La députée travailliste menacée de mort rejette la faute sur Netanyahu
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La députée travailliste menacée de mort rejette la faute sur Netanyahu

Pour Stav Shaffir, le Premier ministre dirige un groupe d'extrémistes qui l'ont menacée après les tensions avec Otzma Yehudit et sa requête demandant l'interdiction du parti

Stav Shaffir, députée de l'Union sioniste. (Crédit : Flash90)
Stav Shaffir, députée de l'Union sioniste. (Crédit : Flash90)

La députée travailliste Stav Shaffir a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’être responsable des menaces de mort qu’elle a reçues de la part de l’extrême-droite.

Depuis qu’elle est la cible d’attaques malintentionnées du fait de sa tentative d’exclure le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit de la prochaine course électorale, l’élue travailliste s’est vu assigner un garde du corps.

« Je ne rejette pas la faute sur les extrémistes, je la rejette sur une seule personne : le Premier ministre Benjamin Netanyahu, » a-t-elle indiqué lors d’un rassemblement de son parti à Haïfa samedi, d’après le site d’actualité Ynet.

« Au lieu de calmer les choses, c’est lui qui se trouve à la tête de la clique. »

Benjamin Netanyahu a été vivement critiqué en Israël comme à l’étranger en raison de son intervention dans l’alliance conclue entre HaBayit HaYehudi, garantissant probablement à des membres du parti extrémiste un siège à la Knesset.

Jeudi, Stav Shaffir a accusé Netanyahu « d’encourager » ceux qui « dénigrent la démocratie, » en ne tentant pas de calmer les tensions et « d’arrêter les menaces de mort émanant de son camp. »

Le même jour, la police a arrêté un partisan d’Otzma Yehudit, soupçonné d’avoir envoyé des messages menaçant à la députée.

« Je vais te tuer, te brûler, salope », ou « un choc électrique à ton cerveau de gauchiste te ferait du bien » pouvait-on lire sur des messages envoyés au téléphone de Stav Shaffir.

Il n’a pas encore été établi si une seule personne ou plusieurs se cachaient derrière ces agissements.

L’intéressée faisait partie d’un groupe de parlementaires ayant déposé des recours pour interdire au parti d’extrême droite Otzma Yahudit de participer aux prochaines élections.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une cérémonie de fin de formation pour des cadets de la marine israélienne à Haïfa, le 6 mars 2019 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90)

Les dirigeants d’Otzma Yehudit se décrivent comme de fiers disciples du rabbin ultra-nationaliste Meir Kahane. Le parti défend le départ des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté à Israël et d’accepter un statut réduit dans un État juif large dont la souveraineté recouvrirait toute la Cisjordanie.

Mercredi, Stav Shaffir s’est écharpée avec des députés Otzma Yehudit lors d’une réunion de la commission centrale électorale devant examiner des requêtes appelant à la disqualification du parti et de certains de ses membres de la course électorales en raison de leur idéologie.

La législation israélienne interdit la participation aux élections d’individus ou de partis qui appellent ouvertement au racisme et à la violence.

Le candidat d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, tente de remettre à la députée travailliste Stav Shaffir un avis de poursuite en diffamation contre elle pour avoir prétendument qualifié son parti de « nazi » lors d’une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le 6 mars 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

L’avocat Itamar Ben Gvir a accusé les députées travaillistes Stav Shaffir et Michal Biran d’être « allées raconter partout que nous étions des nazis » et a menacé Shaffir en séance de la commission d’une plainte en diffamation pour un montant de 500 000 shekels de dommages-intérêts. Ben Gvir a déclaré qu’il avait déposé la plainte mercredi devant le tribunal de première instance de Jérusalem.

La commission électorale a finalement approuvé la candidature d’Otzma Yehudit et de tous ses membres à l’élection du 9 avril, en dépit de la recommandation du procureur général Avichai Mandelblit que le candidat Michael Ben-Ari en soit banni.

La députée travailliste a déclaré à la Treizième chaîne qu’elle ne se laisserait pas intimider par ces menaces.

« Je n’ai pas peur d’eux, et je ne les laisserai pas intimider notre pays. La démocratie israélienne est plus forte qu’eux, et nous résisterons avec courage à cette épreuve, » a-t-elle ainsi déclaré.

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