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L’Autorité Palestinienne accepte de retirer sa mesure aux Nations unies

Face aux pressions américaines, Ramallah a accepté de se satisfaire d'une déclaration symbolique du Conseil de sécurité condamnant les implantations

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, au centre, et le président de l'Autorité palestinienne  Mahmoud Abbas. (Collage/AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, au centre, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. (Collage/AP)

L’administration Biden est parvenue à convaincre l’Autorité palestinienne de retirer son soutien à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui réclamait l’arrêt immédiat des activités d’implantation après avoir persuadé Israël de suspendre temporairement des mesures qui visaient à enraciner encore davantage la présence de l’État juif en Cisjordanie, ont fait savoir quatre sources dimanche au Times of Israel.

Toutefois, selon un responsable israélien, ces mesures mises en pause ne comprennent pas l’avancée du projet de construire environ 10 000 nouveaux logements dans les implantations situées dans les profondeurs de la Cisjordanie – ces projets vont être présentés mercredi et jeudi devant l’instance du ministère de la Défense qui aura le responsabilité de leur donner le feu vert.

Israël a accepté de ne pas autoriser de nouvelles habitations dans les implantations pour les mois à venir – ce que le gouvernement n’avait, de toute façon, pas l’intention de faire dans la mesure où l’Administration civile, au sein du ministère de la Défense, se réunit traditionnellement tous les trois mois, a expliqué l’officiel israélien.

L’État juif a aussi accepté de ne pas démolir d’habitations palestiniennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie – et de ne pas expulser leurs résidents – pendant plusieurs mois, consentant également à réduire les incursions militaires dans la Zone A de la Cisjordanie dans l’intervalle, ont indiqué deux responsables américain et palestinien qui ont ainsi confirmé une information qui avait été initialement transmise par le site d’information Walla.

En échange, Ramallah a accepté de retirer son soutien à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui réclamait l’arrêt immédiat des activités d’implantation israéliennes – une résolution qui devait être votée lundi. Les États-Unis ont convenu, pour leur part, d’appuyer une déclaration symbolique et non contraignante du Conseil de sécurité, appelée Déclaration du président, sur le même sujet, qui inclura une condamnation des attentats terroristes et des violences émanant des deux parties, ont confié deux diplomates des Nations unies. Ce serait la toute première déclaration symbolique de ce type consacrée au conflit israélo-palestinien depuis neuf ans.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a aussi accepté d’adopter un plan américain visant à renforcer la présence sécuritaire de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie où l’armée israélienne intervient de manière croissante – des interventions qui entraînent régulièrement des affrontements meurtriers avec les Palestiniens.

Dans le cadre d’une initiative visant à convaincre Abbas d’abandonner la résolution, le Secrétaire d’État américain Antony Blinken lui a dit que les États-Unis l’inviteraient à rencontrer le président Joe Biden à la Maison Blanche au cours de l’année 2023, a fait savoir un officiel palestinien.

Pour leur part, un responsable américain et un diplomate originaire du Moyen-Orient avaient confié au Times of Israel, la semaine dernière, que l’administration Biden avait mis en pause son projet d’inviter Netanyahu à la Maison Blanche au vu de certaines propositions politiques faites par son gouvernement de la ligne dure, ajoutant que les États-Unis préfèrent attendre de voir comment se déroulera le Ramadan sur le terrain avant de convier le Premier ministre israélien à Washington.

Les autorités israéliennes démolissent un bâtiment construit sans permis, dans le quartier de Beit Hanina à Jérusalem-Est, le 7 novembre 2022. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Des engagements des deux côtés qui ne représentent que des avancées modestes malgré tout, alors que l’administration américaine a livré, depuis des mois, des efforts visant à la désescalade des tensions entre les Israéliens et les Palestiniens, en particulier à l’approche du mois sacré du Ramadan qui commencera à la fin du mois de mars.

Les États-Unis se sont impliqués auprès des dirigeants israéliens et palestiniens suite à une recrudescence des violences qui a fait onze morts dans des attentats terroristes du côté israélien et presque 50 morts chez les Palestiniens depuis le début de l’année – la plupart ont été tués lors de heurts avec les soldats mais certains dans des conditions qui restent indéterminées.

Si les États-Unis pensaient avoir fait des progrès pour convaincre les deux parties de mettre en pause leurs activités controversées au-delà de la Ligne verte et à l’ONU après les visites de Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale américaine, et du Secrétaire d’État Antony Blinken, le mois dernier, la situation avait dégénéré lorsqu’un terroriste palestinien avait projeté son véhicule en direction d’un arrêt de bus de Jérusalem-Est, tuant trois personnes et notamment deux frères âgés de 6 et 8 ans, le 10 février.

Israël avait riposté, quelques jours plus tard, en approuvant la légalisation de neuf avant-postes – un grand nombre ayant été construit sur des terres privées palestiniennes – et en donnant le feu vert au projet de construction d’environ 10 000 logements dans les implantations. Jamais un nombre aussi élevé d’unités de logements n’avait été approuvé en une seule séance.

L’Autorité palestinienne avait alors poussé le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter une résolution condamnant cette décision. Les EAU avaient pris la tête de cette initiative, rédigeant une résolution réclamant la cessation immédiate des activités d’implantation et plaçant, ce faisant, les États-Unis – qui avaient condamné avec force la décision prise par le cabinet israélien – dans une position inconfortable.

Même si elle soutient par principe la résolution, l’administration Biden affirme depuis longtemps que les Nations unies ne sont pas la bonne tribune pour arbitrer le conflit israélo-palestinien.

Blinken semble toutefois avoir fait des progrès, ce week-end, suite à des appels avec Netanyahu et avec Abbas, dans un ultime effort visant à trouver un compromis entre les deux parties.

Un engagement qui a semblé avoir payé dans la journée de dimanche, les deux parties acceptant d’abandonner temporairement leurs plans initiaux.

Un officiel palestinien a établi clairement que la situation restait fluctuante et que Ramallah « répondra à toute initiative unilatérale prise par Israël ».

Le responsable américain a reconnu qu’aucun calendrier n’encadrait strictement la période de temps pendant laquelle les deux parties se retiendront de toute initiative au-delà de la Ligne verte et à l’ONU mais il a fait remarquer que l’administration des États-Unis « continuera à dialoguer avec les leaders israéliens et palestiniens dans le but de maintenir le calme et de garder d’actualité la perspective d’une solution à deux États ».

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