La Maison Blanche « revoit » l’aide aux Palestiniens
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La Maison Blanche « revoit » l’aide aux Palestiniens

Donald Trump a menacé de couper les aides financières suite au refus de Ramallah de venir à la table des pourparlers de paix

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain  Donald Trump durant une réunion avec les membres républicains du Sénat le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP/ JIM WATSON)
Le président américain Donald Trump durant une réunion avec les membres républicains du Sénat le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP/ JIM WATSON)

WASHINGTON — La Maison Blanche est en train d’examiner des coupes possibles dans les aides apportées à l’Autorité palestinienne, a indiqué un haut-responsable de l’administration jeudi, quelques jours après que le président Donald Trump a menacé de réduire drastiquement ses financements après que Ramallah a refusé de travailler avec Washington sur des négociations de paix.

« Nous revoyons notre assistance aux Palestiniens à la lumière de leur conduite récente, conformément au message transmis par le président », a affirmé ce responsable au Times of Israel.

Ces propos sont survenus après que Trump a tweeté dans la soirée de mardi qu’il voulait couper le financement apporté aux Palestiniens « parce qu’ils ne veulent pas parler de la paix ».

L’administration a toutefois envoyé des signaux ambigus et il n’est pas encore clairement établi si cette coupe concernerait l’ensemble des financements destinés aux Palestiniens – ou la simple réduction de ceux qui sont versés à l’agence pour les réfugiés palestiniens de l’ONU, l’UNRWA.

L’administration Trump est actuellement en train d’évaluer son soutien financier à l’UNRWA, a fait savoir mercredi un responsable américain mercredi tout en notant que les Etats-Unis considèrent le travail mené par l’organisation comme vital pour la stabilité de la région.

« Nous continuons à évaluer l’impact et l’efficacité des programmes d’aide de l’UNRWA », a expliqué le responsable. « C’est prudent et, en effet, c’est également notre devoir vis-à-vis des contribuables américains ».

Et pourtant, le responsable a également salué l’UNRWA.

Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, s’entretient avec la presse au siège des Nations unies à New York, le 2 janvier 2018 (Crédit : Drew Angerer / Getty Images / AFP)

Mardi, l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a averti que l’administration Trump couperait les aides octroyées à l’UNRWA si les Palestiniens refusaient de s’engager dans des négociations de paix.

« Je pense que le président a dit à la base qu’il ne veut donner aucun financement supplémentaire avant que les Palestiniens n’acceptent de revenir à la table des négociations », a dit Haley. « Nous tentons de faire avancer un processus de paix mais si cela ne doit pas arriver, le président ne va pas continuer à financer cette situation ».

Les Etats-Unis ont été le premier soutien de l’UNRWA en 2016, en donnant la somme de 368 429 712 dollars. Ils sont également le premier fournisseur d’aide financière aux Palestiniens.

Les Etats-Unis ne versent pas d’argent directement dans les coffres de l’AP. A la place, et pour éviter un mauvais usage possible de ces fonds – en particulier pour payer les salaires des terroristes condamnés – les Etats-Unis investissent leurs aides dans des projets spécifiques.

Les Palestiniens recevant leur aide alimentaire mensuelle dans un centre de distribution des Nations unies dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2015 (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Tout en soutenant publiquement les initiatives de l’administration Trump, le Premier ministre Benjamin Netanyahu travaillerait en coulisses pour empêcher les réductions drastiques des aides apportées par les Américains à l’UNRWA, craignant une déstabilisation de la bande de Gaza, a fait savoir mercredi la chaîne Hadashot.

Les menaces de coupe de ces programmes d’aide ont été entraînées par la colère de l’administration Trump face aux réactions palestiniennes suite à la décision prise le mois dernier par le président américain de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Depuis que Trump a fait cette annonce, le 6 décembre, et a fait avancer des plans visant à relocaliser l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a indiqué que Washington ne pourrait plus jouer son rôle traditionnel de médiateur dans les négociations de paix. Il n’a pas dit toutefois qu’il ne négocierait plus avec Israël.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Abbas a également refusé de rencontrer les diplomates américains de l’équipe de Trump responsable de l’initiative de paix, notamment l’envoyé spécial pour les négociations internationales Jason Greenblatt et le vice-président Mike Pence qui doit arriver dans la région à la fin du mois.

Les responsables américains insistent sur le fait qu’ils continueront à chercher un traité de paix. Lorsque Greenblatt est venu dans la région, il y a deux semaines, et même s’il a été boudé par Ramallah, l’administration a fait savoir que les efforts de paix restent une priorité.

Dov Lieber a contribué à cet article.

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