L’armée démonte une tente de protestation montée en Cisjordanie par des Juifs de la diaspora
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L’armée démonte une tente de protestation montée en Cisjordanie par des Juifs de la diaspora

Un militant canadien a été brièvement arrêté avant d’être relâché après que les militants ont promis de ne plus monter de tente près des collines de Hébron

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Un groupe de militants d'Israël, des territoires palestiniens et du monde entier au 'camp de la liberté de Sumud' dans les collines du sud dr Hebron, le vendredi 19 mai 2017 (Crédit : Gili Getz)
Un groupe de militants d'Israël, des territoires palestiniens et du monde entier au 'camp de la liberté de Sumud' dans les collines du sud dr Hebron, le vendredi 19 mai 2017 (Crédit : Gili Getz)

L’armée israélienne a démantelé un camp de protestations construit par des militants juifs de la diaspora dans le sud de la Cisjordanie et a arrêté un ressortissant canadien.

Un responsable du Center for Jewish Nonviolence, qui faisait partie d’une coalition d’organisations qui ont aidé à construire le camp, a déclaré que les soldats sont arrivés au camp près de l’avant-poste israélien de Havat Maon dans les collines dans le sud de Hébron vers 9 heures du soir.

L’armée a déclaré que le camp de protestation était « construit illégalement » et que c’était la deuxième fois cette semaine que les militants avaient essayé d’ériger un camp de protestation.

« Nous souhaitons souligner que le terrain en question est une zone de tir militaire, où l’entrée est interdite », a indiqué un porte-parole du Coordonnateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT).

Bannière installée par des militants devant le "camp de la liberté Sumud" fondé dans les collines du sud de Hébron en solidarité avec les Palestiniens, le 19 mai 2017. l est écrit : "Juif américain, je soutiens la justice pour la Palestine. Abattez le mur, libérez tous les prisonniers politiques, rendez les terres volées". (Crédit : Rami Ben Ari)
Bannière installée par des militants devant le « camp de la liberté Sumud » fondé dans les collines du sud de Hébron en solidarité avec les Palestiniens, le 19 mai 2017. l est écrit : « Juif américain, je soutiens la justice pour la Palestine. Abattez le mur, libérez tous les prisonniers politiques, rendez les terres volées ». (Crédit : Rami Ben Ari)

Les soldats ont commencé à démonté la grande tente qui permettait aux militants, qui étaient là depuis vendredi dernier, de se mettre à l’ombre.

Environ 300 participants, dont des Israéliens, des Palestiniens et des Juifs de la diaspora, ont construit le camp de protestation vendredi matin la semaine dernière, et environ 30 personnes étaient présentes lors du raid de l’armée jeudi.

Les tentes faisaient partie du « Camp de la liberté Sumud », que les militants avaient mis en place dans le but de rétablir le village de palestinien de Sarura, qui, selon les autorités israéliennes, était situé dans une zone de tir de l’armée.

Les militants sont arrivés la semaine dernière à l’endroit où le village se trouvait pour rénover les grottes qui servaient autrefois de logements. La tente a été érigée pour fournir de l’ombre pendant qu’ils travaillaient.

La vidéo de l’incident montre que les manifestants ont demandé aux soldats de ne pas démonter une deuxième fois la tente, car un certain nombre d’enfants palestiniens étaient encore sur le toit.

WeAreSumud army arriving to the camp location

Posted by Antwan I. Saca on Wednesday, 24 May 2017

Une bagarre a éclaté alors que les soldats démantelaient la deuxième tente et Fadel Aamer, qui affirme qu’il était l’un des résidents originaux du hameau, est tombé et a été blessé à la tête, selon des militants. Il a été traité sur les lieux.

Au cours de la mêlée, les soldats ont brièvement arrêté le militant canadien Isaac Kates-Rose, qui a dit au Times of Israël qu’il n’avait aucune raison d’être arrêté.

Une source militaire a déclaré que les manifestants « sont arrivés sur les lieux et ont essayé de créer un conflit physique avec les forces militaires afin de perturber le fonctionnement de l’armée. »

« Les soldats ont agi conformément au protocole », a assuré la source.

Pour éviter les arrestations, les militants ont conclu un accord avec les soldats. Ils ont accepté de démonter la deuxième tente en échange de la libération de Kates-Rose, a-t-il ajouté. Les soldats ont redu la première tente qu’ils avaient démontée, et les militants ont accepté de ne pas construire de structures à l’extérieur des grottes.

Les forces israéliennes ont quitté les lieux peu de temps après, vers 13h30, alors que les résidents palestiniens de Sarura et les militants sont restés.

Militants en chemin vers le "camp de la liberté Sumud", dans les collines du sud de Hébron, le 19 mai 2017. (Crédit : Gili Getz)
Militants en chemin vers le « camp de la liberté Sumud », dans les collines du sud de Hébron, le 19 mai 2017. (Crédit : Gili Getz)

Un incident similaire entre les soldats et militants a eu lieu samedi soir. Les soldats ont démonté les tentes, mais les manifestants les ont remontées peu de temps après le départ des soldats.

Lorsqu’il a été demandé combien de temps les militants avaient l’intention de rester, Kates-Rose a déclaré : « jusqu’à ce que Sarura soit rétabli. Nous ne définissons pas ce que cela signifie, mais nous ne partirons pas jusqu’à ce que les familles soient de retour dans les grottes d’où elles ont été expulsées. »

Samedi, les militants avec tous les anciens habitants de Sarura envisagent de se rassembler au camp de Sumud pour partager un Iftar après le premier jour du Ramadan.

« Nous continuerons d’être solides dans nos efforts », a déclaré Kates-Rose. « C’est ce que signifie ‘Sumud’ ».

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