Lapid appelle à un gouvernement de consensus, un « acte de foi »
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Lapid appelle à un gouvernement de consensus, un « acte de foi »

Le chef de Yesh Atid a détaillé, dans un post Facebook, la constitution d'une coalition minoritaire formée en rotation avec Naftali Bennett, chef de Yamina

Le chef du parti israélien Yesh Atid, Yair Lapid, lors d'une interview à la "Conférence des influenceurs" de la Douzième chaîne d'information, à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)
Le chef du parti israélien Yesh Atid, Yair Lapid, lors d'une interview à la "Conférence des influenceurs" de la Douzième chaîne d'information, à Jérusalem, le 7 mars 2021. (Crédit : GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Vingt-quatre heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été officiellement chargé de mettre en place un gouvernement, le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a vivement recommandé aux chefs de partis de l’ensemble du spectre politique de se livrer à « un acte de foi » en acceptant de former un « gouvernement de consensus national » à la place de celui qui pourrait éventuellement être dirigé par Netanyahu.

Dans une déclaration relayée sur Facebook, Lapid a admis que « la première phase n’a pas joué en notre faveur. Netanyahu a reçu en premier le mandat visant à former un gouvernement ».

Lors des consultations qui ont eu lieu lundi avec le président Reuven Rivlin, Netanyahu a été recommandé par les représentants de 52 députés – soit un nombre plus important que n’importe quel autre candidat, mais qui ne garantit pas une majorité à la Knesset, forte de 120 sièges. Yamina, avec sept sièges, a avancé le nom de son dirigeant, Naftali Bennett, pour le poste de Premier ministre – la formation a été la seule à le faire. Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, a bénéficié de 45 recommandations. De leur côté, Tikva Hadasha, Raam et la Liste arabe unie – qui représentent 16 sièges à eux tous – n’ont pas recommandé de candidat à la fonction de chef de gouvernement.

Mais malgré ce revers, Lapid a expliqué que « cela ne signifie aucunement que nous allons arrêter de travailler. L’objectif était – et il est toujours – le même : la formation d’un gouvernement de consensus national ».

Lapid a confirmé, lundi, qu’il avait offert à Bennett, de Yamina, d’assumer le premier le poste de Premier ministre dans le cadre d’un gouvernement où les deux hommes prendraient la fonction en rotation, mais que les deux parties ont été, jusqu’à présent, dans l’incapacité de trouver un accord.

Dans sa publication de mercredi, il a détaillé quels seraient les partis qui, espère-t-il, pourraient rejoindre un tel gouvernement, rejetant l’idée d’un gouvernement de gauche ou de droite.

« Dans le gouvernement que nous tentons de mettre en place, il y aura trois formations de droite (Yamina, Tikva Hadasha et Yisrael Beytenu), deux partis centristes (Yesh Atid et Kakhol lavan) et deux partis sionistes de gauche (le parti Travailliste et le Meretz) », a écrit Lapid.

Les leaders de parti posent pour une photo de groupe après la cérémonie de prestation de serment de la 24è Knesset, avec, de gauche à droite, la présidente de la Cour suprême Esther Hayut, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de la Knesset Yariv Levin, le 6 avril 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Ces partis détiennent 58 sièges et ils ne pourraient donc former qu’un gouvernement minoritaire, qui dépendrait d’au moins trois députés d’autres formations – peut-être des factions arabes qui ne voteraient alors pas son renversement.

Notant les différences idéologiques entre les partis, Lapid a déclaré que « cela signifie bien que personne n’obtiendra absolument tout ce qu’il désire », tout en soulignant que « cela sera le gouvernement des Israéliens inquiets. Le gouvernement de tous ceux qui pensent qu’en ce moment, il est bien plus important de se préoccuper des revenus qui permettent de vivre, et de la paix au sein de la société israélienne ».

« La suspicion ne nous mènera nulle part. Nous devons faire ‘un acte de foi’. Construire un gouvernement basé sur le fait que nous pensons que les autres, ceux qui pensent différemment, veulent également faire le bien ici », a-t-il poursuivi.

Dans un message adressé aux dirigeants des différents partis, Lapid a conclu que « les citoyens d’Israël doivent voir face à eux des leaders qui savent mettre les querelles de côté et œuvrer en faveur d’un objectif commun ».

Selon la Treizième chaîne, les équipes de négociation de Lapid et de Bennett se sont longuement rencontrées, dans la soirée qui a précédé les rencontres avec Rivlin, lundi, mais ils ont été dans l’incapacité de finaliser un accord.

Le principal point de friction aurait été la demande émise par Bennett d’obtenir un double vote au sein de la Commission des lois ainsi qu’au cabinet de sécurité de manière à ce qu’il puisse contourner Lapid si leurs blocs respectifs devaient se trouver dans l’impasse sur une question donnée, a ajouté la chaîne.

Le leader de Yamina Naftali Bennett pendant une réunion de faction à la Knesset, le 6 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le reportage a toutefois ajouté que les deux partis avaient conclu de nombreux accords, notamment sur les nominations au sein des ministères les plus éminents, le Trésor étant confié au leader de Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et les ministères de la Défense et de la Justice revenant respectivement à Kakhol lavan et à Tikva Hadasha. Bennett a demandé que les ministères les plus importants soient remis aux partis de droite.

S’exprimant mercredi matin au micro de la Radio militaire, Merav Michaeli, la dirigeante du parti Travailliste, a déclaré que les négociations portant sur un tel gouvernement devaient continuer.

« Nous avons 61 sièges qui ont voté contre Netanyahu et nous devons rapidement former un gouvernement. Nous devons travailler là-dessus dès maintenant, même si Netanyahu a d’ores et déjà reçu un mandat pour rassembler une coalition », a-t-elle expliqué.

Après avoir été chargé de rassembler un gouvernement, Netanyahu a tenté, dès mardi, de s’assurer une majorité au pouvoir, prévoyant une rencontre avec Bennett et offrant de hauts-postes à de potentiels transfuges des partis qui s’opposent à lui.

Après la prestation de serment des députés de la 24e Knesset, Netanyahu a vivement recommandé aux partis politiques de mettre un terme à leurs « boycotts personnels » et à rejoindre son gouvernement, jurant de faire « tous les efforts possibles » pour arrêter les « cycles électoraux » et pour établir « un gouvernement fort pour tous les citoyens israéliens ».

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