Yaïr Golan aurait demandé une protection après des menaces de mort
Le chef des Démocrates serait inquiet en raison d'appels sur Internet à le pendre, l’abattre ou le mutiler ; Gadi Eisenkot échange des piques avec Ofer Winter ; un sondage confirme le pessimisme du Premier ministre
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Yaïr Golan, chef du parti de gauche Les Démocrates, a demandé à bénéficier de la protection des services de sécurité du gouvernement à la suite de ce qu’il a qualifié de menaces de mort, a rapporté mercredi le site d’information Walla, alors que les inquiétudes ne cessent de croître concernant la violence politique à l’approche des élections législatives du 27 octobre.
Golan a récemment écrit au chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, David Zini, et au président de la commission centrale électorale (CCE), Noam Sohlberg, pour demander une protection rapprochée, a rapporté le média, citant un afflux de messages sur les réseaux sociaux lui souhaitant des blessures graves, voire la mort.
L’un de ces messages, cité par Golan, appelait à ce qu’il reçoive « une balle dans la tête », tandis qu’un autre préconisait de lui « arracher » les yeux et affirmait que lui et sa famille méritaient d’être pendus, car il avait « infligé une deuxième Shoah au peuple juif ».
Walla a cité un porte-parole du parti Les Démocrates affirmant que « la police avait relevé le niveau d’alerte concernant le chef du parti », et a indiqué que le parti exigeait qu’il bénéficie d’une protection rapprochée « face aux menaces pesant sur sa vie ».
Cette information a été publiée deux jours après que la chaîne N12 a affirmé que le Shin Bet avait autorisé les gardes du corps privés de Gadi Eisenkot, favori des élections, à porter des armes. Cette décision semblait constituer un compromis après que l’agence de sécurité a rejeté une demande visant à assurer la protection officielle d’Eisenkot, qui préside le parti d’opposition Yashar. La décision initiale de Zini de refuser toute mesure de sécurité à Eisenkot avait suscité de vives critiques de la part des responsables politiques de l’opposition.
Ces demandes de sécurité interviennent alors que le paysage politique continue d’évoluer à deux mois du scrutin. Tous les regards se tournent vers Ofer Winter, ancien général partisan de la ligne dure, qui a lancé mardi un nouveau parti de droite. L’arrivée de Winter a inquiété le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui aurait déploré les mauvais résultats de son parti, le Likud, lors de conversations privées et évoqué la possibilité d’une défaite électorale.
Ces derniers jours, le Premier ministre a publiquement exhorté la faction de Winter à fusionner avec des partis existants, craignant que la fragmentation de la droite n’empêche un ou plusieurs partis d’entrer à la Knesset, scellant ainsi la défaite du Likud.
Un sondage réalisé mercredi par la Treizième chaîne prévoit précisément ce scénario : il montre que le nouveau parti de Winter, « Amkha Yisrael » (« Ton peuple, Israël »), obtiendrait trop peu de voix pour entrer à la Knesset. Il prévoit également que le Likud de Netanyahu ne remporterait que 19 sièges, contre 24 pour Yashar. Pourtant, comme presque tous les sondages depuis des mois, celui-ci ne montre ni le bloc pro-Netanyahu ni le bloc anti-Netanyahu atteindre une majorité de 61 sièges au sein du Parlement de 120 sièges.
Le bloc anti-Netanyahu remporterait 57 sièges, les partisans de Netanyahu n’en obtiendraient que 48, et les partis arabes en remporteraient 15.
Eisenkot et Winter se livrent à un échange musclé sur la stratégie sécuritaire
Certaines rumeurs laissaient entendre que Winter pourrait rejoindre le camp anti-Netanyahu, mais cette perspective semblait avoir atteint une impasse mercredi.
Dans une interview accordée à la Treizième chaîne, Eisenkot a déclaré qu’il n’offrirait pas à Winter le poste de ministre de la Défense dans un futur gouvernement. Il a expliqué que, bien qu’il considère Winter comme un « bon commandant sur le terrain », celui-ci ne serait pas l’homme de la situation, car « il n’a pas fait partie du commandement stratégique de l’armée israélienne et n’a occupé aucun poste à haute responsabilité ».
Winter a riposté à l’ancien chef d’état-major dans une vidéo envoyée aux journalistes, déclarant : « Je n’ai aucune intention de faire partie de votre gouvernement, et je ferai tout pour m’assurer que cela ne se concrétise pas. »
« Depuis des années, je m’oppose à la doctrine sécuritaire que vous avez défendue », a déclaré Winter, affirmant qu’il existait « un fossé stratégique de perception » entre lui et Eisenkot.
Winter a fait l’objet de diverses controverses au cours des dix dernières années et plus, et a été démobilisé en 2024 après avoir été écarté d’une promotion.
Lors du lancement de son parti Amkha Yisrael mardi soir, Winter s’est engagé à mener une politique sécuritaire intransigeante et a estimé que la scène politique ne devait pas rester inchangée au lendemain du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Au lendemain du 7-Octobre, Winter a déclaré qu’il aurait démissionné s’il avait été à la place du Premier ministre Benjamin Netanyahu au moment de cet assaut barbare et sadique.
Netanyahu semble toujours déstabilisé par Winter.
Le maire de Dimona, Benny Bitton, a déclaré mercredi soir à la chaîne N12 que Netanyahu avait tenté de couper l’herbe sous le pied de Winter en lui offrant, il y a plusieurs semaines, une place garantie sur la liste du Likud, mais que ce dernier avait refusé de répondre aux appels du cabinet du Premier ministre.
La chaîne publique Kan a rapporté mercredi que Netanyahu avait évoqué les résultats désastreux de son parti dans les sondages lors d’une récente réunion, déclarant aux participants : « Dix mandats nous ont échappé. Je ne sais pas comment les récupérer. »
Selon ce reportage, Netanyahu peine à trouver une stratégie de campagne efficace et estime que, si rien ne change, le Likud perdra les élections.
Erdan et Gantz discutent d’une éventuelle fusion
Parmi les nouveaux partis de droite qui pourraient ne pas entrer à la Knesset figurent « Yisrael Rishona » (« Israël d’abord ») de Sharren Haskel, « HaAkhdut » (« L’Unité » en hébreu) de Yuli Edelstein et Gilad Erdan, ainsi que « HaBayit Tzioni – HaMilouimnikim » (« Foyer sioniste – Les Réservistes ») de Yoaz Hendel et Chili Tropper.
Ces partis, tout comme « Kakhol Lavan » de Benny Gantz, font partie du « Troisième bloc », un regroupement de formations de centre-droit qui visent à imposer un compromis entre les deux grands blocs afin de former un large gouvernement d’union sioniste.
Dans une tentative manifeste de renforcer ses chances, Erdan aurait rencontré Gantz mercredi pour discuter d’une éventuelle fusion entre leurs partis.
Depuis des mois, les sondages indiquent que Kakhol Lavan ne parvient pas à franchir le seuil électoral, et bon nombre de députés actuels du parti ont démissionné ou ont déclaré qu’ils ne se présenteraient pas sous sa bannière lors des prochaines élections.
Selon Kan et Israel Hayom, cette rencontre faisait suite à plusieurs semaines de contacts entre les deux hommes.
La rencontre s’est avérée positive, a indiqué Israel Hayom, et les deux parties ont convenu de se revoir prochainement.
Plus tôt mercredi, le partenaire politique d’Erdan, Edelstein, a déclaré au Times of Israel qu’il n’y avait pour l’instant aucune négociation sérieuse « en cours » avec d’autres partis, mais qu’il s’attendait à ce qu’elles commencent pour de bon « vers le début du mois de septembre » et que les accords soient signés « dans le meilleur des cas, le 6 septembre ».
La date butoir pour le dépôt des listes électorales officielles par les partis est fixée au 8 septembre.
« Cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas nous parler, nous écrire ou nous rencontrer autour d’un café, mais les négociations, je vous le dis en toute honnêteté, débuteront dans environ une semaine », a ajouté Edelstein.
« Il n’y a pas que nous : tous les partis commenceront vraiment à discuter lorsque les choses deviendront sérieuses. »
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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