Lauder : La mort de la solution à 2 états est une « grave menace » pour Israël
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Lauder : La mort de la solution à 2 états est une « grave menace » pour Israël

Le président du Congrès juif mondial affirme que l'occupation de la Cisjordanie et l'hégémonie orthodoxe sont des "blessures que s'inflige Israël"

Ron Lauder, président du Congrès juif mondial, le 13 octobre 2014. (Miriam Alster/FLASH90)
Ron Lauder, président du Congrès juif mondial, le 13 octobre 2014. (Miriam Alster/FLASH90)

Le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, a averti lundi que « la mort de la solution à deux états » obligera Israël à choisir entre le fait d’être une démocratie et le maintien de son identité juive.

C’est l’une des deux « menaces graves » que Lauder, ancien allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dénonce dans une lettre ouverte parue dans le New York Times.

Dans un éditorial publié lundi dans le New York Times, Lauder a également insisté pour une solution à deux États, ce qui est important parce que le milliardaire des cosmétiques a l’oreille du président américain Donald Trump, qui est sur le point de dévoiler une proposition de paix au Moyen-Orient.

Trump a dit qu’il était indifférent à la question de savoir si deux États est la solution préférée par Israël et les Palestiniens et Netanyahu a fait marche arrière au cours de l’année dernière en abandonnant la proposition de deux États.

Une grande partie de l’éditorial était une excoriation de la politique de Netanyahu en termes plus communément entendus dans la gauche pro-israélienne, y compris l’argument selon lequel Israël ne peut être à la fois un État juif et une démocratie à moins qu’il ne renonce au contrôle de la vie des Palestiniens vivant en Cisjordanie.

« L’État démocratique juif fait face à deux menaces graves qui, selon moi, pourraient mettre en danger son existence même », a écrit Lauder.

« La première menace est la disparition possible de la solution à deux États, a-t-il écrit. « Je suis conservateur et républicain, et j’ai soutenu le Likud depuis les années 1980. Mais la réalité est que 13 millions de personnes vivent entre le Jourdain et la Méditerranée. Et près de la moitié d’entre eux sont palestiniens. »

La seconde menace, selon Lauder, émane de la capitulation d’Israël face aux extrémistes religieux et de la désaffection croissante de la diaspora juive. La majorité des Juifs, hors d’Israël, ne sont pas acceptés aux yeux des ultra-orthodoxes israéliens, qui contrôlent la vie rituelle et les Lieux saints de l’Etat.

« De nombreux non-orthodoxes dont je fais partie ont le sentiment que la propagation de la religiosité renforcée par l’Etat en Israël est en train de transformer une nation moderne et libérale en une nation semi-théocratique », a-t-il dit.

« Nous devons changer le cours des choses. Nous devons prôner une solution à deux états et trouver des terrains communs entre nous de manière à pouvoir garantir la réussite de notre nation bien-aimée ».

Lauder s’est également opposé au contrôle que les orthodoxes en Israël ont sur toute une série de questions, y compris le mariage et la prière organisée au mur Occidental.

« En se soumettant aux pressions exercées par une minorité en Israël, l’État juif aliène une grande partie du peuple juif », a-t-il dit. « La crise est particulièrement prononcée chez les jeunes générations, qui sont majoritairement laïques. »

Lauder a fait allusion à sa proximité avec Trump et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et a implicitement reproché à Netanyahu ses affirmations répétées selon lesquelles la seule chose qui fait obstacle à la paix est la récalcitrance palestinienne.

« Le président Trump et son équipe sont entièrement dévoués à la paix au Moyen-Orient », a déclaré M. Lauder. « Contrairement aux reportages des médias, les hauts dirigeants palestiniens sont, m’ont-ils dit personnellement, prêts à entamer immédiatement des négociations directes. »

Lauder a été pendant des décennies proche de Netanyahu, le soutenant lors de sa première course au poste de Premier ministre en 1996 et le défendant dans les instances de la diaspora. Au cours des dernières années, des signes ont montré qu’ils se sont éloignés, suite au refus de Lauder, il y a sept ans, de bloquer un reportage peu flatteur pour Netanyahu et son épouse, Sara, qui a été diffusé sur une chaîne de télévision israélienne dans laquelle Lauder avait une participation.

Lauder, président émérite de l’empire cosmétique Estée Lauder et président du Congrès juif mondial depuis 2007, a également été l’une des voix les plus cohérentes de soutien à Trump dans la communauté juive, et les deux sont amis depuis les années 1980, lorsqu’ils sont tous deux devenus des magnats influents sur les scènes politique et sociale de New York.

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