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La plus grande zone de libre-échange des EAU cherche à attirer les Israéliens

Ahmed Bin Sulayem recherche des entreprises dans les domaines de l'eau, de la sécurité informatique et de la cryptographie, alors que le commerce bilatéral continue de croître

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le PDG du Dubai Multi Commodities Centre, Ahmed Bin Sulayem, s'exprimant à la bourse de Tel Aviv, le 20 novembre 2022. (Crédit : DMCC)
Le PDG du Dubai Multi Commodities Centre, Ahmed Bin Sulayem, s'exprimant à la bourse de Tel Aviv, le 20 novembre 2022. (Crédit : DMCC)

Dans une indication du potentiel que les Émirats arabes unis voient dans leurs relations avec Israël, le chef de la plus grande zone de libre-échange des Émirats arabes unis a fait son discours devant des centaines d’entrepreneurs israéliens à Tel Aviv mardi, cherchant à faire du Dubai Multi Commodities Centre (DMCC) une maison accueillante pour les entreprises israéliennes.

« Israël est à la fois une partie prenante majeure du DMCC et l’un de nos principaux marchés cibles », a déclaré le PDG Ahmed Bin Sulayem dans un discours prononcé à la bourse de Tel Aviv.

« Ces liens se renforcent au fur et à mesure que nos deux pays s’entremêlent davantage grâce à de nouveaux projets et initiatives », a-t-il ajouté.

Actuellement, 78 entreprises israéliennes opèrent dans le DMCC. La zone de libre-échange offre une série d’avantages, notamment l’exonération d’impôt sur les sociétés, l’accès au marché du Golfe et à l’Asie, une bureaucratie minimale et une main-d’œuvre peu coûteuse en provenance d’Inde.

« Les entreprises israéliennes présentes dans le DMCC peuvent opérer en tant qu’entité locale et faire des affaires avec des pays qui ne reconnaissent pas Israël », a déclaré Sanjeev Dutta, directeur exécutif des produits de base et des services financiers au DMCC.

Les zones franches de Dubaï ont des systèmes juridiques et des lois commerciales distincts du reste du pays.

Bin Sulayem, 44 ans, a déclaré au Times of Israel qu’il considérait Israël comme un partenaire stratégique, notamment dans les domaines de la sécurité informatique et de la conservation de l’eau.

Des touristes sur un yacht passant devant un boutre traditionnel servant un dîner-croisière, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 12 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Kamran Jebreili)

Les rencontres permanentes de Bin Sulayem avec des entreprises israéliennes sont l’une des raisons pour lesquelles le DMCC – un district massif comptant plus de 75 gratte-ciel de bureaux et 100 000 personnes y vivant et travaillant – ouvre un Centre de l’eau.

« Il s’est un peu inspiré d’Aqua Index et de Watergen« , a-t-il expliqué, en faisant référence à deux entreprises israéliennes.

Aqua Index cherche à transformer l’eau en une marchandise négociable en créant un prix standard pour l’eau douce, tandis que Watergen commercialise une technologie exclusive de production d’eau à partir de l’air pour élargir l’accès à l’eau potable.

Le DMCC, qui existe depuis 20 ans, est principalement connu pour le commerce des matières premières, notamment les diamants, les métaux précieux, le café et le thé.

Des entreprises israéliennes actives dans ces domaines opèrent déjà dans la zone de libre-échange. L’Israel Diamond Exchange a ouvert un bureau dans le DMCC en février, et Bin Sulayem a tenu des réunions avec le magnat israélien des supermarchés Rami Levy et le propriétaire de Landver Coffee, Ori Federman, quelques mois avant la signature des Accords d’Abraham, en septembre 2020.

« Il y a beaucoup d’opportunités là-bas », a déclaré Dror Maoz, directeur général de GoldRock International DMCC. « Une grande partie de l’industrie du diamant s’est délocalisée là-bas. »

Maoz a ouvert son bureau dans le DMCC dans le sillage des Accords d’Abraham, citant les exonérations fiscales et les vols directs de trois heures entre Israël et Dubaï.

Mais Bin Sulayem est déterminé à attirer des entreprises israéliennes dans d’autres secteurs. « Nous sommes plus que des diamants », a-t-il insisté.

Il a déclaré qu’il était agréablement surpris par la diversité des hommes d’affaires israéliens qui ont assisté au « Road Show » du DMCC mardi.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de gens du secteur de la high-tech », a-t-il précisé, en évoquant les conversations qu’il a eues avec des entrepreneurs de crypto et d’énergies renouvelables à Tel Aviv.

L’intérêt des leaders israéliens dans ces domaines s’aligne sur les priorités du DMCC. En mai 2021, le DMCC avait lancé son Crypto Centre pour les entreprises de blockchain et de cryptographie.

Bin Sulayem a déclaré que de nombreux Israéliens, avec lesquels il s’est entretenu, arrivaient avec très peu de connaissances sur le marché des affaires des EAU et s’étaient présentés pour en apprendre davantage. « Aujourd’hui, il s’agit plus d’une orientation », a-t-il déclaré.

De gauche à droite : le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan et le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn Khalid ben Ahmed Al Khalifa, sur le balcon du salon bleu lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 15 septembre 2020, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Yossef Sara, un PDG du secteur de l’immobilier opérant aux États-Unis, a déclaré qu’il était venu pour se faire une première idée de la manière de faire des affaires à Dubaï et pour nouer de nouvelles relations.

« La plupart des personnes que j’ai rencontrées ont le même sentiment que moi », a-t-il déclaré. « Ils comprennent qu’il y a une énorme opportunité, et que Dubaï a apporté quelque chose de grand ici, en Israël. »

Sara est intrigué par la fulgurante croissance économique des Émirats arabes unis. « Ils ont de la richesse, et nous pouvons rêver. Vous voyez leurs bâtiments, c’est incroyable pour quelqu’un comme moi qui est passionné par l’immobilier. »

Selon le ministère de l’Économie, le commerce bilatéral avec les EAU a atteint près de 900 millions de dollars en 2021. Cette année – jusqu’à la fin du mois d’octobre inclus – les échanges ont dépassé les 2 milliards de dollars, hors vente de logiciels.

Les négociations de libre-échange entre les pays ont débuté en novembre 2021 et ont abouti à un accord en mai de cette année.

Bin Sulayem s’attend à ce que cette tendance positive se poursuive, en particulier avec la valeur ajoutée des Accords d’Abraham. « Il y a des vagues d’entrepreneurs », a-t-il déclaré. « Certains veulent se rendre dans un endroit qui n’est pas encore établi, que ce soit en raison des infrastructures, de la politique ou des deux. Et d’autres qui attendent que ce soit mieux établi. »

Il s’attend à voir davantage de compagnies maritimes israéliennes travailler avec le géant logistique émirati DP World, qui possède des terminaux dans 40 pays sur tous les continents, excepté l’Antarctique.

La ministre de l’Économie, Orna Barbivai, à droite, signant l’accord de libre-échange entre Israël et les EAU avec Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre d’État au Commerce extérieur des EAU, à Jérusalem. (Crédit : Gideon Sharon/GPO)

Malgré les tendances positives, il y a tout de même de nombreux défis à relever.

La mission de Bin Sulayem, d’attirer les entreprises israéliennes, ne sera pas une tache aisée. Dubaï compte à elle seule plus de 40 zones franches, chacune ayant ses propres conditions. Elles sont généralement spécifiques à un secteur, comme Dubai Internet City pour les entreprises technologiques et Dubai Science Park pour les secteurs de la santé et de la pharmacie.

Le DMCC est en concurrence avec de nombreuses autres zones franches.

La partie israélienne se heurte également à des obstacles.

Un fonctionnaire israélien, qui a demandé à rester anonyme, a reconnu que les Israéliens « n’ont aucune idée de la façon de faire des affaires là-bas ».

Le fonctionnaire a identifié d’autres défis, notamment le manque d’infrastructures financières permettant le transfert rapide d’argent d’Israël vers les EAU.

Selon Maoz, les Israéliens ont la même mentalité que les nombreux hommes d’affaires indiens avec lesquels ils traitent à Dubaï, bien qu’il existe de nombreuses différences culturelles entre les Émiratis et les Israéliens.

« Ils ont une manière différente d’aborder les affaires », a-t-il dit. « C’est plus lent, plus construit sur un lien d’amitié. »

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