La mutuelle Maccabi craint une seconde épidémie massive de virus cet hiver
Rechercher

La mutuelle Maccabi craint une seconde épidémie massive de virus cet hiver

Maccabi a averti le ministre de la Santé sur les effets de la grippe et de la Covid-19, des centaines de milliers de personnes pourraient devoir être testées

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un technicien procède à un test de diagnostic du coronavirus dans un laboratoire de l'hôpital Rambam à Haïfa, le 17 mars 2020. (Yossi Aloni/Flash90)
Un technicien procède à un test de diagnostic du coronavirus dans un laboratoire de l'hôpital Rambam à Haïfa, le 17 mars 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

L’une des plus grandes assurances santé du pays a publié mardi ses suggestions pour préparer le pays à une éventuelle seconde vague d’épidémie de coronavirus, avertissant qu’Israël devait être prêt à tester des centaines de milliers de personnes au cours de l’hiver prochain.

Le kupat holim Maccabi a présenté son plan en début de semaine au ministre de la Santé Yuli Edelstein avant de le rendre public.

Le plan avertit qu’une deuxième vague de coronavirus pourrait survenir en même temps que la saison annuelle de la grippe, ce qui conduira un grand nombre de personnes à craindre d’être atteintes de la Covid-19, la maladie causée par le coronavirus, car les deux affections présentent des symptômes similaires de difficultés respiratoires. Cependant, la Covid-19 peut, apparemment plus souvent que la grippe, évoluer rapidement vers une affection plus grave.

« Deux cent mille personnes auront des symptômes de coronavirus à cause de la grippe et se rendront dans des centres de santé, ce qui nous obligera à faire des dizaines de milliers de tests de coronavirus par jour », a écrit Ran Saar, PDG de Maccabi. « Tout le monde aura peur du coronavirus et nous devrons doubler les tests, pour protéger les personnes âgées, et travailler différemment au sein des assurances santé ».

Capture d’écran d’une vidéo de Ran Saar, directeur-général des services de santé Maccabi. (Capture d’écran : Twitter)

Le document Maccabi décrit des scénarios dans lesquels 4 000 personnes pourraient être diagnostiquées positives au coronavirus chaque semaine et 200 000 autres avec des difficultés respiratoires. Dans le pire des cas, 25 000 personnes pourraient être diagnostiquées chaque semaine parmi les 250 000 souffrant de difficultés respiratoires.

En conséquence, le pays doit être prêt à effectuer quelque 30 000 tests de dépistage du virus par jour, estime la mutuelle Maccabi. Lors de la récente épidémie, ces tests ont atteint un pic d’environ 12 000 par jour.

Maccabi a appelé les autorités à se préparer à tester massivement, y compris les eaux usées à des fins d’identification précoce des foyers épidémiques. Il faut définir clairement quelles informations sont nécessaires pour suivre la propagation des infections, et ces données doivent être mises à la disposition de tous les organismes de santé qui luttent contre le virus, selon le plan.

De plus, la mutuelle a conseillé de mettre en place un système d’achat national pour obtenir des médicaments, des vaccins et des équipements de protection.

Maccabi – et les trois autres assurances santé du pays, Clalit, Meuhedet et Leumit – devraient être beaucoup plus impliqués dans l’élaboration de la lutte contre une deuxième épidémie de coronavirus et devraient faire partie du processus de décision, selon le plan.

Des membres du personnel du MDA effectuent des tests de dépistage du coronavirus par écouvillonnage. (Photo : Magen David Adom Israël)

Maccabi a également insisté pour que le traitement des patients atteints du virus soit effectué autant que possible à domicile, plutôt qu’à l’hôpital.

« Le centre de la prochaine vague sera dans la collectivité et non dans les hôpitaux », écrit Ran Saar.

Maccabi a estimé que les mesures de confinement prises lors de la récente épidémie avaient coûté à l’économie un milliard de shekels (250 millions d’euros) par jour et a demandé que le gouvernement alloue la même somme à toutes les associations de santé du pays afin de mieux se préparer à une seconde épidémie.

Le document de Maccabi critique également sévèrement la manière dont le gouvernement a traité la récente propagation du virus, déclarant que les autorités s’étaient presque entièrement concentrées sur la prévention d’un afflux de patients submergeant les hôpitaux, ordonnant un confinement strict qui, tout en freinant la propagation, a dangereusement diminué la disponibilité des soins de santé pour le reste de la population.

Maccabi a dénoncé l’absence de plan national sur la manière de continuer à fournir des soins généraux au reste des Israéliens pendant l’épidémie, ce qui, selon lui, a causé des dégâts en raison de l’accès limité aux services de soin classiques.

Bien que les mesures de confinement aient probablement freiné la propagation du nouveau coronavirus, Maccabi a noté que l’ensemble du système de santé était axé sur une maladie avec laquelle il y avait 0,2 % de risque d’être infecté, « tout en accordant une attention considérablement réduite au traitement d’autres maladies ».

Le rapport a constaté que le nombre de diagnostics de crises cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux dans les salles d’urgence avait récemment diminué de 30 % et de 40 %, ce qui s’explique par le fait que de nombreux patients craignaient de contracter la COVID-19 en se rendant à l’hôpital.

Le discours du gouvernement a conduit à une « distorsion de la planification globale » dans la campagne contre le virus et a causé des dommages secondaires importants à la santé publique et à l’économie, d’après Maccabi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le ministre de la Santé Yaakov Litzman (à droite) et le directeur général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman-Tov lors d’une conférence de presse sur le coronavirus, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2020. M. Netanyahu explique comment le coronavirus peut se propager à partir d’un éternuement. (Flash90)

L’assurance santé a également déclaré qu’en confiant initialement le dépistage du virus à un groupe non mutualiste – le service de secours Magen David Adom – des problèmes bureaucratiques étaient apparus en raison de l’absence de système informatique complet pour assurer le suivi des tests.

En conséquence, les tests ont été retardés et certains résultats ont été perdus, ce qui a entraîné un retard général dans l’arrêt de la propagation de l’infection. Les tests, d’après Maccabi, auraient dû être confiés aux assurances santé comme elle, qui disposent de services dans tout le pays. Lorsque celles-ci ont finalement été amenées à effectuer des tests, cela a considérablement augmenté le taux de dépistage du virus, fait remarquer Maccabi.

Le ministère de la Santé, qui, lors de l’apparition du virus, relevait de l’actuel ministre du Logement Yaakov Litzman et de son directeur général, Moshe Bar Siman-Tov, a été critiqué pour sa gestion de la crise.

À la date de mardi, 16 743 personnes ont été diagnostiquées avec la Covid-19 en Israël, dont 281 en sont décédées.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...