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La Russie demande à Israël de cesser ses frappes « inacceptables » en Syrie

Pour la deuxième fois en quelques semaines, Moscou critique Israël pour ses violations "de la souveraineté syrienne" et demande un arrêt "sans condition" des attaques aériennes

Des dégâts commis dans une structure suite à une attaque aérienne attribuée à Israël à al-Hamidiyah, en Syrie, le 2 juillet 2022. (Crédit :  Réseaux sociaux)
Des dégâts commis dans une structure suite à une attaque aérienne attribuée à Israël à al-Hamidiyah, en Syrie, le 2 juillet 2022. (Crédit : Réseaux sociaux)

Moscou a condamné, lundi, une frappe aérienne qui aurait été commise par Israël à proximité d’un bastion russe en Syrie pendant le week-end, affirmant que les campagnes de l’armée de l’air israélienne en Syrie étaient « catégoriquement inacceptables » et réclamant leur arrêt.

« Nous condamnons avec fermeté ces actions irresponsables qui violent la souveraineté de la Syrie et les standards fondamentaux du droit international, et nous exigeons qu’elles cessent sans condition préalable », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

La rare frappe menée samedi alors qu’il faisait déjà jour a visé une zone proche de la ville syrienne d’al-Hamidiyah, au sud de Tartous, où se trouve la principale base navale russe dans la région. Deux civils ont été blessés et des infrastructures civiles ont essuyé des dégâts importants, a précisé Moscou.

La Syrie a attribué la responsabilité de cette frappe à Israël, elle aussi, même si l’armée israélienne n’a pas réagi, conformément à sa politique mise en place qui est de ne pas commenter généralement des actions spécifiques en Syrie.

Israël a mené des centaines d’attaques contre des cibles en Syrie au fil des années – des attaques qu’elle ne reconnaît que rarement et dont elle ne discute pas.

L’État juif, dans le passé, a indiqué avoir pris pour cible des bases des milices alliées à l’Iran, comme le groupe terroriste libanais du Hezbollah dont les combattants sont également déployés en Syrie. Il a aussi visé des livraisons d’armes à destination des différents groupes mandataires de Téhéran dans la région.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme, un groupe d’opposition aux sources de financement indéterminées dont le siège se trouve au Royaume-Uni, a indiqué que la frappe de samedi avait pris pour cible des armements destinés à l’organisation terroriste du Hezbollah au Liban. Une affirmation qui n’a pas été confirmée par d’autres groupes.

Citant une source militaire, l’agence de presse syrienne SANA, qui dépend de l’État, a fait savoir que les missiles avaient été lancés samedi par des avions de chasse qui survolaient la méditerranée à l’Ouest de la ville libanaise de Tripoli vers la ville syrienne d’al-Hamidiyah, au sud de Tartous.

Tandis que les attaques israéliennes ont généralement lieu la nuit, la frappe de samedi s’est déroulée aux environs de 6 heures 30 du matin alors qu’il faisait déjà jour, selon SANA.

L’agence a ajouté que l’attaque aérienne avait visé des exploitations de volailles, entraînant des dégâts, et que deux civils ont été blessés.

La Syrie affirme souvent que les cibles des raids israéliens sont des sites non-militaires.

Une vidéo diffusée par SANA a montré des décombres sur le site qui aurait été pris pour cible.

Les frappes israéliennes ont continué dans l’espace aérien syrien, contrôlé par la Russie, alors même que les liens avec Moscou se sont détériorés, ces derniers mois. Les désaccords avec Moscou ne cessent de s’élargir avec un soutien de plus en plus appuyé apporté par Jérusalem à l’Ukraine. Israël cherche toutefois à conserver sa liberté d’action dans le ciel syrien.

Le mois dernier, l’aviation israélienne avait bombardé l’aéroport de Damas situé dans le sud de la capitale syrienne, endommageant les bâtiments et mettant les pistes d’atterrissage hors service. Une attaque qui avait suivi des accusations lancées par Israël qui avait affirmé que l’Iran utilisait des vols civils à destination de la Syrie pour faire entrer clandestinement des armes en direction du Hezbollah.

La Russie avait émis, à ce moment-là aussi, une dure condamnation, demandant la fin de ces frappes « violant la souveraineté syrienne. »

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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