Dir Kadis : un graffiti demande la peine capitale pour le suspect de viol libéré
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Dir Kadis : un graffiti demande la peine capitale pour le suspect de viol libéré

Des voitures ont également été dégradées dans la ville natale de Mahmoud Qadusa, libéré de prison le mois dernier pour manque de preuves dans le viol d'une fillette de 7 ans

"Il faut la peine de mort pour Mahmoud Qadusa" inscrit sur un mur du village de Dir Kadis, en Cisjordanie, le 20 juillet 2019 (Autorisation : Conseil de Dir Kadis)
"Il faut la peine de mort pour Mahmoud Qadusa" inscrit sur un mur du village de Dir Kadis, en Cisjordanie, le 20 juillet 2019 (Autorisation : Conseil de Dir Kadis)

Des graffitis menaçants ont été retrouvés mercredi dans le village natal d’un Palestinien qui avait été arrêté dans une affaire de viol présumé d’une fillette israélienne de sept ans, avant que les charges ne soient abandonnées et qu’il soit libéré en conséquence.

La police a annoncé avoir ouvert une enquête sur ce crime de haine.

Une inscription disant « Il faut la peine capitale pour Mahmoud Qadusa » a été peinte à la bombe dans le village de Dir Kadis, en Cisjordanie, en référence à l’ancien accusé.

Les vandales ont également endommagé plusieurs voitures dans le village.

Le mois dernier, 12 véhicules avaient été retrouvés les pneus crevés et des slogans de haine avaient été peints sur les murs du village de Sinjil, situé à proximité.

« On leur donne du travail et ils violent », disait l’un des graffitis écrits sur le mur, une référence apparente à l’attaque présumée contre la fillette.

« Nous leur donnons du travail et ils violent ». Graffiti anti-palestinien à Sinjil, en Cisjordanie, le 24 juin 2019. (Crédit : Jamal Asfour))

Mahmoud Qadusa, agent de maintenance de 46 ans qui travaillait dans l’école que fréquente la victime présumée, a été libéré au mois de juin après avoir passé presque deux mois en détention.

L’acte d’inculpation qui avait été émis à son encontre avait été vivement critiqué en raison du manque de preuves.

Le quotidien Haaretz a fait savoir mercredi qu’aucune enquête sur d’autres éventuels suspects n’était en cours dans cette affaire de viol.

Le suspect a fait savoir au site d’information Walla, mercredi, qu’il n’avait pas été contacté par la police depuis sa libération.

Selon les accusations depuis abandonnées, à une date se situant « entre le mois de février et le mois d’avril », Mahmoud Qadusa aurait entraîné par la force la fillette depuis son école vers une habitation vacante de l’implantation, où il l’aurait violée alors que deux amis au moins immobilisaient l’enfant au sol.

Peu après une fuite de l’acte d’inculpation, la police avait été âprement critiquée pour s’être appuyée presque exclusivement sur le témoignage de la petite fille, renonçant aux preuves médico-légales en plus d’être incapable de déterminer la date exacte du crime présumé.

Les parents de la petite victime ont fourni à la police davantage de preuves qui, selon eux, attesteraient de la culpabilité de Mahmoud Qadusa, selon la Treizième chaîne. Ils auraient donné à la police une poupée nue que, selon sa mère, l’agent de maintenance palestinien avait offert à sa fille, ainsi que des dessins réalisés par l’enfant qui, toujours selon sa mère, permettaient d’identifier celui-ci comme étant son violeur.

Mahmoud Qadusa après sa libération de prison au checkpoint de Beitunia, en Cisjordanie, le 25 juin 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mois dernier, l’avocat général militaire de l’armée israélienne avait annoncé qu’il abandonnait les charges contre Mahmoud Qadusa. L’acte d’inculpation avait été dénoncé avec férocité pour son manque apparent de preuves, un fait que le procureur militaire Sharon Afek finit par reconnaître dans un communiqué transmis à la presse faisant état de l’annulation des charges.

Le communiqué affirmait que « les preuves qui sous-tendent l’inculpation ne constituent pas aujourd’hui une ‘présomption honorable de condamnation’. Selon la loi, le processus pénal ne peut donc pas se poursuivre. L’inculpation doit être abandonnée et Qadusa, libéré de détention ».

La police ne s’était rendue que deux mois après le viol présumé au domicile de la victime pour se saisir de vêtements nécessaires à une analyse ADN, avait confirmé un responsable proche de l’enquête.

Le même responsable avait également ajouté que l’enfant n’avait été capable d’identifier Mahmoud Qadusa à l’école qu’après que sa mère a désigné ce dernier du doigt, lui disant qu’il était l’homme qui l’avait violé.

De plus, un interrogatoire au détecteur de mensonges, demandé par le tribunal militaire dans des décisions successives de prolonger la détention de Mahmoud Qadusa, a eu lieu en hébreu plutôt que dans la langue natale de l’accusé, qui est l’arabe, avait-il précisé.

Jacob Magid a contribué à cet article.

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