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L’armée conduit à la laïcisation, « pire que la mort », affirme un rabbin israélien extrémiste

"Il vaut mieux manger du porc que d'être entouré de personnes laïques", a affirmé le rabbin Zvi Friedman, chef de la faction de Jérusalem, ajoutant qu'il "n'y a pas de solution"

Des juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation à Rosh Pina, suite à l'arrestation d'un homme haredi qui n'a pas respecté l'appel à l'armée, le 13 septembre 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Des juifs ultra-orthodoxes lors d'une manifestation à Rosh Pina, suite à l'arrestation d'un homme haredi qui n'a pas respecté l'appel à l'armée, le 13 septembre 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Servir dans l’armée entraîne la perte de sa religion, un sort pire que la mort, a récemment déclaré le chef d’un groupe extrémiste haredi aux dirigeants du mouvement de protestation « Frères d’armes », qui représente des milliers de réservistes.

S’exprimant la semaine dernière lors d’une réunion sans précédent à Bnei Brak entre les deux groupes idéologiquement opposés, le rabbin Zvi Friedman, de la Faction de Jérusalem, a déclaré que « l’expérience montre » que les juifs ultra-orthodoxes qui s’engagent dans l’armée « abandonnent la religion, et c’est pire que la mort », selon les articles de la presse israélienne sur la rencontre.

La Faction de Jérusalem, un groupe extrémiste ultra-orthodoxe comptant quelque 60 000 membres, est considérée comme l’une des factions les plus conservatrices du mouvement haredi et proteste régulièrement et de manière virulente contre la conscription des étudiants des yeshivot.

Malgré les pressions montantes en faveur de l’abolition de l’exemption du service militaire accordée depuis longtemps aux ultra-orthodoxes, au vu de la situation sécuritaire et du manque d’effectifs de l’armée, Friedman a maintenu qu’il n’y avait pas de place pour le compromis et qu’il n’y avait « pas de solution ».

« Vous allez être surpris, mais j’ai cinq filles et trois fils et une trentaine de petits-enfants et d’arrière-petits-enfants », a-t-il déclaré. « Et si on me demandait ce que je préfère, à savoir que les Arabes les tuent ou qu’ils soient laïcs, je choisirais la première option. C’est pire que la mort. »

« Il n’y a pas de solution » à cette question, a-t-il ajouté, précisant que répondre plus largement aux besoins des haredim dans l’armée ne servirait à rien. « Être dans une armée aussi laïque est plus grave pour nous que [de profaner le] Shabbat, la casheroute et toutes ces choses. Il vaut mieux manger du porc que d’être dans un endroit où il y a des gens laïcs. »

Des hommes ultra-orthodoxes s’opposent à la police lors d’une manifestation devant un bureau de recrutement de l’armée à Jérusalem, le 4 mars 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Friedman a ajouté qu’il aurait préféré le maintien du mandat britannique plutôt que la création d’un État juif.

Les Israéliens ultra-orthodoxes peuvent échapper à la conscription s’ils sont inscrits dans des yeshivot, mais ils sont obligés de se présenter aux bureaux de conscription pour bénéficier d’un report d’une année à l’autre. Les chefs rabbiniques de la faction de Jérusalem ont ordonné à leurs étudiants de ne pas se présenter aux bureaux de la conscription.

Des membres du mouvement ont été arrêtés à plusieurs reprises pour avoir refusé de se rendre au bureau pour faire une demande de sursis. Les autorités israéliennes les considèrent comme des réfractaires, leurs arrestations suscitent des protestations.

Au début du mois, des manifestants de la Faction de Jérusalem ont bloqué une grande autoroute nord-sud près de Bnei Brak et le tramway à Petah Tikva pour protester contre les appels de plus en plus nombreux à mettre fin aux exemptions générales de service pour les Haredim.

Certains tenaient des pancartes sur lesquelles était écrit : « À la Cour suprême : Nous sommes prêts à aller en prison pour [ne pas aller à] l’armée » et « Nous mourrons plutôt que de nous enrôler », tandis que d’autres ont qualifié les policiers de « nazis » lors de la manifestation.

En début de semaine, des manifestants de la Faction de Jérusalem, scandant qu’ils préféraient mourir plutôt que de rejoindre Tsahal, ont à nouveau bloqué le tramway à Jérusalem, avant d’aller obstruer l’entrée de Jérusalem près du Pont des Cordes, à Jérusalem.

« Si vous allez à l’armée, vous et les chiens êtes égaux », ont-ils scandé, reprenant les appels des partisans de l’enrôlement en faveur de « l’égalité du fardeau » entre les Israéliens haredi et laïcs.

À la suite de cette manifestation, un suspect de 47 ans, identifié par la chaîne publique Kan comme étant Shai Levy, a été arrêté après avoir foncé dans la foule et percuté un manifestant avec sa voiture. La victime a été légèrement blessée.

Aucun des gouvernements successifs de Netanyahu n’est parvenu à faire émerger un consensus sur la question depuis que la Cour Suprême a, en 2017, établi que l’exemption générale de service militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes des yeshivot était discriminatoire et anti-constitutionnelle, enjoignant aux autorités de trouver une solution en la matière.

Une loi autorisant cette exemption a expiré en juin 2023, et une réglementation temporaire visant à la prolonger doit expirer à la fin du mois de mars, après quoi l’armée ne sera plus autorisée à exempter les jeunes haredim du service militaire et devra les enrôler.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est maintenant confronté à une pression intense pour trouver une solution qui apaise ses partenaires ultra-orthodoxes au sein de la coalition, tout en étant acceptable pour le tribunal.

Selon la direction des ressources humaines de Tsahal, près de 66 000 jeunes hommes de la communauté haredi ont été exemptés de service militaire l’année dernière, un chiffre record alors que l’armée est confrontée à une importante pénurie d’effectifs.

Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzi Halevi, a déclaré que l’enrôlement des haredim était « une nécessité actuelle ».

Cependant, malgré cela, le Premier ministre Benjamin Netanyahu semble espérer le report de l’enrôlement des membres de la communauté haredi jusqu’au début du mois de juillet, le temps que la coalition élabore une nouvelle loi sur la conscription.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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