La vitamine D aiderait le corps à combattre le coronavirus – étude
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La vitamine D aiderait le corps à combattre le coronavirus – étude

La vitamine du soleil agit comme un stéroïde, affirme une chercheuse qui recommande de sortir profiter des rayons du soleil ; une autre scientifique appelle à la prudence

Une femme profite du soleil, source de vitamine D (Crédit : iStock)
Une femme profite du soleil, source de vitamine D (Crédit : iStock)

De bons niveaux de vitamine D, la vitamine dite « du soleil », aideraient le corps humain à réduire plus rapidement et de manière efficace les probabilités de développement d’une forme grave de la COVID-19, diminuant les risques d’hospitalisation des malades, ont conclu des chercheurs israéliens.

D’autres scientifiques, pour leur part, ont recommandé la prudence face à de telles conclusions, estimant que d’autres facteurs pourraient être impliqués.

Milana Frenkel-Morgenstern de l’université Bar-Ilan a déclaré dimanche au Times of Israel que la vitamine D agissait « comme un stéroïde » après la publication de ce qui, selon elle, est l’étude la plus large dans son genre dans le monde, avec un important échantillonnage de participants.

Elle a collaboré à cette étude qui avait été conjointement entreprise avec la Koupat holim Leumit pour établir le bien-fondé de certaines suggestions entendues pendant la pandémie, qui portaient sur l’utilité de la vitamine D dans la lutte contre la COVID-19.

Son équipe a étudié un échantillon de 7 807 Israéliens dépistés au coronavirus. Les chercheurs ont découvert que chez les personnes dont les résultats étaient négatifs à la COVID-19, les taux de vitamine D dans le sang se trouvaient dans la moyenne « adéquate » des normes internationales et que celles qui étaient testées positives au virus tombaient dans la catégorie « inadéquate ».

Un niveau de vitamine D de moins de 20 nanogrammes par millilitre de sang est considéré comme inadéquat.

Frenkel-Morgenstern a déclaré que les personnes figurant dans son échantillon et qui avaient été dépistées négatives se trouvaient, en moyenne, dans la fourchette considérée comme « adéquate », avec un niveau de vitamine D s’élevant à 21 nanogrammes par litre de sang.

Ceux qui avaient été testés positifs se trouvaient pour leur part et en moyenne au seuil de 19 nanogrammes par millilitre de sang.

Un employé du Magen David Adom portant une combinaison de protection avec un malade aux abords de l’unité de coronavirus du centre médical Ziv de Safed, le 19 juillet 2020 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Et les malades qui avaient été ensuite hospitalisés après avoir été dépistés présentaient un niveau inférieur de vitamine D : 17 nanogrammes par millilitre de sang.

L’étude, qui a été relue par les pairs des scientifiques et qui a été publiée dans le FEBS Journal, a comparé les personnes ayant eu un résultat de test au coronavirus négatif à celles testées positives et ensuite hospitalisées, remarquant une différence nette dans le niveau de vitamine D.

Frenkel-Morgenstern a indiqué que les Israéliens âgés de 50 ans et plus ayant pris part à l’enquête avaient deux fois plus de probabilités d’être hospitalisés des suites de la COVID-19 si leur niveau de vitamine D était bas, en comparaison avec les personnes appartenant à la même catégorie d’âge mais affichant un taux adéquat de vitamine D dans le sang.

Les malades de 25 à 49 ans présentant un niveau de vitamine D bas ont 1,45 fois plus de risque d’être hospitalisés des suites du coronavirus que les autres personnes appartenant à leur catégorie d’âge, a-t-elle continué.

Illustration de la toute nouvelle recherche israélienne sur la vitamine D et le coronavirus (Autorisation : Milana Frenkel-Morgenstern )

Un taux de vitamine D inférieur au niveau recommandé – on parle alors de « déficience » ou, ce qui est moins grave, « d’insuffisance » – est très commun. Selon les estimations, un milliard de personnes, dans le monde entier, présenterait une déficience en vitamine D et 50% de la population mondiale une insuffisance. Frenkel-Morgenstern note que sa recherche laisse entendre qu’environ 70% des Israéliens présenteraient un manque en vitamine D.

Frenkel-Morgenstern, qui est à la tête du laboratoire de bio-informatique des maladies complexes au sein de l’université Bar-Ilan, a affirmé ne pas penser que la vitamine D pouvait empêcher une contamination au coronavirus mais être par ailleurs convaincue que cette dernière serait en mesure de stimuler les capacités du corps à combattre l’infection.

Elle a expliqué que ses résultats reflétaient le fait que la vitamine D avait pu aider des personnes atteintes par le virus à ne développer que des formes relativement légères de l’infection, sans qu’une hospitalisation soit nécessaire, citant également l’exemple d’autres personnes qui avaient pu se débarrasser du virus avant même d’être dépistées.

Frenkel-Morgenstern a dit qu’il était urgent, alors que la pandémie s’est abattue sur le pays, que les Israéliens renforcent leur taux de vitamine D dans le sang.

Elle a affirmé que ses conclusions devaient aider à orienter les politiques publiques, ajoutant que, de manière ironique, les confinements entraînés par le coronavirus et la culture des citoyens qui évitent les sorties non-nécessaires ont pu contribuer aux mêmes niveaux bas de vitamine D qui placent par ailleurs les personnes dans une situation de risque.

Normalement, la plus grande partie de la vitamine D s’absorbe par la peau, à partir des rayons du soleil.

« Le problème, aujourd’hui, c’est que les gens restent à l’intérieur ou dans des voitures toute la journée, qu’ils ne vont pas sur les plages, qu’ils ne s’exposent pas au soleil », a-t-elle déploré, ajoutant qu’elle pensait que la meilleure chose à faire était de s’assurer de passer du temps à l’extérieur.

Milana Frenkel-Morgenstern, cheffe du laboratoire de bio-informatique des maladies complexes au sein de l’université Bar-Ilan (Autorisation : université de Bar-Ilan)

Elle a affirmé que les autorités devaient prendre en compte les besoins en vitamine D lors de restrictions futures et éviter de fermer les espaces publics en plein air, comme les réserves naturelles et les plages, comme cela était arrivé pendant le confinement du mois de mars et du mois d’avril.

« C’est pour ça qu’il est tellement important de ne pas fermer les plages lors d’un confinement futur », explique-t-elle. « Les gens doivent pouvoir aller au soleil, à la mer ».

Il y a des suggestions croissantes à l’international qui laissent entendre qu’un bon taux de vitamine D – longtemps considéré comme à l’origine de bénéfices en termes de santé – aiderait les malades à combattre le coronavirus.

Une étude récemment publiée en Allemagne a conclu qu’il fallait accorder « bien plus d’attention à l’importance du statut de la vitamine D pour le développement et pour le cours de la maladie ».

L’échantillon retenu pour l’étude a consisté en 782 personnes testées positives au coronavirus et en 7025 personnes dépistées négatives, qui étaient toutes adhérentes des services de Leumit, une assurance-santé.

Leumit a été impliqué dans le processus de recherches et le dirigeant de son département de gestion des soins, Eugene Merzon, a estimé que l’étude résistait à l’examen « même après certains ajustements en termes d’âge, de genre, de statut socio-économique et de maladies chroniques, mentales et physiques ».

Mais Ella Sklan, qui dirige le laboratoire de virologie moléculaire de l’université de Tel Aviv et qui n’a pas pris part à l’étude, a déclaré au Times of Israel qu’elle conseillait de garder un certain recul face à cette recherche.

Elle a expliqué que la vitamine était bonne pour le système immunitaire et qu’elle-même recommandait vivement à sa mère d’en prendre, mais que les études mettant en exergue ses bénéfices contre le coronavirus étaient susceptibles également de refléter d’autres variables. Sklan a donné l’exemple de l’activité physique, disant qu’une personne présentant un taux élevé de vitamine D pouvait faire davantage d’exercice que les autres – des exercices ayant un impact sur l’état de santé.

« On voudrait trouver quelque chose de l’ordre de la magie qui changerait immédiatement la vie, mais, personnellement, je ne veux pas m’appuyer sur ce type de pensée magique », a commenté Sklan.

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