Ohana précise qu’il respectera les décisions de la Cour suprême
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Ohana précise qu’il respectera les décisions de la Cour suprême

"Nous devons respecter les décisions des tribunaux", a-t-il déclaré, après avoir précédemment donné l'exemple d'une décision de 2004 qui, selon lui, n'aurait pas dû être suivie

Amir Ohana, le nouveau ministre israélien de la Justice, prêtant serment à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel / Flash90)
Amir Ohana, le nouveau ministre israélien de la Justice, prêtant serment à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juin 2019. (Yonatan Sindel / Flash90)

Amir Ohana, le ministre de la Justice nouvellement nommé, a été contraint mercredi de préciser qu’il respecterait les décisions de la Cour suprême après qu’il ait semblé indiquer dans une interview qu’il s’agissait d’une question de jugement.

Ohana, qui a été nommé la semaine dernière par le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la tête du ministère jusqu’aux élections de septembre, a été critiqué pour avoir remis en question le rôle des tribunaux.

À la suite d’un entretien avec la Douzième chaine, dans lequel il s’est expliqué sur le sujet, il a publié un communiqué précisant que le gouvernement devait respecter les décisions de la Cour suprême.

Dans l’interview, il a donné l’exemple d’une décision de la Cour suprême de 2004 qui, selon lui, n’aurait pas dû être suivie. Celle-ci refusait à l’armée de détruire plusieurs bâtiments palestiniens situés le long de la route Kissufim dans la bande de Gaza.

Les terroristes ont ensuite utilisé l’un des bâtiments comme cache afin d’assassiner Tali Hatuel, une femme israélienne enceinte, et ses quatre filles.

Des Israéliens assistent aux funérailles de Tali Hatuel, 34 ans, enceinte de quatre mois, et de ses quatre filles âgées de 2 à 11 ans, au cimetière d’Ashkelon, le dimanche 2 mai 2004. (Photo AP / Ariel Schalit)

« J’ai donné l’exemple d’un cas extrême que l’on a vu se produire », a déclaré Ohana. « Nous ne parlons pas de décisions (judiciaires) ordinaires et nous ne parlons pas de décisions avec lesquelles je me trouve en désaccord. Je parlais des cas les plus extrêmes, ceux marqués d’un drapeau noir, et qui pourraient coûter des vies. »

« Mais l’évidence même doit être rappelée : nous devons respecter les décisions des tribunaux. C’est ce que j’ai toujours fait et c’est ce en quoi je crois », a-t-il déclaré. « Israël est une démocratie qui respecte l’état de droit et restera tel quel. »

Néanmoins, le bureau du procureur général n’a pas fait l’objet du même vote de confiance que celui accordé aux tribunaux, avertissant qu’il craignait que la Cour n’encadre son rôle.

« Je suis mentalement préparé à cela. J’espère que cela ne se produira pas, je pense que cela ne se produira pas, mais je me prépare à cette éventualité », a-t-il déclaré.

Plus tôt cette semaine, lors du discours où il a prêté serment en tant que ministre, Ohana a déclaré que le système de justice israélien était « le moins démocratique » des trois branches du gouvernement israélien et s’est engagé à chercher des solutions qui, selon lui, conduiraient à l’instauration d’un système judiciaire plus équilibré.

Dans un discours prononcé devant l’Ordre des avocats israéliens – son premier discours depuis son entrée en fonction la semaine dernière –, Ohana a déclaré : « Quiconque souhaite un système judiciaire solide – tout ce qui est préférable pour le système judiciaire – doit être prêt à le critiquer, et la critique signifie aussi une volonté de changement. »

« Peut-on vraiment prétendre que, par la manière dont les juges sont nommés, nous obtenions le pluralisme nécessaire ?», a-t-il déclaré. « Pouvons-nous ignorer le sentiment de fracture croissante du public envers les termes ‘loi’ et ‘justice’ ? »

« Je ne vois qu’une branche [du gouvernement] à ne pas avoir de freins et de contrepoids », a-t-il ajouté.

Mais alors que Ohana semblait vouloir donner le ton à son mandat – et peut-être même à celui de son parti du Likud s’il conserve le portefeuille –, il paraissait peu probable qu’il puisse promulguer lui-même des changements de politique de grande portée. Netanyahu ne l’a nommé que comme remplaçant, après avoir limogé Ayelet Shaked la semaine dernière.

Ayelet Shaked s’exprimant lors de sa cérémonie d’adieu, dans les locaux du ministère de la Justice à Jérusalem, le 4 juin 2019. (Hadas Parush / Flash90)

Avec les nouvelles élections de septembre – et le portefeuille de la Justice faisant partie des plus convoités dans les négociations de coalition –, il est peu probable qu’Ohana se maintienne à ce poste plus que quelques mois. Il ne dispose ainsi que de peu de moyens dans ce gouvernement intérimaire afin d’apporter des changements radicaux.

Avocat de formation, Ohana était le premier homme politique ouvertement homosexuel d’un parti de droite à être élu à la Knesset en 2015. Suite à sa nomination, il est devenu le premier ministre ouvertement homosexuel de l’histoire d’Israël.

Ohana est l’un des seuls membres éminents du Likud à avoir publiquement soutenu l’action de Netanyahu visant à obtenir l’immunité dans les poursuites auxquelles il fait face. Plus tôt cette année, il a critiqué les autorités judiciaires suite aux enquêtes visant Netanyahu, les accusant d’usurper la volonté des électeurs israéliens après qu’elles aient annoncé leur intention de poursuivre le Premier ministre.

Netanyahu est soupçonné de corruption dans trois affaires. Il est accusé d’avoir reçu des cadeaux de la part d’amis fortunés dans une affaire, et d’avoir proposé des contreparties en échange d’une couverture médiatique positive dans deux autres affaires.

Le Premier ministre a longtemps accusé la police, les médias, les autorités judiciaires et les partis de gauche de mener une chasse aux sorcières à son encontre, et a nié tout acte répréhensible.

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