La police enquête sur un acte de vandalisme dans un terrain agricole palestinien
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La police enquête sur un acte de vandalisme dans un terrain agricole palestinien

Des arbres auraient été dégradés près de l'implantation de Susya ; le nombre de crimes de haine contre des Palestiniens aurait bondi d'après un reportage télévisé

Un olivier abattu sur le site d'un crime de haine apparent dans le village de Tuwani, dans le sud de la Cisjordanie, le 8 janvier 2019 (Crédit : BTselem)
Un olivier abattu sur le site d'un crime de haine apparent dans le village de Tuwani, dans le sud de la Cisjordanie, le 8 janvier 2019 (Crédit : BTselem)

La police israélienne a fait savoir jeudi qu’on lui avait signalé que des arbres avaient été endommagés sur un terrain agricole palestinien près de l’implantation de Sussiya en Cisjordanie.

Des enquêteurs se sont rendus sur place pour réunir des preuves et ont ouvert une enquête, a indiqué la police dans un communiqué.

L’incident est survenu en pleine poussée d’actes de vandalisme et d’autres crimes haineux contre des Palestiniens en Cisjordanie.

Mercredi, des messages tagués menaçants ont été découverts dans le village d’un Palestinien arrêté en lien avec le viol présumé d’une fillette israélienne de 7 ans, avant que les charges ne soient finalement abandonnées et qu’il soit relâché.

Une inscription disant « Il faut la peine capitale pour Mahmoud Qadusa » a été peinte à la bombe dans le village de Dir Kadis, en Cisjordanie, en référence à l’ancien accusé. Les vandales ont également endommagé plusieurs voitures dans le village.

Le mois dernier, six incidents similaires contre des biens palestiniens en Cisjordanie ont été enregistrés, mais la police n’a pas encore appréhendé de suspect. Ces actes de vandalisme ont ciblé Sarta, Sinjil, Deir Istiya, Kafr Malik, Einabus et Yasuf — des villages du centre et du nord de la Cisjordanie.

Les Israéliens de droite justifient ce type de crimes en les considérant comme de représailles contre des mesures du gouvernement hostiles au mouvement des implantations. Souvent qualifiées d’attaques du « prix à payer », elles se limitent généralement à des incendies et des graffiti, mais vont parfois jusqu’à l’agression physique et même au meurtre.

Les arrestations de coupables sont extrêmement rares. Des groupes de défense des droits humains regrettent que les condamnations soient encore plus rares, puisque la majorité des charges dans de telles affaires sont abandonnées.

Un habitant masqué de Yitzhar, en Cisjordanie, lance des pierres avec une fronde, le 19 mai 2013. (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)

Mercredi, la Douzième chaîne a rapporté que le nombre de crimes de haine annuels contre des Palestiniens est en forte hausse. En 2016, 52 incidents de ce type ont été enregistrés, le chiffre est passé à 75 en 2017, puis à 205 en 2018.

Des cadres de la Défense israélienne ont indiqué à la chaîne que les crimes de haine perpétrées par les résidents d’implantation suscitaient la réaction des Palestiniens, suscitant des craintes de spirale de violences qui pourrait enflammer toute la Cisjordanie. Les attaques « prix à payer », ont souligné les officiels, sont considérés comme des actes de terrorisme.

Une source sécuritaire a noté que pour l’instant les crimes de haine ont baissé en 2019. Le reportage télévisé n’en a pas mentionné le nombre total pour cette année.

Cette même source a désigné l’implantation juive de Yitzhar, dans le nord de la Cisjordanie, comme source principale des troubles, étant souvent liée, ainsi que les avant-postes voisins, aux attaques contre les Palestiniens et leurs biens.

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