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Rubio: pas de nouvelle offensive contre l’Iran pour l’instant – média

Washington veut se concentrer sur les pressions économiques et désire également rétablir le trafic dans le détroit d'Ormuz ; l'Iran et Oman étudient un couloir temporaire de navigation

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'exprimant aux côtés du vice-président paraguayen Pedro Alliana (hors champ), dans la « Salle des Traités » du Département d'État américain, à Washington, le 4 août 2026. (Crédit : Tierney L. Cross/ AP Photo)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio s'exprimant aux côtés du vice-président paraguayen Pedro Alliana (hors champ), dans la « Salle des Traités » du Département d'État américain, à Washington, le 4 août 2026. (Crédit : Tierney L. Cross/ AP Photo)

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fait savoir à ses homologues du monde entier que Washington n’envisageait pas pour l’instant de lancer de nouvelles frappes offensives contre l’Iran. L’administration Trump préfère désormais concentrer ses efforts sur la pression économique et sur le rétablissement du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, a rapporté mardi la chaîne N12.

Rubio n’a toutefois pas exclu toute action militaire américaine si l’Iran venait à lancer de nouvelles hostilités, ont déclaré deux sources proches des discussions.

Ce changement de cap est intervenu alors que Washington impose à Téhéran de nouvelles sanctions et s’efforce de normaliser le trafic dans cette voie navigable stratégique. Dans le même temps, l’Iran a averti que le détroit resterait fermé à moins que les États-Unis ne mettent fin à la guerre – près de six mois après le lancement de l’offensive américano-israélienne – et ne respectent leurs engagements tels qu’ils ont été définis dans le protocole d’accord signé en juin. Des engagements que Téhéran accuse Washington d’avoir violés.

Cette approche des États-Unis devrait rester en vigueur au moins jusqu’aux élections de mi-mandat, qui auront lieu début novembre ; après quoi, la possibilité d’une campagne militaire de plus grande envergure pourrait à nouveau être envisagée, selon N12.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé lundi de nouvelles sanctions contre l’Iran, des sanctions qu’il a qualifiées d’« asphyxie économique ». Il a averti les pays qui ne soutiendraient pas la campagne économique américaine qu’ils devraient « partager l’isolement » de la république islamique.

Selon le département du Trésor, ces sanctions élargies cibleront les actifs numériques et la technologie de l’Iran, ainsi que ses secteurs de l’or, de l’aviation et du transport maritime, avec des mesures affectant des organismes aux Émirats arabes unis, à Hong Kong, en Chine, à Singapour et en Europe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué ces nouvelles sanctions américaines, affirmant que Washington faisait payer « un prix fort » à l’Iran et à « ceux qui soutiennent ses agressions continues ».

Déminage du détroit d’Ormuz

Dans la journée de mardi, le président américain Donald Trump a déclaré que la marine américaine avait déminé le dispositif de séparation du trafic (DST) du détroit, principal couloir maritime entre Oman et l’Iran.

Barak Ravid, journaliste de N12 qui travaille également pour Axios, a cité des responsables américains directement informés de la situation, qui ont confirmé cette annonce de Trump.

Ces derniers mois, des drones sous-marins de la marine américaine ont systématiquement balayé la zone et ils ont ainsi identifié plus de 100 objets soupçonnés d’être des mines, a fait savoir Axios. Des prestataires privés ont ensuite été mobilisés pour les retirer ou les faire exploser.

Des responsables américains ont souligné que cette opération avait permis d’assurer la sécurité du passage des navires à travers le détroit dans les deux sens, sous la protection de l’armée de l’air américaine, ce qui pourrait entraîner une augmentation significative du trafic de pétroliers.

Illustration : Des pétroliers et des navires de marchandises, dans le golfe d’Oman, le long des voies maritimes reliant le détroit d’Ormuz et la mer d’Arabie, le 16 juin 2026. (Crédit : AP)

Le déminage permet en outre de limiter les moyens de pression de l’Iran sur les marchés énergétiques mondiaux et dans le cadre de toute négociation future avec Washington.

L’Iran, pour sa part, a démenti mercredi les déclarations de Washington. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a qualifié les affirmations selon lesquelles les mines auraient été retirées de « propagande mensongère » ; il a par ailleurs averti que Téhéran prendrait pour cible les dragueurs de mines américains qui pénétreraient dans la zone.

L’ambassadeur iranien auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Kazem Gharibabadi, avant le début de la réunion du conseil des gouverneurs de l’AIEA au Centre international de Vienne, en Autriche, le 21 novembre 2019. (Crédit : Ronald Zak/AP)

L’Iran ne permettra à aucun navire militaire, quel que soit son pays d’origine, d’emprunter le détroit d’Ormuz et continuera de surveiller les navires commerciaux qui tenteraient de le traverser, a déclaré Gharibabadi.

« Nous avons fermé le détroit d’Ormuz avant même que les États-Unis n’imposent un blocus économique, faute pour ces derniers d’avoir respecté leurs engagements tels que définis dans le protocole d’accord », a-t-il ajouté, des propos repris par l’agence de presse officielle iranienne IRNA.

« Avant que toute mesure ne soit prise pour rouvrir le détroit d’Ormuz, les États-Unis devront respecter pleinement tous les engagements qu’ils ont enfreints », a précisé Gharibabadi, appelant Washington à mettre fin à la guerre et à lever son blocus.

L’Iran a bloqué le détroit, par lequel transite normalement environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié ; Washington, pour sa part, a imposé un contre-blocus naval sur les ports iraniens.

L’Iran et Oman discutent d’un couloir temporaire

Par ailleurs, l’Iran et Oman ont poursuivi leurs discussions sur un couloir de transit temporaire et sur un projet conjoint de déminage visant à rétablir une partie du trafic dans le détroit.

À l’occasion de pourparlers à Téhéran, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont évoqué un « cadre par étapes » qui permettrait de mettre en place un « couloir de navigation temporaire conjoint à travers le détroit d’Ormuz », ainsi qu’un projet commun de déminage de ce passage stratégique.

Sur cette photo diffusée par le ministère iranien des Affaires étrangères, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à droite, rencontre son homologue omanais Sayyid Badr Albusaidi à Téhéran, en Iran, le 25 août 2026. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères, via AP)

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr Albusaidi, a annoncé mardi qu’il espérait que les deux nations pourraient « bientôt annoncer » la mise en place de ce couloir temporaire.

« La gestion future du détroit et une solution permanente suivront en temps voulu », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a quant à lui qualifié le cadre proposé de preuve de « l’engagement de Téhéran en faveur de la paix et de la stabilité, qui s’accompagne d’une diplomatie inébranlable avec nos voisins ».

Les compagnies pétrolières réagissent à la liste noire des navires établie par l’Iran

Au moins trois raffineurs de pétrole indiens et une grande entreprise mondiale du secteur de l’énergie envisagent de cesser d’utiliser les navires inscrits sur la nouvelle liste noire iranienne, même pour les transferts de navire à navire, ont fait savoir à Reuters quatre sources directement informées du dossier.

Téhéran a publié dans la journée de dimanche une liste de 45 navires qui, dit-il, auraient enfreint ses règles relatives au passage du détroit d’Ormuz. L’Iran a aussi menacé de prendre des mesures à l’encontre des bâtiments qui effectuent des transferts de fret avec ceux-ci.

Les navires cités pourraient se voir infliger des amendes, une immobilisation et une saisie de leur cargaison, a annoncé l’Autorité du détroit du golfe Persique, un nouvel organisme mis en place par l’Iran pour gérer le détroit, dans un message publié sur X.

Certains des pétroliers figurant sur cette liste appartiennent ou sont affrétés par Saudi Aramco et l’Abu Dhabi National Oil Co. D’après les données maritimes, ils ont été utilisés pour acheminer du pétrole brut, des produits raffinés et du gaz naturel liquéfié à travers le détroit, en vue de transferts de navire à navire au large de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, ou de Sohar, à Oman.

Des cargos en mer près du détroit d’Ormuz, vus depuis une côte rocheuse près de Khor Fakkan, aux Émirats arabes unis, le 1ᵉʳ mai 2026. (Crédit : Fatima Shbair/AP)

Ces activités de navette ont permis de maintenir les flux pétroliers en provenance du Golfe, malgré les restrictions imposées par l’Iran au trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz.

Plusieurs affréteurs et compagnies maritimes se demandent désormais s’il convient de poursuivre ces opérations, selon Reuters.

« Nous veillerons à ce que nos navires affrétés ne participent pas à des opérations de transfert de cargaison (STS) ni à aucune autre activité impliquant des navires non conformes pour le fret en provenance du Moyen-Orient », a affirmé l’une des sources, qui travaille dans une raffinerie indienne.

Pour Ana Subasic, analyste des risques commerciaux chez Kpler, une société spécialisée dans le suivi des navires, les acheteurs soucieux de la conformité éviteront probablement les navires inscrits sur la liste noire. Les échanges commerciaux, toutefois, ne disparaîtront sans doute pas pour autant, mais se reporteront plutôt vers d’autres navires, d’autres opérateurs ou d’autres lieux de transbordement.

« Le problème majeur, c’est la réaction en chaîne », a-t-elle expliqué : si l’Iran met à exécution ses menaces à l’encontre de navires qui traitent avec des pétroliers inscrits sur la liste noire, le nombre d’armateurs et d’acheteurs disposés à s’engager pourrait baisser, alors que les coûts de fret, d’assurance et de risque augmenteraient.

L’Iran a déjà attaqué plusieurs des navires figurant sur cette liste.

Les cours du pétrole ont continué de baisser mercredi, à mesure que s’estompaient les craintes d’une nouvelle escalade militaire au Moyen-Orient.

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