L’armée a simulé l’évacuation des « blessés » du char touché par le Hezbollah
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L’armée a simulé l’évacuation des « blessés » du char touché par le Hezbollah

La tactique de guerre psychologique était supposée convaincre le groupe terroriste de l'efficacité de sa riposte, mais il n'y a en réalité eu aucun blessé

Un soldat israélien "blessé" pendant une simulation d'évacuation d'un véhicule blindé de transport de troupes  touché par un missile antichar du Hezbollah, à la frontière du Liban, le 1er septembre 2019. (Capture d'écran Twitter)
Un soldat israélien "blessé" pendant une simulation d'évacuation d'un véhicule blindé de transport de troupes touché par un missile antichar du Hezbollah, à la frontière du Liban, le 1er septembre 2019. (Capture d'écran Twitter)

L’armée israélienne a simulé l’évacuation de soldats « blessés » d’un véhicule militaire frappé dimanche par un missile anti-char lancé par le Hezbollah, non loin de la frontière israélo-libanaise.

Après que le véhicule blindé a été frappé dimanche après-midi, l’armée a dépêché un hélicoptère sur place et deux soldats, qui étaient apparemment en proie à des saignements et pansés, ont été filmés en pleine évacuation.

Les médias libanais avaient alors rapporté que leur attaque, qui ciblait plusieurs postes militaires, avait été une réussite, faisant des morts et des blessés, selon le Hezbollah.

Le groupe terroriste soutenu par l’Iran a rapidement revendiqué le tir de missile et déclaré dans un communiqué que ses combattants ont « détruit un véhicule militaire ‘israélien' » dans le secteur d’Avivim, [dans le nord d’Israël], faisant des morts et des blessés ». Le Hezbollah s’est même félicité de ne pas avoir interféré avec l’opération d’évacuation des blessés.

L’armée a initialement refusé de commenter cette opération, avant d’annoncer quelques heures plus tard que l’attaque n’avait fait aucun blessé. Peu après que l’hélicoptère de l’armée a évacué les soldats apparemment blessés vers le centre médical Rambam, à Haïfa, ils ont été libérés sans avoir reçu de soins médicaux, a indiqué l’hôpital.

Dimanche soir, après qu’Israël a mené des frappes importantes contre le Liban en riposte au tir de missile, il s’est avéré que les deux soldats « blessés » prenaient en réalité part à une opération de secourisme qui était déjà prévue. Israël aurait apparemment espéré que le Hezbollah, pensant qu’il avait fait des blessés, conclurait que ses représailles contre les frappes israéliennes sur des cibles du Hezbollah et de l’Iran suffisaient, et aurait arrêté les tirs.

La simulation d’évacuation faisait suite au tir, par le Hezbollah, d’un missile guidé anti-char qui a frappé une base militaire et un véhicule blindé de l’armée.

Des sources militaires ont indiqué que le véhicule touché était vide, mais que des soldats s’y trouvaient une demie heure plus tôt. Le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus avait initialement indiqué que le char arborait une étoile rouge, l’identifiant comme une ambulance, mais s’est ensuite rétracte et a indiqué que le véhicule servait d’ambulance mais n’était pas identifié comme tel.

Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne emploie une tactique de guerre psychologique de la sorte, dans les hostilités qui l’opposent au Hezbollah. La semaine dernière, les médias libanais ont repéré une jeep de l’armée israélienne garée le long de la frontière, avec des mannequins en uniforme à l’intérieur.

Ali Shoeib, qui travaille pour le réseau de presse du Hezbollah Al-Manar, a publié des photos de plusieurs jeeps garées le long de la frontière libanaise, dans laquelle des mannequins semblaient assis sur le siège passager.

L’armée a déjà eu recours aux mannequins, les plaçant dans des bunkers ou dans des positions de snipers, afin de faire croire à ses ennemis que des soldats sont déployés, pour que cela les dissuade.

L’armée a refusé de commenter sur ce reportage.

Photo diffusée par l’agence de presse du Hezbollah, montrant un mannequin assis dans une jeep israélienne à la frontière du Liban, le 29 août 2019. (Crédit : Twitter)

En réponse à l’attaque de dimanche, l’armée israélienne a déclaré que ses canons d’artillerie et ses hélicoptères d’attaque avaient tiré environ 100 obus et bombes sur des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban.

Conricus a déclaré que l’armée considérait que « l’événement tactique sur le terrain » était terminé dimanche soir, mais que la menace stratégique plus grande posée par le Hezbollah à la frontière persistait. L’armée est restée en état d’alerte dimanche soir, ont indiqué des responsables.

Depuis la cérémonie d’ouverture du bureau diplomatique du Honduras à Jérusalem, Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’est vanté du fait qu’aucun Israélien n’avait été « égratigné » par l’attaque du Hezbollah.

L’armée a déclaré que des membres du Hezbollah avaient tiré deux ou trois missiles sur un quartier général de bataillon situé aux abords de la communauté israélienne d’Avivim et sur des véhicules militaires à proximité peu après 16 heures 15. Dimanche. Plusieurs des projectiles ont touché leurs cibles mais n’ont fait aucune victime, malgré les affirmations contraires du Hezbollah, a déclaré l’armée.

Conricus a déclaré que le véhicule blindé – un transporteur de troupes appelé Ze’ev en hébreu, pouvant contenir jusqu’à huit personnes – avait été détruit et que la base militaire située à proximité d’Avivim avait été endommagée.

Le Hezbollah a indiqué que l’attaque de missile faisait suite à une frappe aérienne de l’armée israélienne samedi soir qui visait un complot dirigé par l’Iran visant à bombarder le nord d’Israël avec des drones armés, tuant plusieurs membres iraniens, dont deux membres du Hezbollah. Le groupe terroriste a déclaré que la cellule qui a mené la frappe de missile avait été nommée en l’honneur de ses deux membres tombés au combat : Hassan Zabeeb et Yasser Daher.

La semaine dernière, une attaque de drones à Beyrouth – attribuée à Israël – aurait détruit des éléments clés d’un projet conjoint Hezbollah-Iran visant à fabriquer des missiles à guidage de précision au Liban.

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