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La Women’s march condamne l’antisémitisme mais soutient Sarsour et Mallory

Un communiqué du groupe dit "ne pas soutenir" les propos de Louis Farrakhan après le refus de l'actrice Alyssa Milano de participer à la manifestation

Tamika Mallory, à droite, co-présidente de la Women's march à Washington, durant un entretien avec les co-présidentes Carmen Perez, à gauche, et Linda Sarsour, le 9 janvier 2017 (Crédit : AP Photo/Mark Lennihan)
Tamika Mallory, à droite, co-présidente de la Women's march à Washington, durant un entretien avec les co-présidentes Carmen Perez, à gauche, et Linda Sarsour, le 9 janvier 2017 (Crédit : AP Photo/Mark Lennihan)

Le mouvement américain de la Women’s March a affirmé que ses responsables « rejettent l’antisémitisme sous toutes ses formes », ajoutant néanmoins que le groupe continuera à défendre ses dirigeantes, Linda Sarsour et Tamika Mallory, qui ont été accusées de soutenir les idées de Louis Farrakhan.

Le communiqué a été posté vendredi sur les réseaux sociaux après une déclaration faite par l’actrice et militante Alyssa Milano, qui a récemment expliqué qu’elle ne prendrait pas la parole lors de la prochaine Women’s March si l’événement devait être organisé par Sarsour et Mallory, qui n’ont pas souhaité condamner Farrakhan.

Le leader du mouvement Nation of Islam tient, depuis des dizaines d’années, des propos antisémites et racistes, comparant encore jusqu’à récemment les juifs à des termites et écrivant au mois de mars sur Twitter que les juifs « ont le contrôle » du FBI.

L’actrice juive Debra Messing s’est jointe à Milano, dénonçant les deux dirigeantes de la Women’s March.

« Nous reconnaissons le danger d’une rhétorique de haine de la part de personnalités publiques. Nous voulons dire avec force que nous ne soutenons ni n’approuvons les déclarations faites par le pasteur Louis Farrakhan au sujet des femmes, des juifs et des communautés LGBT », a précisé le communiqué de la Women’s March.

Dans ses commentaires au sujet du groupe, Milano a indiqué qu’elle attendait spécifiquement une condamnation de Farrakhan de la part de Mallory et Sarsour.

L’actrice Alyssa Milano durant un meeting de campagne pour la candidate démocrate Katie Porter en Californie, le 6 novembre 2018 (Crédit : AP/Chris Carlson)

Mallory est co-présidente de la Women’s March et Sarsour fait partie de son conseil d’administration. Mallory a fait l’éloge de Farrakhan et elle a assisté à des événements qu’il a organisés, notamment à un au cours duquel il a affirmé que les juifs contrôlaient les médias, Hollywood et le Mexique.

Dans son communiqué, l’organisation a accusé le camp de la droite de tenter de créer des divisions entre les divers groupes de femmes.

« Il est important de se souvenir que de nombreuses personnes à droite sont ravies d’utiliser tous les outils disponibles pour diviser et saper notre mouvement – un mouvement qui a inspiré la #WomensWave à laquelle nous avons assisté cette semaine lors des élections de mi-mandat », a dit le communiqué.

Le communiqué prend ensuite la défense de Sarsour et Mallory.

« Nos femmes de couleur dirigeantes de la Women’s March ont mis en péril leur sécurité pour construire une stratégie directe et audacieuse d’action qui s’attaque à la réelle menace contre nos communautés et contre notre pays – la menace du nationalisme blanc qui est attisé par le racisme anti-noir et par l’antisémitisme », a-t-il continué.

Louis Farrakhan prononce un discours lors du « Saviours’ Day » de la Nation de l’Islam à Chicago le 25 février 2018. (Crédit capture d’écran YouTube)

« Nous savons tous quelle est la cause réelle de la violence et de l’oppression dans nos communautés. Elle est illustrée et inspirée par la rhétorique vile émanant de l’administration Trump et des membres du parti républicain », a poursuivi le communiqué du mouvement.

La Women’s March a programmé un nouveau défilé à Washington le 19 janvier 2019.

Milano avait critiqué Mallory et Sarsour dans un article au début du mois, dans le journal The Advocate, les accusant de ne pas prendre leurs distances par rapport à Farrakhan, qui tient de manière répétée des propos homophobes et transphobes.

« A chaque fois que l’on observe du sectarisme ou de l’antisémitisme, il faut le dénoncer et s’en occuper », avait déclaré Milano. « Je suis déçue que les organisatrices de la Women’s March ne l’aient pas fait ».

Au début de l’année, Mallory avait été critiquée parce qu’elle n’avait pas réagi lorsque Farrakhan avait déclaré, lors d’un événement auquel elle assistait, que « les juifs puissants sont mes ennemis ». Sarsour avait défendu Mallory.

« Je ne vais pas rester les bras croisés pendant qu’une femme noire, forte, engagée, qui risque sa vie pour dire des vérités et organiser des mobilisations est interrogée, réprimandée et agressée », avait écrit Sarsour sur Facebook. « Je me tiens aux côtés de Tamika Mallory jour après jour, avec chaque parcelle de mon corps parce qu’elle a en elle ce dont nous avons besoin maintenant pour gagner ».

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