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La normalisation israélo-saoudienne reste possible après la guerre – responsables

Selon de hauts fonctionnaires US et un diplomate arabe, même si Jérusalem devra concéder plus de choses aux Palestiniens qu'avant le 7 octobre, un accord est toujours sur la table

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, rencontrant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, deuxième à gauche, lors de son voyage d'une semaine visant à apaiser les tensions à travers le Moyen-Orient, à al-Ula, en Arabie saoudite, le 8 janvier 2024. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool Photo via AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, rencontrant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, deuxième à gauche, lors de son voyage d'une semaine visant à apaiser les tensions à travers le Moyen-Orient, à al-Ula, en Arabie saoudite, le 8 janvier 2024. (Crédit : Evelyn Hockstein/Pool Photo via AP)

Des responsables israéliens, saoudiens et américains ont insisté ces dernières semaines sur le fait qu’un accord de normalisation entre Jérusalem et Ryad sous l’égide des États-Unis était toujours sur la table et même à portée de main.

Certains pourraient supposer que l’Arabie saoudite souhaite prendre ses distances avec Israël et, à tout le moins, ne pas discuter publiquement de son intention de reconnaître l’État juif dans le contexte de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza.

Mais l’ambassadeur d’Arabie saoudite au Royaume-Uni a déclaré mardi à la BBC que Ryad était « résolument » toujours intéressé par la normalisation des relations avec Jérusalem, faisant écho aux remarques formulées plus tôt dans la journée par le secrétaire d’État américain Antony Blinken et à celles, similaires, faites en novembre par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les négociations techniques entre les États-Unis et l’Arabie saoudite au sujet d’un éventuel accord de normalisation se sont poursuivies au milieu de la guerre entre Israël et le Hamas, selon deux hauts fonctionnaires américains et un diplomate arabe de haut rang. Les trois responsables ont déclaré au Times of Israel cette semaine que si les principaux enjeux des pays concernés n’ont pas changé depuis l’attaque du 7 octobre, le prix de la « composante palestinienne significative » de l’accord a augmenté.

Alors qu’avant la guerre, Israël était invité à prendre un engagement relativement limité en faveur de la création éventuelle d’un État palestinien, il devra désormais aller plus loin dans la démonstration de cet engagement, tout en acceptant que l’Autorité palestinienne (AP) reprenne le contrôle de la bande de Gaza, ce que Netanyahu a fermement rejeté ces derniers mois, ont souligné les deux hauts fonctionnaires américains.

Ce message a été rapporté aux dirigeants israéliens par Blinken lors de sa visite à Tel Aviv mercredi, a déclaré l’un des responsables américains.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontrant le secrétaire d’État américain Antony Blinken, au quartier général militaire de la Kirya, à Tel Aviv, le 9 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

« L’idée est de mettre fin aux combats à Gaza et de passer ensuite à une normalisation avec une composante palestinienne importante, qui peut être utilisée comme levier pour entamer des négociations sur le statut final [entre Israël et les Palestiniens] », a poursuivi l’autre haut fonctionnaire américain.

« Nous n’avons pas d’autre moyen de pression pour parvenir à un horizon politique, c’est pourquoi [nous voulons] utiliser la normalisation pour remodeler fondamentalement la situation », ont-ils ajouté, reconnaissant vraisemblablement les limites de l’influence américaine dans la région.

Les deux responsables américains ont déclaré que Washington avait le sentiment qu’un accord pouvait encore être conclu avant la fin du premier mandat du président américain Joe Biden.

Le diplomate arabe de haut rang, au fait des détails des négociations de normalisation, a confirmé les échéances américaines mais s’est montré très sceptique quant à la possibilité de parvenir à un accord dans les quelques mois à venir.

« Les responsables américains admettent en privé qu’il n’y a aucune chance de conclure ce type d’accord sous le gouvernement actuel de Netanyahu, qui n’acceptera même pas de donner à l’AP son propre argent, et encore moins de s’engager en faveur d’un éventuel État palestinien », a souligné le diplomate, faisant référence aux centaines de millions de dollars de recettes fiscales palestiniennes qu’Israël retient à Ramallah.

Hussein Ibish, chercheur principal à l’Institut des États arabes du Golfe à Washington, a fait valoir qu’il ne serait même pas nécessaire que les combats à Gaza cessent complètement pour que les négociations en vue d’un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite progressent.

Des Palestiniens regardant un immeuble résidentiel dévasté après une frappe israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 10 janvier 2024. (Crédit : Fatima Shbaïr/AP Photo)

Une réduction significative de l’incursion israélienne et une réorientation de Tsahal vers des opérations ciblées visant les chefs du groupe terroriste palestinien du Hamas et les infrastructures terroristes de haut niveau pourraient jeter les bases d’un accord entre Israël et l’Arabie saoudite, a-t-il soutenu.

Ibish a reconnu que le prix de ce que les négociateurs appellent la « composante palestinienne significative » de l’accord de normalisation a augmenté, la comparant à une marchandise dont la valeur fluctue dans le temps tout en rejetant l’argument avancé par certains dirigeants israéliens selon lequel sa portée s’est progressivement réduite.

Il a fait remarquer que l’Arabie saoudite se considère comme le leader du monde arabe et musulman et qu’elle ne peut être perçue comme abandonnant la cause palestinienne alors que cette question est à nouveau au centre de l’attention internationale.

Selon Ibish, Israël n’aurait pas besoin d’accepter de se retirer de la Cisjordanie ni de créer immédiatement un État palestinien, mais plutôt de convenir que la création d’un État est la finalité, en renonçant au désir du mouvement des résidents d’implantations d’annexer la Cisjordanie en faveur d’une série de « mesures relativement modestes » visant à renforcer l’AP dans cette région.

Des Bahreïnis portant des pancartes anti-Israël lors d’un rassemblement dans le cadre de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas qui contrôle Gaza, à Manama, le 20 octobre 2023. (Crédit : Mazen Mahdi/AFP)

« Cela satisferait probablement Ryad, qui injecterait alors de l’argent dans l’AP dans le cadre de l’accord [de normalisation] », a déclaré Ibish.

Ce spécialiste expérimenté du Moyen-Orient a expliqué que le volet palestinien de l’accord était la question en suspens dans les pourparlers entre les États-Unis et l’Arabie saoudite avant le 7 octobre, puisque Washington et Ryad avaient résolu leurs différends sur les accords nucléaires et de défense que l’Arabie saoudite souhaite signer avec les États-Unis.

Ibish a reconnu que le bilan approximatif de la guerre, qui s’élèverait à plus de 23 000 Palestiniens à Gaza – des chiffres invérifiables qui inclut à la fois les civils et les terroristes – a « mis à l’épreuve la patience » des dirigeants arabes, dont l’Arabie saoudite, et il a estimé que les pays pourraient « atteindre leurs limites » si ces chiffres venaient à augmenter.

Cependant, il a noté que les pays signataires des Accords d’Abraham – les Émirats arabes unis et Bahreïn – n’ont pas connu de protestations significatives appelant leurs gouvernements à révoquer leurs accords de normalisation avec Israël, parce que les personnes influentes là-bas « continuent à soutenir ces accords intellectuellement, même s’ils ne les soutiennent pas d’un point de vue émotionnel ».

Quant à l’Arabie saoudite, la guerre entre Israël et le Hamas a de nouveau souligné la nécessité d’obtenir des garanties juridiquement contraignantes de la part des États-Unis, alors que l’Iran s’enhardit de plus en plus, a précisé Ibish.

« Ils voient l’Iran au bord de l’armement nucléaire et reconnaissent que la meilleure [parade] est d’avoir un accord écrit avec les États-Unis afin de résoudre le grand problème de l’imprévisibilité et du manque de fiabilité de leurs relations avec les États-Unis et si [Washington] se portera à leur défense s’ils sont attaqués. »

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