La fac de médecine d’Ariel de nouveau en course
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La fac de médecine d’Ariel de nouveau en course

Mandelblit estime que la précédente décision de bloquer le programme d’une antenne du Conseil de l’Enseignement supérieur n’est pas contraignante

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Université d'Ariel en Cisjordanie (Photo: CC-BY Michael Jacobson/Wikipedia)
Université d'Ariel en Cisjordanie (Photo: CC-BY Michael Jacobson/Wikipedia)

Mercredi, le Conseil pour l’Enseignement supérieur en Judée et Samarie a voté pour approuver la création d’une fac de médecine à l’université Ariel dans le nord de la Cisjordanie, quelques heures après que l’Avocat général Avichai Mandelblit a statué qu’un précédent renversement de la situation sur le sujet n’avait pas été contraignant.

Mandelblit a statué que le conseil avait le droit de décider d’établir ou non la fac de médecine, et qu’il n’avait pas à suivre la décision de la semaine dernière d’un sous-comité distinct, à savoir, ne pas approuver la création du département.

Pourtant, la décision finale appartiendra au principal Conseil pour l’Enseignement supérieur, qui doit absorber l’antenne de Judée et Samarie plus tard ce mois. Un officiel au courant des délibérations a déclaré au Times of Israël que le principal conseil va certainement donner le feu vert au projet lors de sa prochaine réunion. Mandelblit a accordé à ce comité deux mois pour prendre une décision.

La semaine dernière, le Bureau du procureur général a ordonné que le Comité des projets et du budget du Conseil de l’Enseignement supérieur – qui a accordé l’autorisation de la création d’une fac de médecine en juillet 2018 – procède à un autre vote après que deux de ses membres qui ont soutenu le projet ont été considérés comme étant en conflit d’intérêt.

La décision est intervenue après que le quotidien Haaretz a révélé qu’un membre du comité du budget du conseil, le Dr. Rivka Wadmany-Shauman, avait voté en faveur de la création de la fac de médecine alors que l’université envisageait de la recruter pour y enseigner. Un autre membre du comité, Zvi Hauser, a été exclu du comité puisqu’il est candidat à la Knesset sur la liste du parti Hossen LeYisrael.

Dans leur deuxième vote de jeudi, le comité réduit a voté à 3 voix contre 2 en faveur d’un renversement de la décision de juillet pour approuver l’école médicale.

Le procureur général Avichai Mandelblit durant une conférence organisée par Hadashot News à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le destin du projet a ensuite été placé sous la responsabilité de Mandelblit, à qui on a demandé de trancher pour savoir s’il s’agissait d’une question de budget ou de planification. S’il s’agissait d’une question de budget, alors la nouvelle décision du comité de budget serait contraignante et la fac de médecine ne pourrait pas ouvrir ses ports. En revanche, s’il s’agissait d’une question de planification, alors le vote du comité serait vu comme une recommendation, et la décision finale devrait être prise par le Conseil de l’Enseignement supérieur en Judée et Samarie et suivie par le Conseil principal pour l’Enseignement supérieur. Le procureur général a statué dans sa décision rendue publique mercredi que la création de la fac de médecine était une question de planification.

Ce dernier développement en date a été vu comme un triomphe par le ministre de l’Eduction Naftali Bennett, qui avait affirmé que la création d’une fac de médecine dans l’implantation était l’une de ses réussites les plus significatives à ce poste.

Après que le comité a retourné sa décision la semaine dernière, Bennett avait dit qu’il était « incroyable » de voir comment il « mettait des bâtons dans les roues de la création d’une fac de médecine à Ariel ». Il a qualifé le comité, qui est sous la responsabilité de son ministère et qui se compose de représentants d’autres universités du pays, de « cartel académique ».

Mercredi pourtant, il a semblé de meilleure humeur, saluant la décision du procureur général mais aussi le vote ultérieur du Conseil pour l’Enseignement supérieur en Judée et Samarie comme étant « une énorme victoire pour la médecine en Israël ! »

Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, assiste à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 3 septembre 2017. (Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

La fac de médecine avait été perçue comme un moyen de doper fortement la réputation de l’université d’Ariel, qui lutte depuis quatre ans pour être reconnue comme une université à cause de sa localisation en Cisjordanie.

La fac de médecine a été très largement financée par les milliardaires financiers basés aux Etats-Unis, Miriam et Sheldon Adelson, qui ont été honorés lors d’une cérémonie organisée en août pour marquer l’inauguration du nouveau programme. Elle devait accueillir sa première classe d’aspirants docteurs à l’automne prochain. Si elle obtient une approbation finale, la fac de médecine serait le sixième programme du genre en Israël.

L’université d’Ariel a été confrontée à un boycott de plusieurs universitaires à l’étranger et ses professeurs se sont même plaints d’être victimes de discriminations par d’autres universités en Israël, qui ont refusé de reconnaître sa légitimité.

Bennett était à l’origine d’une loi à la Knesset de février qui place les universités israéliennes en Cisjordanie au même plan que les institutions situées à l’intérieur d’Israël et sous les auspices du Conseil pour l’Enseignement supérieur en Judée et Samarie, qui a la charge de superviser les universités israéliennes en Cisjordanie.

Des opposants ont déclaré que la loi normalisait plus encore la présence d’Israël au-delà de la Ligne verte dans le territoire que les Palestiniens espèrent garder pour leur futur État.

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