Mandelblit recommande que Ben-Ari soit exclu des élections, valide Ben-Gvir
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Mandelblit recommande que Ben-Ari soit exclu des élections, valide Ben-Gvir

La commission électorale décidera de l'éligibilité de ces membres d'Otzma Yehudit, dont la position d'extrême-droite est jugée "extrêmement troublante" par le procureur général

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Michael Ben Ari (à droite) et Itamar Ben Gvir du parti Otzma Yehudit devant la Commission électorale centrale le 21 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Michael Ben Ari (à droite) et Itamar Ben Gvir du parti Otzma Yehudit devant la Commission électorale centrale le 21 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a soutenu mardi soir une requête adressée à la commission électorale appelant à disqualifier la candidature de Michael Ben Ari, président de la faction extrémiste Otzma Yehudit, qui a intégré le mois dernier l’Union des partis de droite.

Dans un document d’opinion juridique rédigé en réponse à plusieurs requêtes déposées contre la liste d’extrême-droite, Mandelblit a noté certaines différences entre Ben Ari et le numéro deux du parti Itamar Ben Gvir, et a cautionné l’autorisation de candidature de ce dernier.

Ben Ari figure en cinquième position sur la liste de l’Union des partis de droite, une fusion de HaBayit HaYehudi, Union nationale et Otzma Yehudit, et Ben Gvir est en huitième position. Les sondages prédisent que cette alliance de parti décrochera 7 sièges, ce qui permet de supposer que Ben Ari entrera au Parlement, et que Ben Gvir risque de rester devant les portes de la Knesset.

La commission électorale se réunira mercredi pour prendre une décision sur Otzma Yehudit, cependant, aucun candidat ni parti ne peut être officiellement disqualifié sans ratification de la Cour suprême.

Le procureur général Avichai Mandelblit prend la parole lors d’une conférence à la Bibliothèque nationale de Jérusalem, le 6 juin 2018. (Hadas Parush/Flash90)

En réponse à Mandelblit, l’Union des partis de droite a diffusé un communiqué affirmant que « quelqu’un semble s’être donné pour mission de renverser un gouvernement de droite et semble mettre tout en oeuvre pour y arriver ».

La faction de la droite dure a dénoncé l’hypocrisie du procureur général, qui a autorisé la candidature de ‘députés arabes qui soutiennent le terrorisme » mais qui a disqualifié Ben Ari.

L’opinion juridique du procureur général évoquait des propos intolérants tenus par Ben Ari au cours de la dernière décennie et qui, selon Mandelblit, suffisent pour disqualifier Ben Ari pour provocation à la haine.

Ben Ari est un ancien député du parti Union nationale, qu’il a quitté pour créer sa propre faction d’extrême-droite en 2012 – qui est devenue Otzma Yehudit.

Mandelblit a expliqué que sa décision reposait beaucoup sur des propos publics tenus par Ben Ari, et qui ont été pour certains publiés sur la page Facebook de Otzma Yehudit.

Selon le procureur général, ces citations indiquent clairement que Ben Ari se livre à des incitations contre les Arabes israéliens et autres minorités.

Parmi les déclarations du chef d’Otzma Yehudit mises en exergue par Mandelblit, l’homme avait déclaré, en août 2018, que « nous devons changer l’équation en ce qui concerne ceux qui osent parler défavorablement d’un Juif. [Ces personnes] sont mortes. Elles ne doivent pas en sortir vivantes. Pas d’expulsion, pas de déchéance de nationalité. Ces gens ne doivent pas vivre ! Une équipe de tireurs les feront sortir, c’est ce que les Arabes comprennent [le mieux]. »

Rabbi Meir Kahane (photo credit: Yossi Zamir/Flash90)
Le rabbin Meir Kahane. (Crédit photo : Yossi Zamir/Flash90)

Dans un discours du mois de novembre 2017, également cité par le procureur-général, Ben Ari avait déclaré que « nous donnons [aux Palestiniens] 10 000 hectares [en pensant] qu’ils nous aimeront peut-être. Au final, oui, ils nous aiment, [mais] égorgés… Rabbi Kahane nous a enseigné qu’il n’y a pas de coexistence avec eux. »

En ce qui concerne Ben Gvir, Mandelblit a écrit que si les preuves contre lui étaient « extrêmement troublantes », elles ne suffisaient à recommander que l’avocat militant soit également disqualifié.

Les chefs du parti Otzma Yehudit se revendiquent comme les fiers disciples du défunt rabbin ultra-nationaliste Meir Kahane. Le parti encourage l’émigration des non-Juifs d’Israël et l’expulsion des Palestiniens et des Arabes israéliens qui refusent de déclarer leur loyauté pour Israël et d’accepter un statut inférieur dans un Etat juif élargi, dont la souveraineté s’étendrait à toute la Cisjordanie.

L’union d’Otzma Yehudit avec les deux autres partis de droite avait été orchestrée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, afin d’empêcher que des votes ne soient perdus au profit de partis indépendants qui ne dépasseraient pas le seuil électoral de 3,25 % des suffrages nécessaires pour siéger à la Knesset. Cependant, l’idée qu’Otzma Yehudit siège à la Knesset a suscité les critiques de nombreux élus israéliens et de groupes juifs du monde entier.

Otzma Yehudit Campaign Ad Criticizes IDF Rules of Engagement

Israeli far-right political party Jewish Strength – Otzma Yehudit released a campaign ad mocking the Israel Defense Forces' rules of engagement for soldiers defending against terror attacks:

Posted by i24NEWS English on Monday, 4 March 2019

Le procureur-général Avichai Mandelblit a rejeté lundi deux requêtes qui appelaient à la disqualification de partis arabes des élections législatives, ainsi qu’une troisième qui visait à écarter l’Union des partis de droite du scrutin.

Le procureur-général a également rejeté pour absence de preuve une pétition contre l’Union des partis de droite, née de la fusion récente des partis religieux de droite, les partis HaBayit HaYehudi et l’Union nationale avec la faction extrémiste Otzma Yehudit. Cette pétition affirmait que cette Union « portait atteinte à l’égalité ».

Mandelblit a rejeté une requête contre une campagne vidéo d’Otzma Yehudit qui avait irrité les élus arabes, les dépeignant en soldats israéliens hésitant à tirer sur un assaillant muni d’un couteau, craignant d’enfreindre les règles de l’engagement. La requête dénonçait l’incitation au racisme de cette vidéo, mais Mandelblit a déclaré que cette séquence vidéo n’allait conduire personne à penser que l’armée israélienne et ses soldats s’identifient au parti Otzma Yehudit.

Mandelblit a fait savoir qu’une requête contre le parti arabe israélien Raam-Balad, selon laquelle ses membres « cherchent à éliminer Israël en tant qu’Etat juif » et soutiennent ce qu’ils appellent la « résistance palestinienne » violente et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, n’était pas suffisamment étayée par des preuves.

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