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La Norvège enquête sur les firmes impliquées dans la guerre contre le Hamas

Le président du Conseil norvégien de l'éthique déclare que la guerre a incité à enquêter sur les entreprises dans lesquelles le pays détient des actions

Le PDG d'Hydro, Svein Richard Brandtzaeg, président du Conseil d'éthique du fonds de richesse norvégien de 1 600 milliards de dollars, s'adressant aux médias lors de l'ouverture d'une nouvelle ligne automobile du producteur d'aluminium norvégien Hydro, à Grevenbroich, en Allemagne, le 4 mai 2017. (Crédit : Martin Meissner/AP Photo)
Le PDG d'Hydro, Svein Richard Brandtzaeg, président du Conseil d'éthique du fonds de richesse norvégien de 1 600 milliards de dollars, s'adressant aux médias lors de l'ouverture d'une nouvelle ligne automobile du producteur d'aluminium norvégien Hydro, à Grevenbroich, en Allemagne, le 4 mai 2017. (Crédit : Martin Meissner/AP Photo)

Le Conseil d’éthique du fonds souverain norvégien, d’une valeur de 1 600 milliards de dollars, a déclaré qu’il enquêtait pour savoir si les entreprises dans lesquelles il détenait des actions n’entraient pas dans le cadre de ses directives d’investissement autorisées, en raison de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le plus grand fonds souverain du monde, qui possède 1,5 % des actions cotées en bourse dans 8 800 entreprises, fonctionne selon des règles éthiques fixées par le Parlement. Au fil des ans, il s’est désengagé de neuf entreprises, toutes israéliennes, en raison de leurs activités dans les Territoires palestiniens.

Svein Richard Brandtzaeg, président du Conseil d’éthique, a déclaré que la guerre l’avait incité à se pencher sur la question de savoir quelles entreprises vendaient à Israël des armes utilisées dans la bande de Gaza.

Cela pourrait conduire à des désinvestissements si ces armes sont vendues à un État qui viole le droit humanitaire, conformément aux lignes directrices éthiques du fonds.

« Nous examinons cette question en raison de la gravité de la violation des normes que nous constatons », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à Reuters sans plus de détails.

Brandtzaeg n’a pas cité de noms d’entreprises ni indiqué combien d’entre elles faisaient l’objet d’une enquête, mais il a précisé qu’il pouvait s’agir « d’entreprises israéliennes et non israéliennes ».

Des troupes de la Brigade Commando opérant dans le complexe résidentiel Hamad Town, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, sur une image publiée le 25 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Le Parlement interdit au fonds d’investir dans des entreprises qui produisent des armes nucléaires, des mines terrestres, du tabac et du cannabis.

Il peut également exclure des entreprises en raison de leur conduite, par exemple leur implication dans des violations des droits de l’Homme, la corruption ou les atteintes à l’environnement.

Le Conseil d’éthique fait des recommandations à la Banque centrale, qui suit souvent ses conseils pour exclure des entreprises, mais pas toujours.

Il peut également mettre une entreprise en demeure de modifier son comportement ou demander à la direction du fonds de s’engager directement avec elle.

Les entreprises à exclure ne sont pas nommées tant que le fonds n’a pas vendu les actions.

Le Conseil d’éthique jette également un regard neuf sur les entreprises qui pourraient être impliquées dans des violations de l’éthique dans les Territoires palestiniens, a déclaré Brandtzaeg.

« En raison de la gravité de la violation des normes, Israël est aujourd’hui plus au centre de l’attention qu’auparavant », a-t-il déclaré.

Les entreprises israéliennes précédemment exclues avaient construit des routes et des maisons dans les quartiers israéliens de Jérusalem-Est et les implantations de Cisjordanie, louaient des locaux construits dans les implantations et fournissaient des systèmes de surveillance pour la barrière de sécurité érigée par Israël entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Il s’agit notamment de sociétés d’ingénierie et de construction telles que Shapir Engineering, Danya Cebus, Ashtrom Group et Electra, selon un article du Globes.

Brandtzaeg a refusé de préciser quelles entreprises faisaient l’objet d’une enquête, mais il a indiqué qu’elles étaient impliquées dans des « infrastructures ».

Le fonds détenait des investissements d’une valeur de 1,41 milliard de dollars en Israël à la fin de 2023 dans soixante-seize entreprises, selon les données du fonds, y compris des entreprises impliquées dans l’immobilier, les banques, l’énergie et les télécommunications.

Ces entreprises représentaient 0,1 % de l’ensemble des investissements du fonds.

Au total, quelque 95 entreprises sont exclues du fonds à la suite des recommandations du conseil d’éthique. Quatre-vingt-quatre autres entreprises ont été exclues directement par la banque centrale en raison de leur dépendance au charbon, le combustible fossile le plus polluant.

Brandtzaeg, ancien PDG du producteur norvégien d’aluminium Hydro, a déclaré qu’il conseillait aux entreprises de lire leurs propres lignes directrices en matière de droits de l’Homme.

« Lorsque nous examinons les entreprises qui violent les droits de l’Homme, nous constatons qu’elles ont des politiques, des déclarations, tout ce qu’il faut, mais qu’elles ne font pas ce qu’elles disent. »

« Alors, faites ce qu’elles disent », a-t-il déclaré. « Ce serait un grand pas en avant. »

La Norvège est le dernier d’une série de pays européens à réévaluer son commerce d’armes avec Israël depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes du Hamas ont envahi le sud d’Israël, tuant près de 1 200 personnes et prenant 253 otages. En réponse, Israël a lancé une vaste opération militaire visant à éliminer le groupe terroriste palestinien et à restituer tous les otages.

L’Italie a annoncé en janvier qu’elle avait interrompu ses exportations au début de la guerre, et un tribunal néerlandais a statué en février que les Pays-Bas devaient cesser de livrer à Israël des composants d’avions de combat F-35 appartenant aux États-Unis.

Toujours en février, Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’Union européenne, a exhorté les alliés d’Israël – principalement les États-Unis – à cesser d’envoyer des armes à l’État juif, car « trop de gens » sont tués à Gaza.

En revanche, le Département d’État américain a annoncé cette semaine que ses évaluations en cours montrent qu’Israël respecte le droit humanitaire international.

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