailliste Merav Michaeli pendant une manifestation à Jérusalem, le 9 novembre 2020. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Une plainte a été déposée mardi devant le tribunal de Jérusalem, dénonçant des abus survenus en milieu professionnel qui auraient été commis par la députée Travailliste Merav Michaeli.

La plainte a été déposée par une femme identifiée par l’initiale S., âgée de 53 ans, qui aurait été assistante parlementaire de Michaeli pendant cinq mois et qui a quitté son poste il y a environ neuf mois, selon des informations parues dans les médias israéliens.

Michaeli est l’une des législatrices de gauche les plus éminentes, un soutien fervent des droits des femmes et elle a fait avancer un projet de loi sur la protection contre les souffrances au travail à la Knesset.

S., qui aurait un doctorat en sciences politiques, affirme qu’en travaillant pour la parlementaire, elle a vécu « les insultes, le mépris, l’avilissement, un traitement humiliant… qui ont entraîné pour la plaignante de multiples problèmes mentaux, psychologiques et économiques ».

Elle réclame 320 000 shekels de dommages et intérêts, a fait savoir la Douzième chaîne. Elle a expliqué que Michaeli l’avait brutalement limogée, sans lui accorder une audience préalable.

Selon S., Michaeli lui aurait dit à une occasion : « Vous ne comprenez rien. Vous souffrez d’un trouble du spectre autistique ».

« C’est une employeuse abusive, certainement pas une combattante féministe », dit l’avocat de la plaignante, Ophir Shimshon, dans la plainte. « Elle a tendance à humilier ses employées ».

La plainte ajoute que Michaeli « a imposé des sanctions contre la plaignante en utilisant notamment l’agression, l’humiliation, les accusations ».

S. fait savoir que Michaeli attendait d’elle qu’elle travaille 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et qu’elle soit disponible à n’importe quel moment, même le Shabbat. Elle note que la législatrice contrôlait d’une main de fer son emploi du temps.

Elle explique avoir dû accomplir des tâches sans lien avec le poste de la députée, racontant avoir dû prendre des photographies de Michaeli à divers événements, comme à une Bar Mitzvah.

Michaeli a répondu à la plainte en disant qu’il « est malheureux et scandaleux que ces dénonciations mensongères soient dirigées contre moi et qu’elles se concentrent sur des questions de violence, une question importante qui me tient à cœur depuis des années, une question pour laquelle j’ai prôné des projets de loi régulatoires. Ce n’est bien sûr pas une coïncidence, mais je ne me soumettrai pas aux menaces à cause de cela. Quelles que soient les raisons réelles de ces fausses dénonciations, cela ne me détournera pas de mon objectif, celui de lutter contre les violences au travail, et cela ne me détournera pas de mes efforts continus visant à les éradiquer ».

Elle a déclaré que S. ne s’était pas montrée à la hauteur et qu’elle avait « refusé d’effectuer les tâches nécessaires qu’impliquent ce rôle, et nous avons donc été obligées de nous séparer après peu de temps ».

« Elle a rejeté, à mon grand regret, toutes les tentatives menées pour nous séparer de manière la plus respectueuse possible, en facilitant les choses. Les accusations contre moi sont des mensonges absolus, ils n’ont aucun fondement. Je traite avec respect et avec un souci d’équité toutes les personnes qui se trouvent dans mon environnement de travail », a-t-elle continué.

Michaeli était numéro 3 sur la liste du parti Travailliste dans la Knesset sortante et elle a été une critique fervente du gouvernement d’unité formé entre Netanyahu et Gantz.

Au mois d’avril, suite au dernier scrutin, le comité central Travailliste avait voté en faveur d’un ralliement au gouvernement d’unité, revenant sur les promesses répétées, pendant la campagne, de ne jamais servir sous l’autorité d’un Premier ministre mis en examen.

Michaeli avait rejeté l’idée d’intégrer la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ce qui avait fait d’elle une membre de l’opposition de facto au sein de son propre parti et de la coalition.

Netanyahu et Gantz avaient conclu un accord qui était supposé permettre à Gantz de remplacer Netanyahu au poste de Premier ministre au mois de novembre 2021, mais une faille dans l’accord a entraîné l’effondrement de la coalition en raison du refus opposé par Netanyahu à adopter un budget.

Les Israéliens se préparent en conséquence à retourner une quatrième fois aux urnes après la dissolution de la Knesset, la semaine dernière.

Le président du parti Travailliste Amir Peretz a déclaré qu’il démissionnait de son poste de chef de parti, la semaine dernière, après avoir fait connaître à la formation sa pire performance lors des dernières élections et après avoir rompu sa promesse de campagne de ne jamais rejoindre un gouvernement Netanyahu.

Les sondages les plus récents indiquent de manière constante que le parti Travailliste ne pourra pas franchir le seuil électoral au cours du prochain scrutin.

Michaeli a salué la décision de Peretz de se retirer, réclamant l’organisation de Primaires.

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