L’ADN du terroriste du centre AMIA identifié ?
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L’ADN du terroriste du centre AMIA identifié ?

Le parquet argentin cherche à associer un profil génétique “qui n’appartient à aucune victime connue” à celui de membres de la famille d’Ibrahim Berro

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)
Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (centre AMIA) à Buenos Aires, le 18 juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Des traces d’ADN prélevées sur les lieux d’un attentat contre le centre communautaire juif AMIA de Buenos Aires en 1994 et qui viennent d’être analysées pourraient fournir un lien définitif avec le terroriste kamikaze, Ibrahim Berro, terroriste du Hezbollah qui a perpétré l’attentat et dont le corps n’a jamais été retrouvé ni identifié.

La découverte a été annoncée lundi par l’unité d’enquête spéciale AMIA du parquet argentin, deux semaines avant le 23e anniversaire de l’attentat qui a fait 85 morts et des centaines de blessés.

Le rapport final, après deux ans d’enquête de l’équipe médico-légale, révèle pour la première fois l’existence d’un profil génétique parmi les restes humains conservés par le laboratoire de la police fédérale qui « n’appartient à aucune victime connue ».

Avec cette information, le parquet a avancé « dans le domaine de la coopération internationale pour tenter de faire correspondre le profil obtenu avec celui d’échantillons de membres de la famille de l’individu suspecté. »

Ibrahim Hussein Berro, photographie non datée. (Crédit : autorisation)
Ibrahim Hussein Berro, photographie non datée. (Crédit : autorisation)

En 2005, le procureur spécial Alberto Nisman avait identifié Berro comme étant le terroriste qui a perpétré l’attentat. Les frères de Berro ont démenti son implication, affirmant qu’il avait été tué en combattant au Liban. Certains journalistes argentins ont également mis en doute l’accusation.

En mai 2016, Loretta Lynch, qui dirigeait alors le département américain de la Justice, et James Comey, qui était le directeur du FBI, ont rencontré à Washington, D.C., le ministre argentin de la Justice, Germán Garavano, et proposé une aide technique pour aider la justice argentine sur les enquêtes sur l’attentat de l’AMIA et sur le décès de Nisman.

Les procureurs Sabrina Namer, Roberto Salum et Leonardo Filippino dirigent l’unité d’enquête spéciale AMIA depuis que Nisman, leur prédécesseur, a été découvert mort dans son appartement en janvier 2015, quelques heures avant une audition devant le Congrès. Nisman était sur le point de présenter ses conclusions, et d’accuser la présidente d’alors, Cristina Fernandez de Kirchner, d’avoir orchestré un accord secret pour masquer le rôle présumé de responsables iraniens dans l’attentat de l’AMIA.

Fernandez a démenti les accusations et des juges ont clôturé le dossier. Il a été rouvert il y a un an, mais aucune conclusion n’a encore été annoncée.

Alberto Nisman pendant une conférence de presses à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)
Alberto Nisman pendant une conférence de presses à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

Les deux années de travail sur l’ADN ont été menées par l’équipe médicolégale anthropologique d’Argentine, le Corps médico-légal et l’université de Buenos Aires. La même équipe avait identifié il y a un an la victime numéro 85 de l’attentat.

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