Lapid: Netanyahu nie la crise économique, une position « dangereuse »
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Lapid: Netanyahu nie la crise économique, une position « dangereuse »

Dépassant les pires prévisions, CBS indique que le PIB a chuté de 28 % au deuxième trimestre de 2020

Le dirigeant de Yesh Atid-Telem, Yair Lapid, lors d'une déclaration à la presse le 21 avril 2020. (Crédit : Elad Guttman / Yesh Atid-Telem)
Le dirigeant de Yesh Atid-Telem, Yair Lapid, lors d'une déclaration à la presse le 21 avril 2020. (Crédit : Elad Guttman / Yesh Atid-Telem)

Le chef de l’opposition Yair Lapid a fustigé lundi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir déclaré que l’économie israélienne résistait à la pandémie de coronavirus, après que les chiffres publiés par le gouvernement reflètent le déclin le plus fort de l’économie depuis plus de quatre décennies.

« Netanyahu a réagi aux nouvelles effrayantes de l’état de l’économie en disant :
‘C’est une très bonne nouvelle économique’ Ce n’est pas seulement être déconnecté de la réalité, c’est dangereux. Un Premier ministre, pendant une crise, nie son existence même. Il nie la réalité. Néron se tourne les pouces alors que Rome
brûle », a déclaré Lapid lors de sa réunion hebdomadaire de la faction Yesh Atid-Telem, faisant référence au rapport du dimanche du Bureau Central des Statistiques.

Surpassant les prévisions économiques les plus désastreuses sur les effets de la pandémie de coronavirus, le produit intérieur brut d’Israël a plongé de 28,9 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au premier trimestre, soit le pire ralentissement économique en plus de 40 ans, selon l’estimation officielle.

Les projections de la CBS, qui s’ajusteront probablement au fil du temps, sont tombées alors que Netanyahu minimisait l’ampleur de la crise, et affirmait que le déclin était « presque le plus faible au monde ».

« Nous venons de recevoir de très bonnes nouvelles économiques. Le Bureau Central des Statistiques a annoncé que la baisse de notre PIB au deuxième trimestre de 2020 était de 7,8 %, soit la moitié de celle des Etats européens; c’est presque la plus basse du monde. La Corée du Sud est en avance sur nous et peut-être deux ou trois autres pays », a déclaré Netanyahu dimanche, lors de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Les chiffres de la CBS indiquent que le PIB israélien a reculé de 7,8 % par rapport au deuxième trimestre de 2019. La consommation privée a reculé de plus de 43 %, du aux mesures de confinement imposées en mars et en avril, et les importations ont chuté de plus de 41 % en raison du virus, a déclaré la CBS.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu discute de l’accord pour l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et les EAU, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 août 2020. (Yonatan Sindel/FLASH90)

« C’est le résultat de la politique responsable que nous avons entreprise, qui a non seulement réduit le nombre de décès en Israël, mais aussi l’ampleur du coup porté à l’économie israélienne », a-t-il poursuivi. « Nous continuerons à travailler pour vos emplois, pour notre avenir économique et pour votre santé », a ajouté le Premier ministre.

Lapid, de son côté, prédit de nouvelles crises et difficultés.

« Je ne sais pas s’il y aura des élections en novembre, mais je sais qu’il y aura une crise économique en novembre. Les entreprises feront faillite, les gens ne pourront pas payer leurs emprunts, ils vont perdre leurs lieux de vie. Les jeunes vont s’en aller », a déclaré Lapid en réaction aux informations selon lesquelles le Premier ministre faisait pression pour un nouveau vote national au milieu de la crise économique. « Les chiffres sont effrayants. Trente mille entreprises se sont déjà effondrées. D’ici la fin de l’année, ce nombre sera à 70 000. Le chômage est à un taux record. La crise du coronavirus a frappé partout, mais de tels chiffres n’existent nulle part ailleurs. »

Une analyse économique réalisée par la Douzième chaîne dimanche soir a indiqué que la situation d’Israël était meilleure que celle des États-Unis et de certains pays européens, mais pire que beaucoup d’autres.

Lapid continue : « Comparez ces chiffres à la Finlande, la Nouvelle-Zélande, la Grèce, l’Allemagne. Ils ont tous de meilleurs chiffres à cause d’une différence : dans tous ces pays, il y a un gouvernement efficace, qui prend les bonnes décisions. Ici, le gouvernement a échoué, Netanyahu a échoué… Le gouvernement n’a pas seulement cessé de fonctionner, il a cessé de discerner la réalité.  »

Des habitants de Jérusalem portant des masques faciaux par crainte du coronavirus se promènent et font leurs achats au centre commercial Mamilla, près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 10 août 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors que l’épidémie de coronavirus a frappé Israël, le pays a été confiné à la mi-mars, ce qui a pratiquement paralysé l’économie. Le chômage a grimpé d’environ
5 % à 26 % et en avril, plus d’un million d’Israéliens étaient au chômage.

Bien que les mesures de confinement aient été pour la plupart annulées ces derniers mois, le chômage dépasse 21 %, selon les chiffres des services de l’emploi la semaine dernière, avec près de 882 000 personnes sans emploi.

Le gouvernement a approuvé des milliards d’aide pour les entreprises touchées et a envoyé des chèques de relance à la plupart des Israéliens afin de relancer l’économie.

Mais le pays n’a pas non plus de budget d’état annuel, car un combat fait rage entre Netanyahu et le partenaire de la coalition Benny Gantz pour décider s’il faut adopter un budget d’un an pour 2020 ou un plan de deux ans jusqu’en 2021, comme stipulé dans leur accord de coalition.

Lapid a de nouveau appelé Netanyahu à démissionner, affirmant que le Premier ministre ne peut pas diriger le pays durant son procès pour corruption, fraude et abus de confiance.

« Netanyahu a perdu le contrôle de l’économie et nous en paierons le prix. Au cours d’une crise, un Premier ministre doit prendre des décisions difficiles, c’est le travail. Netanyahu ne peut pas prendre de décisions difficiles en raison de sa situation juridique, avec un gouvernement de 36 ministres et constamment en route vers de nouvelles élections. Sa solution est le déni, mais ce n’est pas une solution. La personne qui a causé l’effondrement ne peut pas y remédier. Netanyahu doit démissionner. Il n’est pas trop tard pour résoudre ce problème, mais le temps presse », a prévenu le dirigeant de Yesh Atid.

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