Amir Ohana : la branche judiciaire est la « moins démocratique » de l’Etat
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Amir Ohana : la branche judiciaire est la « moins démocratique » de l’Etat

Dans son tout premier discours, le ministre de la Justice a juré de poursuivre des réformes - même si sa capacité à les mener en tant que ministre intérimaire sont douteuses

Le député du Likud Amir Ohana lors de son premier discours au poste de ministre de la Justice devant l'Association du barreau israélien à Jérusalem, le 10 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le député du Likud Amir Ohana lors de son premier discours au poste de ministre de la Justice devant l'Association du barreau israélien à Jérusalem, le 10 juin 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le nouveau ministre de la Justice Amir Ohana a déclaré lundi que le système judiciaire israélien était le « moins démocratique » des trois branches de l’Etat, promettant de poursuivre des changements qui, selon lui, entraîneront un système plus équilibré – même si sa marge de manœuvre pour mener de telles réformes reste douteuse.

Dans un discours prononcé lors d’un événement organisé par l’Association du barreau israélien – son tout premier depuis sa prise de fonctions la semaine dernière – Ohana a déclaré que « ceux qui veulent un système judiciaire fort, ceux qui veulent ce qui est le mieux pour la justice – doivent être prêts à le critiquer. Et la critique implique également le changement ».

« Peut-on vraiment affirmer que la manière dont les juges sont désignés permet le pluralisme nécessaire ? », a-t-il interrogé. « Pouvons-nous ignorer le sentiment du public, qui est celui d’un gouffre croissant entre les termes ‘loi’ et ‘justice’ ? »

« Je constate ici qu’une seule branche de l’Etat est dépourvue de l’équilibre des pouvoirs et interdit son accès à des gens qui pourtant le méritent », a-t-il asséné.

Il a déclaré que le système judiciaire est « la moins démocratique des trois branches de l’Etat. Ceux qui y siègent n’ont pas à répondre de leurs décisions et ne se présentent pas devant la population pour demander et recevoir – ou se voir refuser – sa confiance ».

Mais il a indiqué que les changements nécessaires ne seraient pas possibles « tant que nous plierons devant les cris rabattus de ‘fin de la démocratie’, ‘d’effondrement de l’Etat de droit’ lorsqu’on évoque seulement le changement du statu-quo ».

Il a expliqué que sous sa direction, « il y aura des conflits, il y aura des différences d’opinion : nous les prendrons en charge avec sérénité, pondération et bienveillance. Mais nous réparerons ce qui doit être réparé ».

Mais tandis qu’Ohana a paru avoir l’intention de donner le ton de son mandat – et peut-être celui du parti du Likud s’il devait conserver ce portefeuille – il semble improbable qu’il soit en mesure de faire adopter lui-même des réformes majeures. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a nommé par intérim après avoir limogé Ayelet Shaked, la semaine dernière.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une allocution aux médias à l’hôtel Orient de Jérusalem, le 30 mai 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Avec de nouvelles élections au mois de septembre, alors que le ministère de la Justice est l’un des plus convoités dans les négociations de coalition, Ohana ne devrait pas rester au poste plus de quelques mois, et disposera difficilement du mandat ou des moyens nécessaires pour réaliser des changements importants au sein de ce gouvernement par intérim.

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