La police intervient dans une enquête de corruption massive
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La police intervient dans une enquête de corruption massive

L’Etat a gelé les comptes de l'avocat Ronel Fisher et devrait l'inculper pour l’achat et la vente d'informations

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

L'escorte policière de l'avocat israélien Ronel Fisher  à la cour de Jérusalem, le 11 mai 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
L'escorte policière de l'avocat israélien Ronel Fisher à la cour de Jérusalem, le 11 mai 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La police a perquisitionné lundi la maison de l’avocat Ronel Fisher, gelé ses comptes bancaires et saisi son yacht et ses voitures. Le procureur devrait présenter un acte d’accusation contre le célèbre avocat au cours de la semaine.

Fisher a été arrêté en juillet suite à une enquête d’un an pour avoir vendu des informations confidentielles au dirigeant syndical d’Ashdod Port, Alon Hassan, au sujet d’une affaire de corruption contre le port. Fisher a été libéré et assigné à résidence peu de temps après l’arrestation. Il a été de nouveau arrêté en avril 2015.

L’avocat est maintenant sous le coup d’une enquête car il est soupçonné d’avoir transmis des informations à des personnes supposément criminelles concernant leurs affaires en échange de centaines de milliers de dollars. Il aurait ensuite transférer de l’argent à des policiers en échange de la clôture des enquêtes de ses clients.

L’enquête a conduit à l’arrestation de fonctionnaires de police, d’hommes d’affaires et d’autres avocats. L’ancien éditeur du quotidien Maariv, Ofer Nimrodi, faisait partie des personnes arrêtées.

On attend également du procureur d’Etat qu’il mette en accusation le policier à la retraite Eran Malka, impliqué dans l’affaire Hassan de juillet et qui aurait fourni des informations confidentielles à Fisher en échange de paiements. Malka, qui a travaillé dans l’Unité des enquêtes Lahav 433, a été interrogé avec Fisher la semaine dernière.

Un autre des complices présumés de Fisher, une ancienne procureure du district de Tel-Aviv, Ruth David, s’est évanouie vendredi avant une audience qui demandait l’extension de sa détention provisoire.
Mais la police soupçonne que c’était un faux malaise, « une tentative d’éviter l’extension de sa garde à vue », et a demandé que l’audience se déroule en son absence. Un responsable de la police a déclaré qu’il existait des preuves que David conseillait à ses clients précédents de feindre l’évanouissement.

Fisher et Malka ont également affirmé avoir subi des dépressions nerveuses pendant l’enquête.

L'avocate israélienne Ruth David, reliée à l'affaire judiciaire de l'avocat israélien Ronel Fisher est emmenée par les ambulanciers dans une ambulance à l'extérieur de la cour du magistrat à Jérusalem le 8 mai 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
L’avocate israélienne Ruth David, liée à l’affaire de l’avocat israélien Ronel Fisher, est emmenée par les ambulanciers dans une ambulance à l’extérieur de la cour du magistrat, à Jérusalem, le 8 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La récente décision prise au sujet de Fisher a également encouragé l’Unité des enquêtes de la police à présenter David avec d’autres actes d’accusation comme corruption et entrave à la justice. De nouvelles informations révélées dimanche ont mis en lumière l’implication de David dans un autre scandale, impliquant l’entrepreneur Yair Biton.

Selon la Deuxième chaîne, David a admis lors d’un interrogatoire avoir transmis des informations confidentielles à Biton et avoir même essayé de convaincre un autre avocat du district de Tel-Aviv de quitter son emploi afin d’interrompre l’enquête de Biton.

Après son évanouissement de vendredi, David a été emmenée à l’hôpital et a été libéré et placée en résidence surveillée.

Dans l’affaire contre Fisher, l’Unité des enquêtes de police et le département des affaires internes du ministère de la Justice tenteront d’utiliser les accusations portées contre Eran Malka pour le forcer à révéler des informations contre les hauts fonctionnaires de la police dans le cadre d’un accord.

Eran Malka, un ancien officier de police lié à l'affaire  de l'avocat Ronel Fisher, arrive au palais de justice à Jérusalem le 11 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Eran Malka, un ancien officier de police lié à l’affaire de l’avocat Ronel Fisher, devant le palais de justice à Jérusalem, le 11 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le bureau du procureur général a interdit tout accord avec Malka jusqu’à son inculpation. Selon les responsables, les informations que Malka pourraient offrir contre un commandant de la police ont été écartées et même les quelques autres informations supplémentaires avancées par malka contre un fonctionnaire de police à la retraite sont également douteuses.

Malka s’est adressé à la presse, lundi, pour la première fois depuis que son rôle dans l’enquête Fisher a été mis en lumière. « Je ne vais pas sortir de cette affaire. Je dois payer un prix, mais tout ira bien à la fin. »

« Que je devienne un témoin d’Etat ne figure pas à l’ordre du jour, a-t-il dit affirmé. J’ai pris la responsabilité de mes actions. Je vais payer le prix, et avec une grande bravoure. Il n’y a pas d’autres choix. »

Malka a affirmé qu’il a été « plus ou moins » pris dans l’enquête en raison de circonstances indépendantes de sa volonté. Selon Malka, il n’a pas donné d’informations à Fisher contre de l’argent. « L’argent n’est pas un problème dans cette histoire », a-t-il affirmé.

La juge Joya Skappa-Shapiro a expliqué la décision de rallonger la garde à vue de Fisher et Malka en évoquant de prétendues tentatives d’entraver l’enquête en cours.

Selon Skappa-Shapiro, les enquêteurs du ministère de la Justice se sont réunis après avoir accidentellement alerté Fisher sur le fait que son téléphone portable était sur écoute. « Il y a une frontière fine entre une consultation légitime – au cours de laquelle un suspect rencontre son avocat avant un interrogatoire – et une réunion de plusieurs personnes, dont certains sont des suspects dans la même affaire, dont le but est de coordonner les témoignages et tenter de prévenir de futures interrogatoires », a déclaré la juge.

« Il semble que, dans ce cas, la preuve indique que cette ligne a été franchie », a-t-elle conclu.

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