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La présidente de la Cour suprême accuse Amir Ohana d’inciter à l’anarchie

Dans une attaque sans précédent, Esther Hayut a fustigé l'irresponsabilité d'Amir Ohana qui a suggéré que les décisions judiciaires ne devaient pas toutes être respectées

La juge à la Cour suprême Esther Hayut lors de la conférence annuelle à l'Institute for National Security Studies (INSS) à Tel Aviv, le 29 janvier 2018. (Flash90)
La juge à la Cour suprême Esther Hayut lors de la conférence annuelle à l'Institute for National Security Studies (INSS) à Tel Aviv, le 29 janvier 2018. (Flash90)

La présidente de la Cour suprême s’est livrée jeudi à une attaque sans précédent du nouveau ministre de la Justice par intérim, l’accusant de conduire le pays à « l’anarchie » en raison de ses propos laissant entendre que les décisions judiciaires ne devaient pas toutes être respectées.

Nommé la semaine dernière par Benjamin Netanyahu pour officier jusqu’aux élections du 17 septembre, Amir Ohana avait fait cette remarque lors d’une interview télévisée avec la Douzième chaîne mercredi, après avoir officiellement pris ses fonctions dans la journée.

Quelques heures plus tard, il avait publié un communiqué clarifiant que le gouvernement devait respecter les décisions de la Haute Cour.

Esther Hayut a vivement dénoncé le ministre lors d’un discours jeudi, à l’occasion d’un événement destiné aux présidents et vice-présidents de tribunaux au kibboutz Ma’ale HaHamisha, à l’ouest de Jérusalem.

« Je vois d’un très mauvais œil un ministre de la Justice dans l’État d’Israël, qui, le jour de son entrée en fonction, décide de partager une vision sans précédent et irresponsable de la sphère judiciaire selon laquelle les décisions des tribunaux ne doivent pas toutes être respectées », a-t-elle critiqué.

« En d’autres termes, tout justiciable peut désormais – avec la bénédiction du ministre de la Justice – choisir quel verdict doit être respecté ou pas », a-t-elle ajouté. « Avec cette vision, le chemin vers l’anarchie, où chacun fait ce que bon lui semble, est court ».

Lors de l’interview, Amir Ohana, qui avait déjà publiquement critiqué les tribunaux, a cité l’exemple d’une décision de la Cour suprême en 2004 qu’il estime ne pas être digne d’être honorée. Celle-ci avait interdit à l’armée de détruire plusieurs immeubles palestiniens le long de la rue Kissufim dans la bande de Gaza.

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