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L’AP n’a reçu que la moitié des promesses d’aide en 2015

En 2014, les Palestiniens avaient reçu environ 1,1 milliard de dollars ; Les aides représentent 37 % du budget de l'AP

Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne. (Crédit : capture d'écran Youtube)
Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne. (Crédit : capture d'écran Youtube)

L’Autorité palestinienne n’a reçu en 2015 qu’un peu plus de la moitié du 1,2 milliard de dollars d’aide promise par les donateurs internationaux pour maintenir à flot l’entité censée préfigurer un Etat indépendant, a annoncé son Premier ministre mardi.

« Seulement 685 millions de dollars (ont été) versés sur 1,2 milliard de dollars promis », a dit Rami Hamdallah dans un communiqué publié à l’issue du conseil hebdomadaire des ministres.

Le gouvernement avait prévenu dès les premiers jours de 2016 que l’année serait placée sous le signe de l’austérité et de la rationalisation des dépenses face à la crise financière qui frappe l’Autorité et qui se double d’une crise politique.

En 2014, les Palestiniens avaient effectivement reçu environ 1,1 milliard de dollars.

Pour 2016, le gouvernement a voté un budget de 4,25 milliards de dollars, comptant sur 2,86 milliards de recettes, fiscales et non fiscales.

Depuis cinq ans, le montant de l’aide internationale a quasiment été divisée par deux. Elle continue cependant à représenter 37 % du budget de l’Autorité.

Le reste se divise entre les taxes collectées pour le compte de l’Autorité par Israël (42 %) – qui peuvent être un levier utilisé par Israël en représailles – et celles qu’elle collecte elle-même (21 %).

La marge de manœuvre pour augmenter ces dernières est limitée étant donné le chômage et la pauvreté sévissant dans les Territoires, où la croissance ne devrait pas dépasser 3 % cette année.

Pour combler son déficit estimé à 1,5 milliard de dollars, l’Autorité palestinienne emprunte tous les ans à des banques et compte sur des arriérés provenant du secteur privé et sur un fonds de pension.

Hamdallah a assuré que la direction palestinienne était « sous blocus économique à cause de ses positions politiques et de sa détermination à faire avancer la cause de son peuple ».

Près de la moitié des dépenses de l’Autorité palestinienne sont consacrées aux salaires des 180.000 fonctionnaires.

Des grèves ont régulièrement lieu dans le service public pour réclamer de meilleurs salaires. Cette semaine, les instituteurs ont débrayé à travers la Cisjordanie.

L’aide humanitaire aux Palestiniens menacée par la « concurrence » dans la région

Les immenses besoins en aide humanitaire créés par les conflits en Syrie et au Yémen constituent une « concurrence » pour la levée de fonds en faveur des réfugiés palestiniens, a déploré l’ONU mercredi à Ramallah, en Cisjordanie.

Une responsable palestinienne a averti quant à elle que tout manque d’aide pourrait voir la situation « exploser » dans les territoires palestiniens.

Selon Bo Schack, représentant à Gaza de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les conflits au Yémen, en Syrie et ailleurs au Moyen-Orient pourraient provoquer une baisse des dons pour les Palestiniens.

« C’est vrai qu’il y a une sérieuse concurrence, et qu’il y a des problèmes avec les négociations (palestiniennes) et l’absence de développement », a déclaré M. Schack lors d’un appel à lever 571 millions de dollars pour les Palestiniens à Gaza, Jérusalem-Est et en Cisjordanie en 2016.

Le responsable de l’ONU fait notamment référence aux négociations, sans résultat concret, visant à la réconciliation entre les mouvements rivaux du Fatah — qui gère la Cisjordanie– et du Hamas — le groupe terroriste qui contrôle la bande de Gaza.

Certains pays craignent que les fonds octroyés aux Palestiniens ne soient mal gérés alors que d’autres pays ont redirigé une partie de leurs budgets d’aide vers la crise des réfugiés en Europe.

M. Schack a mis en lumière la menace d’une nouvelle crise de financement en faisant allusion à 2015, lorsque l’agence a failli ne pas ouvrir ses écoles pour les réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie et au Liban.

Il a néanmoins estimé que « l’engagement et l’importance de faire face à la situation demeurent plus forts que jamais parmi les donateurs ».

Selon Dana Erekat, fonctionnaire au ministère palestinien des Finances, la baisse du financement pour le développement et de l’aide budgétaire pourrait avoir de graves conséquences.

« Si nous ne répondons pas aux besoins de ces (Palestiniens), la situation va exploser comme dans le reste de la région », a-t-elle averti. « C’est pourquoi le soutien des donateurs en ce moment est vraiment crucial ».

L’appel de l’ONU vise à répondre à la grave crise humanitaire, en particulier dans la bande de Gaza.

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