La France verse 8 millions d’euros à une ONG palestinienne controversée
Rechercher

La France verse 8 millions d’euros à une ONG palestinienne controversée

L'ONG "Development Center", bénéficiaire des fonds, a été à l’origine d’un document intitulé "Code de conduite des ONG palestiniennes", qui appelait au boycott d’Israël

Illustration : Une manifestation du mouvement BDS en France. (CC BY-SA, Odemirense, Wikimedia commons)
Illustration : Une manifestation du mouvement BDS en France. (CC BY-SA, Odemirense, Wikimedia commons)

Le gouvernement français a alloué huit millions d’euros à une organisation palestinienne qui s’est prononcée en faveur du boycott d’Israël.

L’Agence française de développement, ou AFD, qui se concentre sur « le climat, la biodiversité, la paix, l’éducation, le développement urbain, la santé et la gouvernance », a accordé en mai 2020 une subvention de huit millions d’euros à l’ONG Development Center, un mouvement palestinien qui dit promouvoir les bonnes pratiques gouvernementales en Cisjordanie. Celui-ci avait facilité et financé le « Code de conduite des ONG palestiniennes » publié en 2008, un document qui exigeait que les groupes palestiniens rejettent « toutes les activités de normalisation avec l’occupant, que ce soit au niveau politico-sécuritaire ou aux niveaux culturels et de développement ». Un autre document, financé par l’AFD, publié en 2013 et intitulé « Un cadre stratégique pour le renforcement du secteur des ONG palestiniennes (2013-2017) », exprimait les mêmes positions en faveur du boycott.

NGO Monitor, groupe israélien qui enquête sur les activités des organisations non gouvernementales et des gouvernements étrangers dans le cadre du conflit israélo-palestinien, a appelé la semaine dernière le gouvernement français à « réviser sa subvention conformément au rejet clair de la France du mouvement BDS ».

Les appels au boycott d’Israël ont été confirmés comme illégaux en France par un arrêt de la Cour de cassation en 2015, et des dizaines de militants qui en ont fait sa promotion – notamment par le biais du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, ou BDS – ont été condamnés pour incitation à la haine ou à la discrimination sur la base de la loi Lellouche, votée en 2003, qui étendait les lois antiracistes aux boycotts à caractère raciste, antisémite ou xénophobe. La Cour européenne des droits de l’homme a depuis condamné la France pour cette position anti-boycott, qu’elle juge contraire à la liberté d’expression, et suite aux condamnations prononcées contre des militants.

Magali Mevellec, porte-parole de l’AFD, a déclaré que le financement à l’ONG palestinienne était « conforme à la loi française ».

La France « soutient le renforcement des capacités locales qui améliorent la vie des populations » dans ce que la France considère comme des territoires palestiniens, a déclaré Mevellec.

« Le seul objectif de la France et de l’AFD est d’améliorer le bien-être de [ces] populations », a-t-elle ajouté.

Les huit millions d’euros alloués à l’ONG palestinienne Development Center doivent financer le projet « Appui à Jérusalem-Est pour son identité et sa résilience (AJIR) ».

« Déclinant la politique de la France en Palestine, AJIR est un programme en faveur de la résilience et de l’identité palestinienne de Jérusalem-Est », écrit l’AFD dans un rapport pour le financement de nouveaux projets. « Pour répondre aux enjeux d’inclusion sociale, AJIR entend améliorer l’offre éducative pour la jeunesse palestinienne d’une part, et faciliter l’accès aux services sociaux pour les populations vulnérables et marginalisées d’autre part. Enfin, le programme permettra de renforcer le rôle et les capacités de la société civile dans la mise en place de modèles de gouvernance inclusifs et participatifs. »

Development Center aura pour mission de redistribuer les fonds à d’autres ONG, qui restent encore inconnues à ce jour, l’appel à projets n’étant pas encore terminé.

Development Center se présente comme « une organisation non gouvernementale palestinienne à but non lucratif aidant les ONG palestiniennes et leurs entités représentatives à répondre plus efficacement aux besoins des groupes les plus défavorisés de la société palestinienne ».

NGO Monitor a rapporté que le Development Center « apportait des financements à de nombreuses ONG politisées actives dans le conflit israélo-arabe, telles que le Palestinian NGO Network (PNGO), Health Work Committees (HWC), Al Mezan, Al-Haq, Defense for Children international – Palestine (DCI-P), BADIL, Palestinian Youth Association for Leadership and Rights Activation (PYALARA), Red Crescent Society for the Gaza Strip et East Jerusalem YMCA ».

« Certaines de ces organisations font la promotion d’une rhétorique antisémite, rejettent publiquement des exigences contractuelles antiterroristes, et ont des liens rapportés et documentés avec l’ organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine, entité désignée comme telle par l’Union Européenne, les États-Unis et Israël », écrit NGO Monitor.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...